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mercredi 11 mars 2015

Assaut sur Montauban, juillet 1621


Assaut donné contre la Ville de Montauban, avec la défaite des troupes des sieurs de la Rochette et de Thurlinol, par monsieur le duc de Mayenne, le 26 juillet 1621.

« Monsieur le Duc de Mayenne, ayant eu avis que ces rebelles de Montauban, faisaient des corvées et sorties, se résout (vu le commandement de sa Majesté) de les attendre à Caverdoux, là où il avait eu avis que le 26 dudit (mois de juillet 1621), ils s’y devaient trouver, dont s’achemina courageusement audit lieu de Caverdoux, qui est à deux grands lieues de Montauban, pour attendre les rebelles de sa Majesté, ou ledit sieur de Mayenne était suivi de 6 compagnies de cavalerie, de 4 de chevaux légers et de 6 de carabins, dont il y avait un régiment de pied, lesquels conduisaient 6 pièces de canon.
Enfin ledit sieur Duc se campa audit lieu de Caverdoux, pour attendre les troupes de la Rochette et de Thurlinol, fit poser des sentinelles partout, et mit le reste de ses gens en bon nombre, lesquels une minute d’heure, leurs durait plus qu’un jour, étant si courageux au service de sa Majesté.
Ils n’eurent pas séjourné environ une heure, que les sentinelles aperçurent venir les rebelles de sa Majesté, qui étaient en nombre de 800, lesquels étaient fort bien équipés, et venaient pour raser et brûler ledit Bourg de Caverdoux. Enfin dès aussitôt les sentinelles donnèrent le signal, et se retirèrent promptement.
Alors  monsieur le Duc de Mayenne commanda à la cavalerie et au régiment de pied, pour leur aller devant, à celle fin de leur faire entrée. Adonc les troupes de la Rochette et de Thurlinol ayant aperçu monsieur de Mayenne qui venait à l’encontre d’eux commencèrent à prendre la fuite, l’un d’un côté, l’autre de l’autre, et ne savaient de quel côté ils devaient se retirer, à cause du sieur Duc qui tenait un coutelas à la main, et s’écriait qu’il avait désir de les voir à cause qu’il ne les avait jamais vu, mais ils ne voulaient aucunement attendre.
Les ayant atteint, il commença à leur faire savoir de son bon comportement, en chamaillant d’une façon si adextre, qu’il défit une partie de la cavalerie sur le même champ, lesquels ne faisaient grand résistance, à cause d’au lieu d’avancer, ils allaient en arrière. Lors voyant ce, il accouru courageusement après eux, lesquels se voulaient jeter dans Montauban, mais ils n’étaient pas en nombre de 30, lesquels avançaient chemin furieusement, pour n’être citoyen de Caverdoux, alors ledit Duc, voyant qu’ils approchaient bien près dudit Montauban, et qu’il ne pouvait les attraper, s’en retourna avec sa cavalerie, où il vit les beaux effets que faisaient ses gens sur les piétons de Montauban, lesquels on défit tous, et n’en resta pas un qui ne fut mis et taillés en pièces.
Alors joyeux de cette victoire, qu’il avait eu contre les rebelles de sa Majesté, il commanda à sa cavalerie d’avoir courage, et qu’il voulait les aller voir, enfin il ordonna que l’infanterie les eusse à suivre, et qu’on menasse les canons, et pour ledit Bourg, il n’y laissa environ que 300 hommes, lesquels ne se pouvaient revenir dans ledit Bourg, à cause qu’ils avaient défi de faire paraître leur valeur, pour l’honneur et service qu’ils pourraient à notre Roy. »

Edité à Lyon, 1621.



jeudi 17 avril 2014

Maréchal de Châtillon's army, may-june 1639


Here are two very interesting states of the Army of Picardy, under command of the Marechal de Châtillon, in may and june 1639.
These two states are interesting because they supplement each other. The second one enlighten on the part of the cavalry which is armed (with pot and breastplate) or not armed.

Voici deux états de l'armée de Picardie du maréchal de Châtillon, en mai et juin 1639. Le second est tout particulièrement intéressant puisqu'il éclaire sur l'état d'équipement des compagnies de cavalerie (armées du pot et de la cuirasse ou non armées).


État de l’Armée du Roy commandée par Monsieur le Maréchal de Châtillon, du vingt-septième May mil six cent trente neuf.

INFANTERIE

 - Gardes, 10 compagnies.
 - Maréchal de Brezé, 20 compagnies.
 - Genlis.
 - Roncheroles.
 - La Saludie.
 - Verveins.
 - Mignieux.
 - Le Vidame.
 - Aubeterre.
 - Biscaras.
 - Longueval.

CAVALERIE

- Gendarmes de Monsieur.
- Gendarmes de Guiche.
 - Régiment de chevaux-légers du Comte d’Alais (11 compagnies). Compagnies Colonelle, Lauriere, Saint-Germain Beaupré, La Force, Angoulême, Francieres, La Pierre, La Courbe, Châtillon, Vieupont, Naucourt (Mousquetaires).
 - Régiment de chevaux-légers de Guiche (9 compagnies) : Compagnies de Guiche, Saint-Megrin, Hailly, Roquelaure, Linville, Ayen, Dorthe, Recy (Mousquetaires), Beaufort (Mousquetaires).
 - Régiment de chevaux-légers de la Ferté-Imbaut (8 compagnies) : Compagnies Ferté-Imbaut, Marainville, La Sale, Mosny, Choiseul, De Fontaine, Du Flos (Mousquetaires), Monchaton (Mousquetaires).
-  Régiment de chevaux-légers de Brouilly (9) : Compagnies Brouilly, Potiniere, Esclamviliers, Grand-pré, Baron de Brouilly, Chevrieres, Buqueville, et deux compagnies de mousquetaires (nom des capitaine manquant).
 - Régiment de chevaux-légers de Gesvres (8 compagnies) : Compagnies Gesvres, Bourry, Bazoche, Bouflers, Querieux (ou Curieux), Langtot, Du-Val (Mousquetaires), La-Pierre (Mousquetaires).
 - Régiment de chevaux-légers de Cursol (6 compagnies) : Compagnies Cursol, La Coste, La Fare, Puizol, Roquefou, Verdié.
 - Régiment de cavalerie étrangère Baron d’Egenfeld.
 - Régiment de cavalerie étrangère de Fittingost.
 - Régiment de cavalerie étrangère de l’Eschelle.
 - Régiment de cavalerie étrangère de Rucon.
 - Régiment de cavalerie étrangère de Sirot (3 compagnies).
 - Compagnies de carabins Recy et Monsou.


Extrait de la revue des troupes, tant de cavalerie que d’infanterie de l’Armée du Roy, commandée par Monsieur le Maréchal de Châtillon.

INFANTERIE

 - Gardes 10 compagnies : 1200 hommes, compris 100 mousquetaires envoyés à Rocroy.
 - Maréchal de Brezé, 20 compagnies, 1100 hommes.
 - La Saludie, 11 compagnies, 600 hommes.
 - Le Vidame, 19 compagnies, 700 hommes.
 - Longueval, 18 compagnies, 750 hommes.
-  Mignieux, 17 compagnies, 700 compris les 50 envoyés à Rocroy.
 - Monmège, 250 hommes.
 - Verveins, 20 compagnies, 900 compris 200 à Cateau et 50 à Rocroy.
-  Roncheroles, 19 compagnies, 800 hommes.
 - Genlis, 19 compagnies, 700 hommes.
 - Suisses, 3 compagnies, 400 hommes ; On attend pour joindre à ce corps la compagnies du colonel Molondin de 150 hommes.

Les régiments de Biscaras, d’Aubeterre et de Saint-Aubin sont absents.

Total de l’infanterie 8100 hommes. C’est sans comprendre les officiers.

CAVALERIE

- Gendarmes de Monsieur, 166 (maîtres).
- Gendarmes de Guiche ne sont arrivés.
- Régiment de chevaux-légers Colonel (Comte d’Alais, 12 compagnies) : Compagnies Colonelle (78 armés), Châtillon (50 attend recrue non armés), La Force (60 armés), Saint-Germain Beaupré (69 armés), Angoulême (67 armés), La Pierre (60 non armés), La Courbe (24 non armés), Francieres (58 non armés), Laurieres (44 non armés), Vieupont (64 arrivent aujourd’hui), Viantais (63 partie armés), Mousquetaires (de Naucourt, 61 de sac d’épée). Total du régiment : 699.
- Régiment de chevaux-légers de la Ferté-Imbaut (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (65), Marainville (67), La Salle (65), Mosny (66 armés), Choiseul (71), Des Fontaines (71), Du Flos (Mousquetaires 60), Monchaton (Mousquetaires 68). Total du régiment : 533.
- Régiment de chevaux-légers de Guiche (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (80), Saint-Megrin (48 non armés), Roquelaure (73), Dorthe (67 armés), Linville (absents), Ayen (absents), Heilly (36 n’ayant point eu de recrue à cause du capitaine), Mousquetaires (66). Total du régiment : 370.
- Régiment de chevaux-légers de Cursol : En tout 200 Maîtres non armés, les recrues ne sont arrivées.
- Régiment de chevaux-légers de Brouilly (7) : Compagnies Brouilly père (70), Brouilly fils (33), La Potiniere (55 armés), Esclamviliers (51), Grand-pré (58), Chevrieres (absents), Buqueville (absents). Total du régiment : 267 maîtres.
- Régiment de chevaux-légers de Gesvres (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (57 armés), Bourry (70), Bazoche (63), Curieux (63 non armés), Langtot (63 non armés), Bouflers (68), Mousquetaires La-Pierre (absents), Mousquetaires Du Val (54). Total du régiment : 438 maîtres.
- Carabins : Compagnies de Recy (50) et Monsou (55). Total : 105 carabins.

Total de la cavalerie française : 2778.

CAVALERIE ETRANGERE

- Régiment d’Egenfeld : 2 compagnies (148 armés), Boucy compes (60 non armés).
- Régiment de Bussy-Helmoru (5 compagnies) : Compagnies Colonelle (56), Buy (54), Raucourt (63), De Guerre (69), Balensac (52). Total du régiment : 294.
- Régiment de L’Eschelle : 6 compagnies (250 maîtres non armés, n’ont point eu de recrue).
- Régiment de Sirot (3 compagnies) : Compagnies Colonelle (60 non armés), Mommenet (32 armés), Major (7 armés). Total du régiment : 162 maîtres.
- Régiment de Fittingost : 6 compagnies (400 maîtres non armés).

Total de la cavalerie étrangère : 1314.
Total de la cavalerie tant française qu’étrangère : 4092 chevaux.

Fait à Vervins le 9 juin 1639.
Signé Châtillon.

Source : Histoire de la maison de Coligny.




Ci-dessus : combat de cavalerie. Gravure de Stefano Della Bella.

mercredi 16 avril 2014

Régiment de Souvigny, Piémont, 1643


Review of Souvigny's infantry regiment, Cherasco, the 28th of november, 1643


Extrait de la revue faite au régiment de Souvigny, étant en garnison en la ville de Querasque (Cherasco), le samedi 28 novembre 1643.
Extrait pour Monsieur le Gouverneur de Querasque (Cherasco).

Colonelle ……………………………………………………………….……... 41 (hommes)
Capitaine, lieutenant, enseigne, Mestre de Camp …………………….. 62
Capitaine, lieutenant, enseigne, de Jous ……………………………….... 53
Capitaine, lieutenant, enseigne, Loumeau ………………………………. 33
Capitaine, lieutenant, enseigne, Mouron ………………………………... 23
Capitaine, lieutenant, enseigne, Bruniere ………………………….……. 29
Capitaine, lieutenant, enseigne, Falavier …………………………..……. 27
Capitaine, lieutenant, enseigne, St Miar ……………………………...…. 28
Capitaine, lieutenant, enseigne, Gervais ……………………………...…. 27
Capitaine, lieutenant, enseigne, Le Chevalier ……………………….... 28
Capitaine, lieutenant, enseigne, Belletour …………………………….…. 32
Capitaine, lieutenant, enseigne, La Motte ……………………………….. 21
                                                          Nombre total …………..………….…. 404

Major, aide major, aumônier, chirurgien et maréchal des logis.

Fait et arrêté par nous Commissaire et contrôleur ordinaires des guerres, sous signés, les an et jour que dessus.

Demaisonneuve, Commissaire

Source : Mémoires du Comte de Souvigny


Illustration de Jacques Callot

dimanche 30 mars 2014

1646 Augsbourg and Landsberg


Dear english speaking readers : unfortunately, because of lack of time, this article will be only in french !
« La tactique militaire est semblable à l’eau ; car l’eau, obéissant à son cours naturel, descend des lieux élevés et se précipite vers le bas. De même, dans la guerre, le procédé permettant d’éviter ce qui est fort et d’attaquer ce qui est faible. L’eau modèle son cours d’après le terrain sur lequel elle coule ; le soldat construit sa victoire en fonction de l’ennemi qui se trouve devant lui ». Cette belle formulation de Sun Tzu mérite illustration.
En remontant les siècles, on trouve les meilleurs exemples de ce principe chez les peuples nomades qui déferlèrent sur les mondes sédentaires. C'est ce que firent les Huns à la fin du IVe et durant la première moitié du Ve siècle ou les Mongols au début du XIIIe siècle. Les premiers, tels des torrents, envahirent l'Occident et l'Inde après avoir été arrétés aux frontières de la Chine. Les seconds soumettront le Moyen-Orient, la Russie et la Chine.
Parmi les innombrables exemples que l'histoire nous ait donné, il en existe un, peu connu, plus près de nous. C'est un des plus grands généraux français qui en est à l'acteur principal : Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne. La campagne d’Alsace de 1674-75, face à Montecuccoli, est considérée comme le chef d’oeuvre de Turenne. Pourtant, une trentaine d’années plus tôt, sa campagne de 1646 sur le Rhin est tout aussi magistrale. Napoléon lui-même qualifiait sa marche le long du Rhin, sur le Danube et le Lech, « pleine d’audace et de sagesse ». Et il estimait que « les manœuvres pour déposter l’archiduc de son camp entre Memmingen et Landsberg sont pleine d’audace, de sagesse et de génie ; elles sont fécondes en grands résultats. Les militaires les doivent étudier. »
Nous sommes dans les dernières années de cette guerre que l'histoire appellera « Guerre de Trente ans ». Au début de l’année 1646, les négociations à Munster et à Osnabrück sont délicates : Français et Suédois, alliés depuis l'année 1635, ne se font pas confiance. Mazarin cherche à éviter l’abaissement de la Maison de Bavière, « dont la chute aurait mis les Suédois en état de se passer des troupes et des subsides de la France », mais aussi pour prévenir la ruine de la religion catholique dans l’Empire. Son objectif est donc de séparer la Bavière de son allié impérial (l'empire des Habsbourg). La France a néanmoins besoin de la Suède pour atteindre cet objectif et mettre fin à la guerre.
Sur le terrain, Turenne est le seul à pouvoir s’entendre avec les Suédois : le général Wrangel, immobilisé en Hesse par les Impériaux, l’appelle à l’aide. Mais le duc de Bavière, par ses manigances, réussit à obtenir de Mazarin que Turenne ne franchisse pas le Rhin. Les Impériaux et les Bavarois en profitent pour placer leurs forces entre Français et Suédois.


Ci-dessus : le maréchal Turenne.

Il en faut plus pour décourager le Vicomte : il écrit au Cardinal et, « sans attendre la réponse, il se hâte d’exécuter ce qu’il avait médité ». Laissant une partie de son infanterie à Mayence, il passe la Moselle au-dessus de Coblenz, et marche vers le Nord dans le but de passer le Rhin en Hollande. Après un premier refus de la garnison de Vesel, il finit par obtenir un accord lui permettant de traverser le Rhin, le 15 juillet. Puis il prévient Wrangel de son arrivée, traverse les comtés de la Marck et de Lippe, la Westphalie et atteint la Hesse le 10 août, où il fait sa jonction avec le Suédois. « Cette jonction tant désirée se fit avec l’appareil convenable & les marques d’honneur dues aux armes de France ; les Suédois se mirent en bataille, firent deux salves, et voulurent que le vicomte de Turenne donnât l’ordre. »
Apprenant l’arrivée des Français, les Impériaux et les Bavarois, qui n’ont jusque-là osé attaquer les Suédois, n’ont d’autre choix que de se retirer. L’armée franco-suédoise compte maintenant 7 000 fantassins, 10 000 cavaliers et 60 pièces d’artillerie contre 10 000 fantassins, 14 000 cavaliers et 50 pièces d’artillerie pour les Impériaux, selon Ramsay, le biographe de Turenne. « Cette supériorité n’empêcha pas le Vicomte de marcher à eux, et d’avancer jusqu’à la rivière du Mein, près de Fridberg ». L’Archiduc Leopold, qui commande les forces impériales et bavaroises, préfère se retrancher. Qu’importe, « Turenne ne voulait que le passage » ! Il se dirige vers Francfort et récupère le reste de son infanterie laissée à Mayence. Puis, conjointement avec les Suédois de Wrangel, ils passent le Mein, suivent cette rivière, prenant Selingenstadt et Afchassembourg au passage. Le duc de Bavière prend peur, fait détruire plusieurs ponts sur le Danube et se plaint amèrement à l’Empereur de l’inaction de l’Archiduc Leopold. « Au grand étonnement de toute l’Europe, les armées de France et de Suède entrèrent dans la Franconie et dans la Souabe, et passèrent le Danube à Donawert et à Lauingen », après avoir pris quelques villes. Le 22 septembre, les alliés traversent le Lech. Pendant que les Suédois vont assiéger Rain, Turenne va sommer Augsbourg de se rendre. Mais Wrangel, prétextant des difficultés, rappelle le Français pour l’aider à réduire Rain, le détournant d’Augsbourg. Le Suédois, convaincu des droits de son pays sur cette ville, ne veut pas qu’elle soit prise par le Français. « Turenne connut alors la vraie raison pour laquelle Wrangel l’avait appelé, et la faute que lui-même avait faite en abandonnant Augsbourg. Mais, comme l'écrit Ramsay, il n’était plus temps de la réparer ». L’Empereur, qui craint maintenant la défection des Bavarois, ordonne à l’Archiduc Leopold de se porter au secours de la ville. Celui-ci quitte alors Fulda, entre la Hesse et la Franconie, et arrive sous Augsbourg, « à la tête d’une armée fort supérieure à celle des alliés », les forçant à se retirer vers Lauingen. Nous sommes début novembre. Le plan de l’Archiduc, qui a dressé son camp entre Memmingen et Landsberg, est d’attendre que les Alliés manquent de fourrages pour ensuite les attaquer et les rejeter en Franconie. Turenne et Wrangel, ayant « pénétré ses vues, prirent le parti d’aller à lui ». Ils trouvent le camp de l’Archiduc puissamment fortifié, mais il en faut plus pour les décourager : les généraux alliés font mine de vouloir attaquer puis, laissant « un grand front de 2000 chevaux qui couvrait la marche du reste de l’armée », foncent vers le Lech qu’ils traversent sur un pont qui n’a pas été détruit, et prennent Landsberg au nez et à la barbe de l’Archiduc. Or Landsberg renferme les magasins impériaux, soit six semaines de provisions ! Les Impériaux, privés de vivres, se voient contraints de repasser le Lech et, se séparant des Bavarois, repartent hiverner dans les pays héréditaires. Les conséquences de cette manoeuvre sont incalculables : le duc de Bavière, « aigri contre Leopold », est maintenant « résolu à abandonner le parti de l’Empereur…» et le 14 mars 1647 le duc de Bavière signe un protocole de paix.

Cette campagne militaire de Turenne est brillante parce qu'elle permit à la France d'atteindre ses objectifs sans qu'aucune bataille ne soit livrée. Turenne, comme l'eau qui obéit à son cours naturel, descendant des lieux élevés et se précipitant vers le bas,  commence par contourner les forces ennemis qui lui barrent le passage, en remontant vers le nord (les Pays-Bas) alors que son objectif est au sud, puis redescend vers la Bavière, prenant plusieurs places au passage. Il termine cette superbe campagne en fixant l'ennemi grâce à un rideau de cavalerie et en prenant, au nez et à la barbe de l'ennemi, ses magasins de provisions !


Ci-dessus : Trompette du régiment de Turenne, selon K.A. Wilke.

samedi 7 septembre 2013

French army in 1552 - L'armée française en 1552


Voici une description complète de l'armée d'Henri II qui se présente devant la ville de Metz en avril 1552, selon François Bussy-Rabutin.

Here is a complete description of Henri II's army under the walls of Metz in april 1552, according to François Bussy-Rabutin. See the summary in english at end of the post.

Below : lansquenets / landsknechts around 1550-1555



« M. le connétable, paire de France, et conducteur de ses forces, s'avança devant à Victry, lieu ordonné, et aux environs, où s'amassaient de toutes parts gentilshommes et soldats, tant de cheval que de pied, et où étaient amenés vivres de tous les endroits du royaume. Sans les compagnies des Français naturels, levées selon les commissions que le Roi avoit fait distribuer à plusieurs capitaines, sans les autres que j'ai nommé dès Ie commencement, entretenues tant en les forts devant Boulogne qu'en Écosse, lesquelles étaient déjà en Champagne, il avoit fait descendre de ses pays de Piedmont environ vingt enseignes de vieilles bandes et vieux soldats, nourris et soudoyés, par paix et guerre, tant par le feu Roi que par lui, hommes aguerris, méritant le moindre titre de capitaines, bien  armés, braves, et en grand equipage, desquels je nommerais le nom des chefs, s'ils n'étaient assez connus, et que souvent ont été changés pour être élevés en plus hauts honneurs, ou sont depuis morts. Aussi ce ne serait que brouiller papier de choses ennuyeuses, que nous passerons légèrement pour en dire de meilleures. Suffit que toutes ces compagnies faisaient le nombre de dix à douze mille hommes. Davantage, en Provence, Languedoc, et toute Aquitaine, furent faites levées, selon les ordonnances et commissions du Roi, de trente cinq enseignes, dont une partie étaient gentilshommes puis-ainés et cadets de grosses maisons, prétendants par valeur et hardiesse de parvenir à honneurs et biens. Le reste étaient vieux soldats exercés en cet art, pour y être cette nation naturellement  encline. Et pouvait être le nombre de dix mille hommes ou plus ; étant le sieur de Chastillon, neveu de M. le connétable, général sur toutes ces compagnies d'infanterie, tant vieilles que nouvelles. Des Allemands et lansquenets le comte de Ringrave en avait deux régiments, de dix enseignes par regiment ; lesquelles étaient déjà assemblées à Vouy et Sourcy, gros villages près de Toul. Le comte Recroc en avait autant, lesquelles en ce temps n'étaient encore complètes, mais s'assemblaient ordinairement au Bassigny. Un autre capitaine allemand, nommé Chartel  (lequel autrefois avait eu conduite de gens de pied pour les villes protestantes contre l'Empereur) avait, comme l'on estimait, de trois à quatre mille lansquenets assez mal en ordre, mais gens de guerre par commune estimation, lesquels l'avaient toujours suivi en ces guerres, et derechef s'étaient retirés sous sa charge, abandonnant leurs biens et possessions pour le suivre : toutes lesquelles compagnies faisaient le nombre de quinze à seize mille hommes. 
Quant à la gendarmerie et cavalerie, y pouvait avoir quinze cents hommes d’armes, avec leur suite d’archers, deux mille chevaux légers et autant d’arquebusiers à cheval, desquels était général M. le comte d’Aumale, puis-ainé de la maison de Guise. 
(…) (Le Roi), avec les deux cents gentilshommes de sa maison, (…) des quatre cents archers de sa garde, Français et Écossais, et des deux cents Suisses ; les compagnies de messieurs le Dauphin, de Guise, d’Aumale, et maréchal Saint-André, faisants le nombre de quatre cents hommes d’armes, étaient aussi demeurées pour escorte et conduite de Sa Majesté.
Le lendemain le Roi partit de cette cité de Toul, accompagné de (…), avec quelques enseignes de Gascons, arrivées nouvellement. (…)
A un petit quart de lieue près de Metz, du côté de Pont-à-Mouson, en une plaine, estoit l’armée du Roi attendant sa venue, laquelle était l’une des plus belles que jamais prince chrétien mit ensemble (…). De ce que j’en dis j’appelle tous ceux qui l’ont vue à témoins, amis et ennemis.
Car, pour commencer premièrement à l'infanterie, il y avait trois bataillons carrés,  le premier desquels était des vieilles enseignes soudoyées et entretenues dès le temps du feu roi en ses guerres de Piedmont, de Champagne et de Boulogne, avec d’autres nouveaux capitaines dressés au commencement de ces guerres, sans y comprendre aucuns braves soldats et jeunes gentilshommes de maison, lesquels y étaient pour leur plaisir et sans solde du Roy, au complet, de quinze à seize mille hommes, desquels étaient de neuf à dix mille armés de corselets, avec les bourguignottes à bavières, brassards, gantelets et tassettes jusqu'au genou, portants long bois (piques), et la plupart le pistolet à la ceinture ; et cinq ou six mille arquebusiers, armés de jacques et manches de maille, avec les morions autant riches et beaux qu’est possible, l’arquebuse ou escopette luisante, polie et légère ; les fourniments fort exquis et braves ; le reste ayants armes selon la qualité des personnes. 
Le second bataillon était de Gascons, Armagnacs, Biscaiens, Bearnais, Basques, Perigourdins, Provençaux et Auvergnats, faisants montre de dix à douze mille hommes (35 enseignes), ayants la caire (physionomie) et le port de gens de guerre ; ce qui le fait croire est qu'ils sont exercés, et souvent à la fatigue et combat ordinaire avec leurs ennemis, tant par terre que sur la marine ; desquels il y pouvait avoir de huit à neuf mille portants long bois, armés de corselets et halecrets, et deux ou trois mille arquebusiers, avec mailles et morions. 
Le troisième était d’Allemands, en nombre, comme j’estime, de sept à huit mille (2 régiments de 10 enseignes chacun), desquels était colonel le comte Rhingrave, gens de guerre et assurés, comme faisaient connaître à leur ordre et marche de bataille, assez bien armés à leur mode, autant les piquiers qu’arquebusiers.
Quant à la gendarmerie et cavalerie, elle était ordonnée  par rangs sur les flancs de ces bataillons, et y pouvait avoir mille ou onze cens hommes d’armes avec la suite d’archers ; les hommes d’armes montés sur gros roussins ou coursiers du royaume, turcs et chevaux d’Espagne, avec les bardes peintes des couleurs des sayes que portaient les capitaines, armés du haut de la tête jusqu’au bout du pied, avec les hautes pièces et plastrons, la lance, l’épée, l’estoc, le coutelas ou la masse, sans encore dénombrer leur suite d’autres chevaux sur lesquels étaient leurs coustiliers et valets, et, sur tous, paraissaient les chefs et membres de ces compagnies, et d’autres grands seigneurs, armés fort richement de harnois dorés et gravés en toute sorte ; leurs chevaux, forts et adroits, hardés et caparaçonnés de bardes et lames d’acier légères et riches, ou de mailles fortes et déliées, couvertes de velours, draps d’or et d’argent, orfèvreries et broderies en somptuosité indicible ; les archers armés à la légère, portants la demie lance, le pistolet à l’arçon de la selle, l’épée ou le coutelas, montés sur cavallins et chevaux de légère taille, bien remuants et voltigeants, entre lesquels, selon le pouvoir que chacun se sentait avoir, n’était rien oublié qu’il ne fût déployé pour se faire paraître et voir à qui mieux mieux. 
Quant à la cavalerie légère et arquebuserie à cheval, il y pouvait avoir près de deux mille chevaux légers, lesquels étaient armés à la légère de corselets, brassards et  bourguignottes, la demi lance, ou le pistolet ou le coutelas, si bon leur semblait, ou l’épieu gueldrois, montés sur cavalins, doubles courtauds ou chevaux de légère taille et vifs. 
Des arquebusiers à cheval, il y en avait de douze à quinze cents, armés de jacques et manches de maille ou cuirassines, la bourguignotte ou le morion, l’arquebuse de trois pieds de long à l’arçon de la selle, montés sur bons courtauds, chacun selon sa puissance ; étant M. d’Aumale général sur toute ladite cavalerie légère. 
Il y avait aussi de trois à quatre cents Anglois, lesquels étaient partis de leur pays à la conduite d’un milord, pour venir à la guerre pour leur plaisir, sans commandement, comme je crois, de leur Roi ; desquels la plupart était à cheval sur guildins (chevaux hongres) et petits chevaux vifs et prompts, sans être fort armés, vêtus de jupons courts, avec le bonnet rouge à leur mode, et la lance comme une demie pique, dont ils se savent fort bien aider, et sont bons hommes, qui vont de savoir et adresse à la guerre, comme l’ont éprouvé ceux qui y ont été avec eux. (…)
Sa Majesté (…) fut salué de son artillerie, (…) savoir de seize grosses pièces, canons et doubles canons, six grandes et longues couleuvrines, six moyennes et douze bâtardes et deux paires d’orgues, étrange et nouvelle façon d’artillerie, (…) étant le sieur d’Estrée grand-maître et général  sur toute ladite artillerie.
Le dix-huitième d’avril, le Roi après un peu avoir considéré et visité le dehors de la ville de Metz, entra par la porte Champenoise (…), les clairons et trompettes sonnants, avec les blasons et armoiries de France, les heraults d’armes vestus de leurs cottes de velours cramoisi azuré, semées de fleurs de lys ; les deux cents Suisses marchants en bataille des premiers (…) ».

In other words : 

Household / Maison du Roi :
- 200 gentilshommes de la maison du roi (household) 
- 400 cents archers de sa garde (archers of the guard), Français et Écossais 
- 200 Suisses (of the guard)
- and 400 men at arms from the companies of : Dauphin, de Guise, d’Aumale, maréchal Saint-André

Infantry in 3 squared battalions :
- First battalion of vieilles bandes (old bands) from Piedmont, Champagne and Picardie :  9 to 10 000 pikemen with bourguignotte, corselet, tassettes, pike and some with pistols, and 5 to 6 000 arquebusiers wearing morion, jacque and mail
- Second battalion of Gascons, Armagnacs, Biscayens, Béarnais, Perigourdins, Auvergnats    8 to 9 000 pikemen in corselet and 2 to 3 000 arquebusiers with morion and mail
- Third battalion of Rheingrave landsknechts : 7 to 8 000 pikemen and arquebusiers

Cavalry :
- 1000 to 1100 men at arms of the ordinance companies on barded horses with their archers in livery (2000 to 2200 archers) without counting valets and coustilliers
- 2000 chevau-légers armed with demi-lance and pistol, corselet, brassards and bourguignotte
- 1200 to 1500 mounted arquebusiers armed with arquebus, bourguignotte, jacque and mail
- 300 to 400 english light horsemen, wearing red cap and demi lance

Artillery :
- 16 canons and double canons
- 6 couleuvrines
- 6 moyennes or bâtardes (sakers)
- 2 organ guns





vendredi 9 août 2013

Siège de Dôle, mai 1636 : les armées / armies





Here are the burgundish (from Franc-Comté) and french forces at the siege of Dôle, from may of 1636.

L’armée franc-comtoise au siège de Dôle (Mai 1636)

« Quant à la force d’hommes, le régiment de la Verne avait 5 compagnies à Dôle avec le chef de l’état-major, 5 à Gray sous les ordres du lieutenant au gouvernement de la place, 4 à Salins sous le sergent-major, et 1 à Bletterans commandée par son capitaine. On y fit rejoindre cette dernière à Dôle, où se trouvèrent à ce moyen avec la colonelle de ce régiment 5 autres compagnies sous les capitaines de Grandmont Vellechereux, baron de Châtillon, Perrin, Georget et des Gaudières, tous officiers pratiques dressés en l’Académie des Pays-Bas. L’imminent péril fut déclaré et proclamé partout, avec la levée de la milice ordinaire qui portait 5000 fantassins effectifs et fort bien armés, en 25 compagnies réparties en 3 régiments des baillages d’Amont, d’Aval, et de Dôle. Le premier sous le sieur d’Andelot Chevigney, le second sous le seigneur de Poitiers, et le dernier sous le sieur de Cleron Voisey. On résolut de faire 4 autres régiments de surcroit de chacun 1000 hommes de pied en 10 compagnies, et furent choisis pour colonels le marquis de Varembon, le baron de Scey, le prince de Cantecroix et le baron de Vuiltz ; auxquels on adjoignit le baron d’Aubespin pour commander autres 500 qu’il s’offrit de lever et armer en diligence.
L’argent fut aussitôt fourni pour avance des levées, et encore au colonel de la Verne pour la recrue de son régiment, à l’effet de le rendre complet de 3000 hommes. On fit encore entrer à Dôle 5 compagnies des élus de la province commandées par les capitaines d’Esuans, de Mont Saint-Ligier, de Chassagne, et de Legnia, et par le sieur de Goux Alferez de la colonelle du régiment de Dôle.
Pour cavalerie par dessus les 2 compagnies du marquis de Conflans et du sieur de Mandre qui furent accrues chacune jusqu’à 100 chevaux légers, on avisa de tirer deniers des communautés qui devaient fournir des cuirassiers et arquebusiers à cheval avec leurs élus, et pareillement des vassaux étrangers ou naturels du pays qui voulurent se décharger de comparaitre à l’arrière-ban, afin d’en former de nouvelles compagnies dont le service ne fut point limité à 6 semaines, comme est celui de la milice et de l’arrière-ban par leur établissement, ainsi étendu à autant de temps que le besoin de la province le requerrait. De cet argent furent faites les avances pour lever autres 7 compagnies ; 3 de chacune 100 cuirasses sous le commandement des sieurs de Scey, de Thouraise et marquis de Varambon, celui-ci baillis de Dôle, et les 2 autres tenants la place des baillis d’Amont et d’Aval ; et 4 de 50 partie chevaux légers, partie arquebusiers à cheval sous les capitaines de Voisez, de Beaujeu, de Moutonne, et du Prel, sans en arrêter aucun dans la ville de Dôle à raison de la disette du fourrage.
Les villes de Gray et de Salins furent munies par la jonction de quelques compagnies d(élus à celles du régiment de la Verne ; on en fit pareillement entrer à Bletterans ; les petites villes et forteresses des vassaux furent confiées à la vigilance des bourgeois, des seigneurs et des villageois, qui les doivent garder, et y prendre leur retraite avec leurs provisions et armes en saison de guerre ouverte ou imminente. Tout le surplus de la gendarmerie fut destiné à tenir la campagne et courir où les occasions le demanderaient, et afin que les forces fussent aussi grandes que le pays les pourrait contribuer, fut publié et envoyé partout un édit qui portait ordonnance à tous dès l’âge de 15 à 60 ans qui avaient porté les armes auparavant, de les reprendre, et se munitionner et armer suffisamment pour rendre service, et à tous procureurs d’office d’en tenir note et dresser rôles qu’ils adresseraient en diligence aux procureurs fiscaux des ressorts plus voisins, et eux au procureur général en cas ils pussent entrer à Dôle, sinon au conseiller de Champuans dans la ville de Gray. (…)
On permettait à tous ceux qui voudraient lever à leurs frais, soit de gens de pied ou de cheval, tant de leur voisinage qu’autres, de le faire promptement et mener leurs troupes et brigades aux quartiers plus prochains des colonels d’infanterie et des capitaines de cavalerie déjà établis, sans diminution des autres levées qu’ils avaient commencées, avec ordonnance très-expresse aux colonels et capitaines de se rendre aux endroits qui leur seraient désignés par le marquis, et faire passer à la file auprès de lui ce qu’il auraient avancé de leurs régiments et compagnies. »
(Source : Le siège de la ville de Dôle, capitale de la Franche-comté de Bourgogne, et son heureuse délivrance, Dôle 1637)

Burgundish army in Dôle :

Infanterie (11 000 hommes) :
-       Régiment de la Vergne, 6 compagnies de 200 hommes (compagnies colonelle, Grandmont Vellechereux, baron de Châtillon, Perrin, Georget et des Gaudières) ; les autres compagnies du régiment sont à Gray (5) et Salins (4) ;
-       Régiments de milice d’Amont, d’Aval et de Dôle, soit 5000 hommes en 25 compagnies, commandés par le sieur d’Andelot Chevigney, le seigneur de Poitiers, et le sieur de Cleron Voisey ;
-       Régiment de Varembon (marquis de Varembon ou Varambon) : 10 compagnies de 100 hommes ;
-       Régiment de Scey (baron de Scey) : 10 compagnies de 100 hommes ;
-       Régiment de Cantecroix (prince de Cantecroix) : 10 compagnies de 100 hommes ;
-       Régiment de Vuiltz (baron de Vuiltz) : 10 compagnies de 100 hommes ;
-       Régiment d’Aubespin (baron d’Aubespin) : 5 compagnies de 100 hommes ;
-       5 compagnies des élus de la province (commandées par les capitaines d’Esuans, de Mont Saint-Ligier, de Chassagne, de Legnia, et par le sieur de Goux Alferez de la colonelle du régiment de Dôle).
Cavalerie (700 chevaux) :
-       Compagnie de chevaux légers du marquis de Conflans (100 chevaux) ;
-       Compagnie de chevaux légers de Mandre (100 chevaux) ;
-       Compagnie de cuirasses de Scey (100 chevaux) ;
-       Compagnie de cuirasses de Thouraize (100 chevaux) ;
-       Compagnie de cuirasses du marquis de Varambon (100 cuirasses) ;
-       Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Voisez (50 chevaux) ;
-       Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Beaujeu (50 chevaux) ;
-       Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Moutonne (50 chevaux) ;
-       Compagnie de chevaux légers et arquebusiers du Prel (50 chevaux).


L’armée française au siège de Dôle (Mai 1636)

« Ainsi tout se préparait à la guerre tant par mer que par terre, nos généraux sont commandés de s’en aller à leurs armées. Monsieur le comte de Soissons assembla son armée en Champagne. Le duc de Weimar qui avait passé partie de l’hivers à Paris, en parti le 25 mai, et s’en alla en son quartier de Vezelice en Lorraine, où était son armée. Le cardinal de la Valette partit la semaine précédente pour la sienne, qui était aux environs de Toul. Celle du prince de Condé était sur la frontière de la Franche-Comté où la guerre fut résolue à l’Espagnol. Et quoi que cette comté soit en la protection des suisses par traité fait du vivant du feu roi Henri IV le grand d’heureuse mémoire, et qu’elle ne doive être assaillie des français, néanmoins le roi eut plusieurs justes raisons de se ressentir des infractions faites par les comtois audit traité, comme d’avoir donné retraite à ses ennemis, fourni de vivres et munitions aux armées impériales et lorraines, en quoi ils avaient assez rompu la neutralité. (…)
Donc pour venger telles injustes procédures et actes d’hostilité, le roi choisit le prince de Condé pour commander l’armée destinées en Franche-Comté. Il se rend en Bourgogne, y lève des troupes, fait provision de  toutes sortes de munitions de guerre et de vivres ; avec lui fut envoyé le marquis de la Meilleraye grand maître de l’artillerie, et pour maréchaux de camp de l’armée étaient le marquis de Coaslin, le marquis de Villeroy, le colonel Ranzau et le sieur Lambert ; outre ceux-ci s’y rendirent le colonel Gassion, le baron de la Tour du Bosse, le marquis de Breauré, le comte de Chabanes, le sieur d’Aubigny, le sieur d’Espenan, les sieurs d’Auradour, de Courselles, de Gerzé, de Chalousset, de Crevan, de Maululet, de Bacalam, de l’Isle, de la Fresnaye, de Fontenay, de Muz, de Brissailles, de la Renouilliere, de Blanquefort, de la Plaine, de Maupertuis, d’Orsigny, de Pedamour, le chevalier de Tavannes, le baron de Couppet, le sieur de Guercy et autres.

L’armée était composée de onze régiments.
Infanterie :
Le régiment de Conti.
Le régiment d’Enghien.
Le régiment de Picardie.
Le régiment de Noailles.
Le régiment de Navarre.
Le régiment de Tonneins.
Le régiment de Nanteuil.
Cavalerie :
Le régiment de cavalerie hongroise du grand maître de l’artillerie (La Meilleraye).
Le régiment de cavalerie française du colonel Gassion.
Le régiment de cavalerie allemande du colonel Ranzau.
Un régiment de cavalerie suédoise.
Toute cette armée était partie en deux corps marchant en France-Comté. Le premier commandé par monsieur le prince de Condé. Le second par le grand maître de l’artillerie ; et en cette armée était monsieur de Machault conseiller d’état, comme intendant de la justice. »
(Source : Mercure François)

Les 7 régiments d’infanterie sont théoriquement à 20 compagnies de 100-120 hommes pour les régiments entretenus mais l’effectif standard est plutôt de 1000 à 1200 hommes par régiment, souvent moins.
Les régiments de cavalerie sont de 400-500 chevaux.