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jeudi 28 juin 2012

L'armée française en 1507 - Louis XII's army in 1507


Faisant suite à un précédent article, voilà la composition de l'armée française qui marche sur Gènes, en 1507, d'après Robert III de la Marck (ou la Marche), surnommé Fleuranges.
Following a previous post, here is the composition of the French army in 1507, according to Robert III de la Marck, nicknames Fleuranges.

(Ci-dessous : Archer des gardes et  soldat des Cent Suisses de Louis XII)

(1507) « L’armée du Roy prête à marcher (pour Gènes), qui était grosse de cinquante mille hommes, & des plus belles que j’aie point vue. (…) Et étaient les chefs de son armée avec lui, Monsieur le Grand-Maître, Chaumont d’Amboise, Conducteur de son armée, Monsieur de Bourbon, Chef des Pensionnaires, Monsieur de la Marche, Seigneur de Montbason, cousin du jeune Aventureux (c'est à dire Fleuranges), Capitaine des Suisses qui étaient au nombre de dix mille, & son Lieutenant était Monsieur de Teligny, Sénéchal de Rouergue, que ledit Seigneur Roy avait nourri, fort homme de bien, & gentil Capitaine ; après avait Monsieur le Grand-Sénéchal de Normandie, Chef de cent Gentilshommes de la Maison de Monsieur de Ravel, neveu de Monsieur le Légat d’Amboise, & frère de Monsieur le Grand-Maître Chaumont, Chef des autres cent Gentilshommes de la Maison dudit sieur Roy ; après le Capitaine Robinet de Framezelle (Chambellan du Roi), Monsieur de la Trimouille, Monsieur d’Orval, Monsieur de Dunois, Monsieur d’Aubigny, Monsieur de la Palice, Monsieur de Humbercourt, Montoison, le seigneur Jean-Jacques (de Trivulce), le Comte de Gabre, le Seigneur Theode, Monsieur de Vendôme, Monsieur de Nemours, et était Lieutenant dudit Seigneur de Nemours le Capitaine Baron de Biart (de Béarn ?), gentil compagnon, le Capitaine Fonterailles, Châtillon, et autres dont ne sais les noms, tous Capitaines de cent, quarante ou cinquante hommes d’armes, tant Français qu’Italiens.
Les capitaines piétons sont le Seigneur de la Marche, Capitaine de dix mille Suisses (1), item dix autres mille Gascons (1) que menait le Cadet de Duras, tous gens de trait, et le Baron de Grammont, qui était leur général, le Comte de Roussillon menait deux mille piétons français (1), Monsieur de Bayard deux mille (1), Monsieur de Vandenesse, frère de Monsieur de la Palice, deux mille (1), Monsieur de Millaut deux mille (1), Monsieur de la Crotte deux mille (1), Monsieur Imbaut (de Romanieu) deux mille (1), Monsieur Fonterailles deux mille (1), et deux ou trois mille piétons italiens (1), et le Seigneur Mercure, Capitaine Grec, avec deux mille Albanais, et avait ledit Seigneur Roy, sans tout ce que dessus est dit, huit cents chevaux de ses Gardes (200 Gentilshommes, 100 archers écossais, 100 Suisses et 400 archers français), sans son artillerie.
À son artillerie le premier Maître avait nom Monsieur d’Espic, gentil compagnon, et bien sachant le métier de la guerre, et avec lui avait sept vingt (140) canonniers, tant ordinaires qu’extraordinaires, soixante grosses pièces d’artillerie, dont il y avait vingt canons renforcés et douze doubles, & cinq cents arquebuttes à crochet, bien attelées de chevaux, de poudres et boulets pour demi an, et pour accompagner tout cela, deux mille cinq cents pionniers français, les meilleurs qui fussent en toute la Bretagne. » (…)


(1) Chiffres qui paraissent exagérés : lors de l’entrée à Gènes, le 29 avril 1507, l’armée compte 5000 Suisses, 4500 aventuriers, 4000 Gascons, 4000 piétons étant restés au bastillon, et 1500 arbalétriers conduits par Humbercourt, Hector, Bertin et Molard, soit un total de 19 000 hommes (alors que le total de Fleuranges est de 36 à 37 000 hommes dont 10 000 Suisses). Lors de la prise de Gènes, Fleuranges affirme d’ailleurs que le Cadet de Duras menait 5000 Gascons, et non plus 10 000. Deux ans plus tard, à Agnadel, le Cadet de Duras sera à la tête de 2000 gascons, Roussillon, Vandenesse et la Crotte, 1000 hommes de pied, Bayard (après en avoir refusé 1000) et Imbaut, 500 hommes.


« Le Roy fît marcher son armée et mena l’avant-garde le Seigneur Chaumont d’Amboise, monsieur de Montbason, les Suisses, Monsieur de la Palice, Humbercourt, le Gruyer et Montoison, avec autre nombre de gens de pied, entre lesquels messieurs de Saint-Millaut et Molart, capitaines des piétons français, & Messieurs de Bayard & Vandenesse, Capitaines de chacun deux mille, & le Cadet de Duras avec cinq mille Gascons, & menait sa bataille avec lui Monsieur de Bourbon, Monsieur de la Trimouille, monsieur de Vendôme, Monsieur de Nemours, & autres Gentilshommes, tant Français qu’Italiens, avec les Pensionnaires et ses Gardes, et menait son arrière-garde Monsieur de Dunois. »

(Ci-dessous : armée française d'Italie en 1500 ou 1507)

dimanche 20 mai 2012

L'armée de Louis XII à Gênes (1507) - Louis XII's army in 1507


Et il y eu en moins de demi-heure, sur la grève, 800 lances et 12 000 hommes de pied, tant suisses qu'aventuriers, les 200 gentils hommes du roi, et autre grand nombre de gens, desquels tant gens de pied que gens de cheval, le Roy en envoya bien le nombre de 4 000 ou environ (...) qu'ils donnèrent la fuite aux Genevois (...).

(Ci-dessus : Entrée de Louis XII à Gênes)
 
L'entrée du Roy en la ville de Gênes :
Au devant du Roy marchaient 5 000 Suisses, portant les uns piques et les autres hallebardes, couleuvrines et arbalètes, et tous les étendards déployés. Et sonnaient les tambourins et flutes qui étaient esdites compagnies, dont c'était chose merveilleuse à voir.
Item après, marchèrent 4 500 aventuriers, lesquels étaient moult bien accoutrés.
Item 4 000 Gascons.
Item après 500 laquais en très-belle ordre et bien accoutrés.
Item après y avait 600 lances d'ordonnance, ayant chacune bande son capitaine, et tous sur grands chevaux bardés, qui était chose singulière à voir. (...)
Et à noter qu'il était demeuré au bastillon 4 000 hommes de pied et 200 hommes d'armes.
En outre marchaient après 300 lances d'ordonnance, qui entrèrent en ladite ville.
Après vinrent 1 500 arbalétriers que conduisaient messeigneurs les capitaines, c'est à savoir : Imbercourt et Hector, Bertin et Molard, tous accoutrés de halecrets et salades, ayant chacun son arbalète sur le col, et garnis de traits au côté.
Après vinrent 22 chariots chargés d'artillerie, c'est à savoir, canons, bombardes et faucons, accompagnés de 200 canonniers et plusieurs autres gens servant ladite artillerie, et les conduisait monseigneur Despy. (...)
Item y avait grand nombre de pensionnaires bien armés, et tous leurs chevaux bardés, lesquels faisaient grandes gambades à outrance (il s'agit probablement là des 200 gentilshommes pensionnaires de la garde du roi).
Après venaient les 100 Suisses du Roy.
Item après, monseigneur de Bourbon, monté sur un beau coursier, faisant gambades au possible, et conduisait les 400 archers de la garde, dont le Roy l'a fait capitaine-général, et monseigneur d'Aubigny, semblablement à cheval. Après venait à pied messire Gabriel de la Châtre, et monseigneur de Crussol, capitaine desdites gardes, ayant chacun 200 archers de ladite garde.
Item il y avait messire Galeas Force (Sforza) grand écuyer, et après lui les écuyers d'écurie et pages du Roy, montés sur grands chevaux noblement accoutrés.
Item après marchèrent les princes qui suivaient le plus guerrièrement qu'on saurait penser, montés sur grands destriers et chevaux bardés, c'est à savoir monseigneur le duc de Ferrare, le marquis de Mantoue, le marquis de Montferrat, le marquis de Rotelin, monseigneur Dorval, monseigneur de Laval, monseigneur de Ponthievre, monseigneur Panesi, monseigneur de Vendôme, monseigneur de Nevers, monseigneur de Dunois, monseigneur de Calabre ; monseigneur d'Alençon n'y était pas, car il était malade en la ville d'Ast. Tous les dessus nommés ayant gentils hommes et pages, après eux accoutrés et armés, portant lances.
Item le Roy monté sur un coursier armé de pied en cap, tenant une épée en sa main, en signe de victoire (le roi portait sur sa cotte d'arme pour emblème un roi d'Abeilles environné de son essaim avec cette devise : Non utitur aculeo rex cui paemus - Le roi qui nous commande ne se sert point de l'aiguillon), et un palle sur sa tête à six bâtons, que tenaient six anciens de la dite ville de Gênes. Ledit palle était de satin frizé d'or, moitié toile d'argent et franges de même, chargé icelui de fleurs de lys.
Item après marchait monseigneur le grand maître de France, Charles d'Amboise, monté sur un grand coursier accoutré le plus richement après le Roy, qu'homme de toute la bande, tenant une épée toute nue en sa main, comme lieutenant du Roy victorieux. (...)
Item après le grand sénéchal de Normandie (sur son harnois, un sayon moitié de drap d'or et moitié de velours blanc), monseigneur de Ravel, tous à cheval et bien armés, et les suivaient 200 gentilshommes, tous armés sur grands chevaux faisant gambades par les rues qui faisait beau voir. 
Item en outre y avait monseigneur Mercure, capitaine de 200 Albanais, montés sur chevaux turquois, ayant chacun une lance à la main, et étaient accoutrés en la mode du pays.
Item y avait après grand multitude de pages et autres jeunes serviteurs des princes et officiers du Roy, et pour la fin de ladite entrée, après cheminaient tous les mulets et bauts du Roy, princes et seigneur de la cour, et n'en n'était pas entré un avant ladite entrée.

Ci-dessous : Louis XII devant Gênes. On aperçoit au fond, sur ces deux illustrations, les Archers de la garde, les cent Suisses de la garde ainsi que des stradiotes. L'étendard de Louis XII représente Saint-Michel affrontant un porc-épic, emblème du roi.




Ci-dessous : gentilshommes pensionnaires, archers de la garde (à droite) et Suisse de la garde (personnage en bas à gauche).

En 1501, la garde de Louis XII, commandée par le duc de Valentinois, compte 400 hommes de pied ;
Ce même jour, sixième de juillet (1501), le duc de Valentinois survint à l'ost du Roy, et avait avec lui 400 piétons, tous accoutrés de damas jaune et de cramoisi ; et lui était vêtu d'une soie mi partie de drap d'or et de velours cramoisi, et aussi avait autour de lui quatre laquais et plusieurs gentilshommes, tous vêtus et habillés de soie, mi partie de drap d'or et de velours cramoisi, lesquels portaient tous la livrée du Roy.

En 1502, la garde de louis XII est composée comme à Gênes, en 1507 :
Ainsi le Roi part de Blois, en juillet 1502, suivi des 200 gentilshommes de sa maison, ses pensionnaires, et des 400 archers et 100 Suisses de sa garde.