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mercredi 28 octobre 2009

The french Army in 1648


Here is a contemporary account of the organisation of french army in 1648.

Voilà un document d'époque décrivant l'armée française en 1648.

Des Gardes du Roy 1648-1649

Encore que les gardes du Roy soient une dépendance de sa personne royale, elles ne laissent pas d’être employées au service de l'Etat.
Les gardes qui s'approchent le plus près de la personne du Roy sont les gardes écossaises, qu'on appelle gardes de la manche, qui sont sous la charge de monsieur de Chandenier, qui a été pourvu de cette charge depuis la mort du marquis de Gesvres. Sa compagnie est composée de cent archers sous un lieutenant et quatre exempts, qui sont comme les sergents et portent le bâton dans la maison du Roy de ces cent il n'y en a que seize qui portent le hoqueton à la marche, et la hallebarde frangée d 'or et la lame dorée ; et il y en a toujours deux derrière la chaise du Roy quand il dîne ou qu'il se trouve quelque part en cérémonie. Les mêmes gardes de la même compagnie, aussi bien que ceux des trois autres compagnies commandées par le comte de Tresmes, monsieur de Villequier, gouverneur de Boulogne, et par le comte de Charraut, fils du comte de Béthune, gouverneur de Calais, font garde devant l'antichambre du Roy, les uns avec des hallebardes, les autres avec des carabines. Les capitaines de ces gardes servent, par quartier, et quand ils sont en service ils suivent le Roy immédiatement, quelque part qu'il aille, à table, en carrosse et partout ailleurs ; la nuit ils couchent sous la chambre du Roy et gardent les clefs de la maison sous leur chevet.
Les Cent-Suisses de la garde du Roy font garde dedans la cour, et marchent devant le Roy en allant par la ville ou allant dans la cour de la maison ; ils sont tous habillés des couleurs du Roy, avec des papillotes d'argent.
La charge de grand-prévôt de l'hôtel est très belle et vaut plus de soixante mille livres de rente. Sa juridiction est sur tous les marchands et cabaretiers suivants la cour, qui doivent tous prendre lettres de lui, et faire marquer leurs poids, et mesures par un de ses lieutenants. Cette charge est à présent possédée par le marquis de Seuches.
La première porte du Louvre ou du palais où le Roy loge a ses gardes particulières, qui sont appelées gardes de la porte, et sont tous sous la charge du comte de Nogent. Ils portent le hoqueton des couleurs du Roy, avec des papillotes d'or et une clef en broderie.
Outre ceux-ci, il y en a encore qui, bien qu'ils soient au nombre de deux cens, ne laissent pas d'être appelés les Cent-Gentilshommes, parce que, lors de leur première institution, on n'en fit que cent. Ceux-ci marchent devant le Roy les jours de cérémonie, deux à deux, et le bec de corbin ou faucon à la main.
Les mousquetaires à cheval de la garde du Roy ne font garde que quand le Roy sort ; alors ils marchent à cheval devant toutes les autres gardes, deux à deux. Ils ont tous la casaque bleue avec la croix d'argent ; leur capitaine est monsieur de Treville, que le défunt Roy a avancé à celte charge à cause de son grand courage. Ils sont au nombre de cent trente et ont quarante sols par jour.
Les deux régiments des gardes françaises et suisses font garde hors du Louvre et à toutes les avenues; chacun de ces deux régiments est composé de trente compagnies, qui doivent être de deux cens hommes chacune, quoique les françaises soient le plus souvent bien faibles. Le mestre de camp du régiment des gardes françaises est le maréchal de Grammont, qui a succédé à cette charge à défunt monsieur de Rambures, qui l'avait eue après le comte de Sault, fils du duc de Créquy. Le colonel général des Suisses est monsieur le maréchal de Schomberg, qui a succédé en cette charge à défunt monsieur le maréchal de Bassompierre.
Outre cela, il y a une compagnie de gens-d'armes et une compagnie de chevaux-légers, chacune de deux cents hommes, qui servent par quartier.

Les Armées du Roy 1648-1649

Le connétable (quand il y en a un) est généralissime des armées de France, et a pour lieutenants généraux les maréchaux de France, qui commandent en chef en l'absence du connétable.
Aujourd'hui, et depuis la mort du défunt Roy, monsieur le duc d'Orléans est lieutenant général du Roy mineur par tout le royaume et en toutes ses armées. Il a ci-devant commandé en personne l'armée de Flandres, en l'absence duquel monsieur de Rantzau et defunt monsieur de Gassion ont commandé la même armée en qualité de lieutenants généraux.
L'armée de Flandres a cette année été commandée par monsieur le prince de Condé, qui a eu pour lieutenants généraux le maréchal d'Erlach et monsieur de Villequières, et pour maréchaux de camp monsieur de la Ferté-Imbaut et autres.
L'armée de Catalogne est commandée par monsieur le maréchal de Schomberg, vice-roy de cette province, qui a pour maréchaux de camp monsieur de Saint-Aulnais, le marquis Saint-Maigrin et autres.
L'armée d'Italie a été cette année commandée par le duc de Modène et le prince Thomas, qui avaient pour maréchaux de camp le mareschal du Plessis-Praslin, le marquis Ville, qui a été tué devant Crémone, et marquis de Saint-André et autres.
L'armée d'Allemagne a esté commandée par le maréchal de Turenne ; pour maréchaux de camp il y avait monsieur Taupadel et autres.

Toutes ces armées sont composées de gens-d'armes; chevaux-légers et infanterie.
Le Roy, la Reyne, monsieur le duc d'Anjou, monsieur le duc d'Orléans, tous les princes du sang et les maréchaux de France, ont chacun leurs compagnies de gens-d'armes, qui sont compagnies franches, et dont les lieutenants vont du pair avec tous les capitaines et mestres-de-camp de la cavalerie légère, en sorte qu'un lieutenant de gens-d'armes se trouvant en l'occasion, s'il est plus vieux officier qu'un mestre-de-camp, il le commande. Ces gens-d'armes ont armes complètes et sont payez pour deux chevaux, et partant obligez d'avoir avec eux un homme de service.

Les chevaux-légers n'ont qu'une cuirasse. Ils étaient aussi divisez en compagnies franches, et n'étaient commandées en l'absence du colonel et du mestre-de-camp général que par le plus ancien capitaine ; mais depuis l'an 1636 on les a réduits en des régiments commandés par des mestres-de-camp. Les étrangers qui entrèrent alors au service du Roy furent cause de ce changement. Le colonel général de la cavalerie légère est le comte d'Alets, fils du duc d'Angoulême.

Le Roy tient à ses gages environ deux cens quarante cornettes de cavalerie, distribuées en cinquante-six régiments, outre les étrangers, qui sont au nombre de douze ; le baron de Degenfeld etait colonel de la cavalerie étrangère , mais depuis sa retraite il n'y en a point eu.

Le Roy a deux cens dix régiments d'infanterie, tous sous le commandement du duc d'Espernon, qui en est colonel général ; une bonne partie de ces régiments sont composez de trente compagnies, et chaque compagnie payée à quatre-vingt-dix hommes, excepté celui des gardes, dont les compagnies sont de deux cens hommes ; ce régiment a pour mestre-de-camp monsieur le maréchal de Grammont.

Outre cela le Roy a quelques régiments étrangers à son service, qui sont : Allemands, Ecossais, Irlandais, Italiens. Liégeois et autres, particulièrement des Suisses, dont il y a six à sept mille en France. Leur colonel général était ci-devant monsieur de Bassompierre qui est mort, et maintenant c'est monsieur le maréchal de Schomberg. Il y a aussi un colonel général des Corses, qui est le fils du défunt maréchal d'Ornano, quoiqu'il n'y ait point de Corses au service du Roy.
L'armée navale a été commandée par le duc de Richelieu. fils du baron de Pontcourlay, général des galères depuis la mort du duc de Fronsac, amiral de France. Elle est composée d'environ trente vaisseaux ronds et de vingt-cinq galères.

Pour payer cette soldatesque il y a plusieurs sortes de fonds : l'un pour celle qui est tous jours entretenue et est payée par les trésoriers de l’ordinaire des guerres, et l'autre pour celle qui est payée par les trésoriers de l’extraordinaire des guerres. Les gens-d'armes suisses et régiment des gardes ont chacun leurs trésoriers et payes particulières, qui en ont encore d'autres sous eux, qui payent le rôle que les commissaires et contrôleurs des guerres leur fournissent, signent et vérifient de leurs mains, et selon la revue qu'ils en ont faite. L'armée navale et l'équipement des vaisseaux, tant de ladite armée navale que des frégates garde-côtes, sont payées par les trésoriers de la marine.

Extrait de Estat de la France comme elle estoit gouvernée en l’an 1648 et 1649.
de Séguier, d’Aligre et Barillon

mardi 28 juillet 2009

1648 french account of the battle of Lens

Relation de la bataille de Lens, le 20 août 1648, par un officier de Condé.

Account of the battle of Lens, the 20th august of 1648, by one of Condé’s officers.

Voici un extrait d’un manuscrit que m’a aimablement prété le château de Chantilly, relatant la bataille de Lens, en 1648, par un officier de l’entourage de Condé. Le texte est difficile à déchiffré et j’ai pu me tromper sur certains termes.
Le texte complet se trouve dans mon livre “Les armées françaises de la guerre de trente ans”.

Here are, in french and in english, an extract of the account of the battle of Lens, 1648. This account is from an eyewitness, officer of Condé. The Chantilly’s castle lend me this manuscript but the text was difficult to decipher.
The full text is in my book “French Armies of the Thirty years’War”.

























Extrait du Manuscrit MS933 conservé au château de Chantilly. « Il est dans la plaine qui va à Arras un petit ruisseau qui naît auprès de cette place et fut occupé par l’armée espagnole qui y campa sur le haut du rideau de Lens et posta son canon dans deux petits taillis qui font parti du rideau. Et tous braves qu’ils sont les espagnols dans leur gazette, ils se retranchèrent pourtant sans faire réflexion qu’ils avaient bien trente cinq mille hommes. Le prince de Condé entendant les coups de canon qui se tiraient au (sud ?) de Lens se réjouit de voir ses ennemis en une plaine et sur l’heure même commande à Mr de Châtillon de charger un corps de garde qu’ils avaient mis sur le bout d’un pont qu’ils avaient défait. Il fit rapporter des planches et chargea avec la garde qu’il y trouva et ses gardes si brusquement à qui s’opposa à lui que les ennemis abandonnèrent le passage de (…) à leur armée qui n’était qu’à deux lieues de là. Mr le prince passa la Lys et laissa les bagages sous Béthune ; jamais je n’ai vu passer avec tant d’impétuosité, à une heure devant le jour nous arrivâmes au bord des défilés. Voyez si la gaieté était bien naturelle à ce grand prince durant qu’on faisait avancer l’artillerie. (…) Là, Monsieur d’Erlach vint saluer Mr le prince à qui il amenait environ huit mille bons hommes (ndla : en fait il en amena moins de quatre mille). Le jour étant déjà grand, les généraux des ennemis vinrent avec douze cent chevaux reconnaître si c’était toute notre armée ou une partie qui fut en deçà de la rivière ; son altesse pour leur ôter bien du doute faisait marcher son artillerie à la première ligne, ils la virent clairement et s’en retournèrent à leurs retranchements, en nous laissant toute la plaine libre. Son altesse en marchant fit trois lignes de ses troupes qui faisaient tout au plus vingt mille hommes et tout au moins dix huit ; il mit à la première les gardes, Picardie et les régiments de l’armée d’Erlach et pour cavalerie tous les gendarmes tant du Roy que des princes et toutes les compagnies de gardes des généraux ; la seconde ligne était en pareille disposition et notre cavalerie légère commandée par Guiche ( ?), monsieur d’Erlach demeura pour troisième ligne et corps de réserve ; Mr de Cossé menait une bande d’artillerie. A la première ligne il les faisait marcher aussi vite que les troupes ; nous allâmes en cet équipage montrer notre armée à Mr l’archiduc qui était bien couvert de ses lignes devant lesquelles nous nous arrêtâmes à un jet de pierre près, et y demeurâmes tout le jour, les officiers d’infanterie de la première ligne jouant et sautant au « saut de l’allemand » toute la journée sans (être) autrement alarmé. Il est à remarquer que Mr le prince avait tant parlé des troupes d’Allemagne lesquelles ne tiraient jamais les premiers et obligeaient leurs ennemis à faire leur décharge puis à fuir devant eux que chaque officier s’était mis cela en tête, et bien que cela ne fut dit qu’à l’égard de la cavalerie, néanmoins l’infanterie s’y fit presque partout un point d’honneur de ne point tirer. La nuit vint et l’armée qui n’avait point repu ne pouvant pas rester à jeun jusqu’au lendemain de combattre, particulièrement les chevaux. Mr le prince résolut quand le jour serait venu de se retirer en un village nommé Loo auquel touchait notre arrière garde afin de repaître et dit tout haut qu’en quelque temps que l’archiduc marchait, qu’il le combattrait assurément et ainsi il se mêla à l’affaire publiquement quoique pique qui contribua particulièrement au grand fait d’arme du jour suivant. La nuit les ennemis firent sortir de leur retranchement le régiment des cravattes (ndla : croates) mais ils furent bien étonnés quand ils (s’instruirent ?) qu’ils (heurtaient ?) contre notre artillerie, ils s’en retournèrent bien vite. Le jour vint, et pour montrer aux ennemis qu’on ne (sortirait ?) pas en (cachette ?), son altesse attendit que le soleil fut levé, et lors il leur fit faire une salve de six pièces de monsieur de Cossé, et puis marcha sans rompre son ordre de bataille mais faisant seulement à droite les compagnies de gendarmes et de chevau-légers et celles des gardes des généraux faisant la retraite au même ordre qu’ils devaient faire l’avant-garde. Les troupes lorraines de l’armée d’Espagne avec quelques autres escadrons voyant le petit nombre des compagnies (franchies ou franches ?) tombèrent avec toute leur aile de cavalerie sur leurs bras, les rompirent facilement et les pressèrent de si près qu’ils ne purent se rallier qu’à l’appui du régiment de Picardie qui avait l’aile droite de la première ligne. Cet heureux commencement fit crier victoire aux lorrains. Beck qui crut prendre un temps précieux amena l’archiduc hors des lignes et fit voir notre infanterie dépouillée de cavalerie au milieu d’une des plus grandes plaines du monde ; l’archiduc dit qu’il avait ordre expresse de ne rien hasarder. Beck insista et dit qu’il n’y avait plus de hasard et il offre de répondre de sa tête leur (serment ?) de la bataille ; les espagnols sur cela lui reprochant qu’il laissait perdre une occasion de remettre leurs affaires et de repenser les (souvenirs ?) de Rocroy, sautaient le retranchement, mettaient leurs régiments en bataille et accouraient à nous. (…) Il ne fit donc autre chose sinon qu’il remplit la place des battus par la cavalerie qui était rangée à la seconde ligne pour la soutenir. Et il ne fit que faire à gauche, en remarchant droit aux ennemis, lesquels étaient bien en bataille chacun en particulier mais n’étaient point en ordre de bataille mais en colonne pour s’y mettre. Là le régiment des gardes pour avoir fait sa salve le premier fut taillé en pièces, et le régiment de Picardie qui ne voulut point tirer défit sept régiments entre lesquels était celui qui avait tué le régiment des gardes ; les régiments qu’avait amené Erlach qui étaient Nettancourt, Vaubecourt et autres ne tirèrent non plus que Picardie. Notre cavalerie eut fort à souffrir car les ennemis avaient toujours trois escadrons contre un, mais à mesure qu’ils étaient rompus ils se venaient toujours rallier derrière Picardie ; (ndla : figurent ici trois noms d’officiers non identifiés) après avoir vingt fois chargé et défait les corps qu’ils combattirent y vinrent s’y rafraîchir et Streif y vint mourir. (…) »

Extract of the manuscript MS933 preserved at the Château of Chantilly. “There is on the plain which goes to Arras a small stream, which has its source near to this town and it was occupied by the Spanish army who camped there at the top of the Rideau of Lens and positioned its cannon in two small spinneys on the Rideau. And brave as they were in their gazette, the Spaniards entrenched without reflecting that they had thirty five thousand men. Hearing the cannon fire to the south of Lens, the Prince de Condé rejoiced to see his enemies on a plain and that same hour commanded Maréchal de Châtillon to prepare a guard corps positioned on a bridge they had won. He had woodcuts brought, and charged those facing him with his guards and the guards he found there so brusquely that the enemy abandoned the passage (…) to their army which was only two leagues from there. The Prince crossed the Lys and left the baggage train beneath Béthune; I have never seen anyone cross with such impetuosity; one hour before dawn we arrived at the edge of the gullies. This great Prince was naturally content when the artillery was advanced. (…) Then Maréchal d’Erlach came to greet the prince, to whom he had brought eight thousand good men (author’s note: in fact he brought less than four thousand). The sun was already high in the sky, and the enemy generals came with twelve hundred horses to see if it was all of our army or a part that was already downstream of the river; to remove their doubt, His Highness marched his artillery at the first line; they saw it clearly and returned to their entrenchments, leaving the entire plain free for us. While marching, His Highness formed his troops into three lines, which together made at the most twenty thousand men and at least eighteen thousand; he placed the guards, Picardie and the regiments of the army of Erlach in the first line, and for the cavalry, all the gendarmes of both the king and the princes and all the companies of the guards of the generals; the second line was arrayed in the same way and our light cavalry commanded by Guiche; Mr d’Erlach was the third line and the reserve corps; Mr de Cossé led a band of artillery. At the first line he marched them as fast as the troops; in this array we went to show our army to the archduke, who was well covered by his lines, in front of which we halted a stone’s throw away, and remained there all day (…) It is to be noted that the prince had spoken so much of the German troops that never fired first and obliged their enemies to discharge their weapons then flee before them that each officer had this in mind, and while this was said only with regard to the cavalry, nevertheless nearly the entire infantry made it a point of honour not to fire at all. Night came and the army had not eaten; they could not fast until the following day when they would have to fight, particularly the horses. The prince resolved that at daybreak they would withdraw to a village named Loo which our rearguard touched in order for the soldiers to fill their stomachs, and said aloud that he was ready to fight the archduke whenever he desired, and this public remark contributed to the beginning of battle the following day. That night, the enemy brought out of their entrenchment the regiment of Croats, but they were much astonished when they encountered our artillery, and they returned in haste. Dawn came, and to show the enemy that they would not emerge covertly, His Highness waited until the sun had risen, and then he ordered a volley from six pieces by Monsieur de Cossé, and then marched without breaking his battle array, but sending only to the right the companies of gendarmes and chevau légers and those of the guards of the generals retreating in the same order that they were to make the advanced guard. The Lorraine troops of the Spanish army and a few other squadrons, seeing the small number of unregimented companies, fell on them with their entire cavalry wing, broke them easily and pressed them so closely that they were only able to rally with the support of the regiment of Picardie that had the right wing of the first line. This happy commencement caused Lorraine to cry victory. Beck, who thought he could gain precious time, led the Archduke out of the lines and showed him our infantry dispossessed of cavalry in the middle of one of the largest plains in the world; the archduke said that he had given the express order that no risks should be taken. Beck insisted and said that there was no more risk, and he offered his head in answer to their (oath?) of the battle; the Spanish reproaching him that he gave up an opportunity to redress their affairs and to rewrite the history of Rocroi, jumped the entrenchment, arrayed their regiments for battle and ran to us. (…) He did nothing but fill the place of the fallen by the cavalry which was in the second line to defend it. And he sent the troops towards the left, marching straight on the enemy, where each soldier was ready for battle and the columns were formed, but were not yet in battle array The regiment of the guards that had been the first to fire its volley was cut to pieces, and the regiment of Picardie which did not wish to fire broke seven regiments, among which was that which had killed the regiment of the guards; the regiments that Erlach had led which were Nettancourt, Vaubecourt and others did not fire either. Our cavalry suffered greatly, for the enemy still had three squadrons against one, but when they were broken, they always came to rally behind Picardie; (author’s note: three names of unidentified officers are listed here), after having charged twenty times and breaking the corps that they fought, came here to refresh themselves, and Streif came here to die. (…) ”


(French Pike & Shot, by JOB.)