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vendredi 9 août 2013

Siège de Dôle, mai 1636 : les armées / armies





Here are the burgundish (from Franc-Comté) and french forces at the siege of Dôle, from may of 1636.

L’armée franc-comtoise au siège de Dôle (Mai 1636)

« Quant à la force d’hommes, le régiment de la Verne avait 5 compagnies à Dôle avec le chef de l’état-major, 5 à Gray sous les ordres du lieutenant au gouvernement de la place, 4 à Salins sous le sergent-major, et 1 à Bletterans commandée par son capitaine. On y fit rejoindre cette dernière à Dôle, où se trouvèrent à ce moyen avec la colonelle de ce régiment 5 autres compagnies sous les capitaines de Grandmont Vellechereux, baron de Châtillon, Perrin, Georget et des Gaudières, tous officiers pratiques dressés en l’Académie des Pays-Bas. L’imminent péril fut déclaré et proclamé partout, avec la levée de la milice ordinaire qui portait 5000 fantassins effectifs et fort bien armés, en 25 compagnies réparties en 3 régiments des baillages d’Amont, d’Aval, et de Dôle. Le premier sous le sieur d’Andelot Chevigney, le second sous le seigneur de Poitiers, et le dernier sous le sieur de Cleron Voisey. On résolut de faire 4 autres régiments de surcroit de chacun 1000 hommes de pied en 10 compagnies, et furent choisis pour colonels le marquis de Varembon, le baron de Scey, le prince de Cantecroix et le baron de Vuiltz ; auxquels on adjoignit le baron d’Aubespin pour commander autres 500 qu’il s’offrit de lever et armer en diligence.
L’argent fut aussitôt fourni pour avance des levées, et encore au colonel de la Verne pour la recrue de son régiment, à l’effet de le rendre complet de 3000 hommes. On fit encore entrer à Dôle 5 compagnies des élus de la province commandées par les capitaines d’Esuans, de Mont Saint-Ligier, de Chassagne, et de Legnia, et par le sieur de Goux Alferez de la colonelle du régiment de Dôle.
Pour cavalerie par dessus les 2 compagnies du marquis de Conflans et du sieur de Mandre qui furent accrues chacune jusqu’à 100 chevaux légers, on avisa de tirer deniers des communautés qui devaient fournir des cuirassiers et arquebusiers à cheval avec leurs élus, et pareillement des vassaux étrangers ou naturels du pays qui voulurent se décharger de comparaitre à l’arrière-ban, afin d’en former de nouvelles compagnies dont le service ne fut point limité à 6 semaines, comme est celui de la milice et de l’arrière-ban par leur établissement, ainsi étendu à autant de temps que le besoin de la province le requerrait. De cet argent furent faites les avances pour lever autres 7 compagnies ; 3 de chacune 100 cuirasses sous le commandement des sieurs de Scey, de Thouraise et marquis de Varambon, celui-ci baillis de Dôle, et les 2 autres tenants la place des baillis d’Amont et d’Aval ; et 4 de 50 partie chevaux légers, partie arquebusiers à cheval sous les capitaines de Voisez, de Beaujeu, de Moutonne, et du Prel, sans en arrêter aucun dans la ville de Dôle à raison de la disette du fourrage.
Les villes de Gray et de Salins furent munies par la jonction de quelques compagnies d(élus à celles du régiment de la Verne ; on en fit pareillement entrer à Bletterans ; les petites villes et forteresses des vassaux furent confiées à la vigilance des bourgeois, des seigneurs et des villageois, qui les doivent garder, et y prendre leur retraite avec leurs provisions et armes en saison de guerre ouverte ou imminente. Tout le surplus de la gendarmerie fut destiné à tenir la campagne et courir où les occasions le demanderaient, et afin que les forces fussent aussi grandes que le pays les pourrait contribuer, fut publié et envoyé partout un édit qui portait ordonnance à tous dès l’âge de 15 à 60 ans qui avaient porté les armes auparavant, de les reprendre, et se munitionner et armer suffisamment pour rendre service, et à tous procureurs d’office d’en tenir note et dresser rôles qu’ils adresseraient en diligence aux procureurs fiscaux des ressorts plus voisins, et eux au procureur général en cas ils pussent entrer à Dôle, sinon au conseiller de Champuans dans la ville de Gray. (…)
On permettait à tous ceux qui voudraient lever à leurs frais, soit de gens de pied ou de cheval, tant de leur voisinage qu’autres, de le faire promptement et mener leurs troupes et brigades aux quartiers plus prochains des colonels d’infanterie et des capitaines de cavalerie déjà établis, sans diminution des autres levées qu’ils avaient commencées, avec ordonnance très-expresse aux colonels et capitaines de se rendre aux endroits qui leur seraient désignés par le marquis, et faire passer à la file auprès de lui ce qu’il auraient avancé de leurs régiments et compagnies. »
(Source : Le siège de la ville de Dôle, capitale de la Franche-comté de Bourgogne, et son heureuse délivrance, Dôle 1637)

Burgundish army in Dôle :

Infanterie (11 000 hommes) :
-       Régiment de la Vergne, 6 compagnies de 200 hommes (compagnies colonelle, Grandmont Vellechereux, baron de Châtillon, Perrin, Georget et des Gaudières) ; les autres compagnies du régiment sont à Gray (5) et Salins (4) ;
-       Régiments de milice d’Amont, d’Aval et de Dôle, soit 5000 hommes en 25 compagnies, commandés par le sieur d’Andelot Chevigney, le seigneur de Poitiers, et le sieur de Cleron Voisey ;
-       Régiment de Varembon (marquis de Varembon ou Varambon) : 10 compagnies de 100 hommes ;
-       Régiment de Scey (baron de Scey) : 10 compagnies de 100 hommes ;
-       Régiment de Cantecroix (prince de Cantecroix) : 10 compagnies de 100 hommes ;
-       Régiment de Vuiltz (baron de Vuiltz) : 10 compagnies de 100 hommes ;
-       Régiment d’Aubespin (baron d’Aubespin) : 5 compagnies de 100 hommes ;
-       5 compagnies des élus de la province (commandées par les capitaines d’Esuans, de Mont Saint-Ligier, de Chassagne, de Legnia, et par le sieur de Goux Alferez de la colonelle du régiment de Dôle).
Cavalerie (700 chevaux) :
-       Compagnie de chevaux légers du marquis de Conflans (100 chevaux) ;
-       Compagnie de chevaux légers de Mandre (100 chevaux) ;
-       Compagnie de cuirasses de Scey (100 chevaux) ;
-       Compagnie de cuirasses de Thouraize (100 chevaux) ;
-       Compagnie de cuirasses du marquis de Varambon (100 cuirasses) ;
-       Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Voisez (50 chevaux) ;
-       Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Beaujeu (50 chevaux) ;
-       Compagnie de chevaux légers et arquebusiers de Moutonne (50 chevaux) ;
-       Compagnie de chevaux légers et arquebusiers du Prel (50 chevaux).


L’armée française au siège de Dôle (Mai 1636)

« Ainsi tout se préparait à la guerre tant par mer que par terre, nos généraux sont commandés de s’en aller à leurs armées. Monsieur le comte de Soissons assembla son armée en Champagne. Le duc de Weimar qui avait passé partie de l’hivers à Paris, en parti le 25 mai, et s’en alla en son quartier de Vezelice en Lorraine, où était son armée. Le cardinal de la Valette partit la semaine précédente pour la sienne, qui était aux environs de Toul. Celle du prince de Condé était sur la frontière de la Franche-Comté où la guerre fut résolue à l’Espagnol. Et quoi que cette comté soit en la protection des suisses par traité fait du vivant du feu roi Henri IV le grand d’heureuse mémoire, et qu’elle ne doive être assaillie des français, néanmoins le roi eut plusieurs justes raisons de se ressentir des infractions faites par les comtois audit traité, comme d’avoir donné retraite à ses ennemis, fourni de vivres et munitions aux armées impériales et lorraines, en quoi ils avaient assez rompu la neutralité. (…)
Donc pour venger telles injustes procédures et actes d’hostilité, le roi choisit le prince de Condé pour commander l’armée destinées en Franche-Comté. Il se rend en Bourgogne, y lève des troupes, fait provision de  toutes sortes de munitions de guerre et de vivres ; avec lui fut envoyé le marquis de la Meilleraye grand maître de l’artillerie, et pour maréchaux de camp de l’armée étaient le marquis de Coaslin, le marquis de Villeroy, le colonel Ranzau et le sieur Lambert ; outre ceux-ci s’y rendirent le colonel Gassion, le baron de la Tour du Bosse, le marquis de Breauré, le comte de Chabanes, le sieur d’Aubigny, le sieur d’Espenan, les sieurs d’Auradour, de Courselles, de Gerzé, de Chalousset, de Crevan, de Maululet, de Bacalam, de l’Isle, de la Fresnaye, de Fontenay, de Muz, de Brissailles, de la Renouilliere, de Blanquefort, de la Plaine, de Maupertuis, d’Orsigny, de Pedamour, le chevalier de Tavannes, le baron de Couppet, le sieur de Guercy et autres.

L’armée était composée de onze régiments.
Infanterie :
Le régiment de Conti.
Le régiment d’Enghien.
Le régiment de Picardie.
Le régiment de Noailles.
Le régiment de Navarre.
Le régiment de Tonneins.
Le régiment de Nanteuil.
Cavalerie :
Le régiment de cavalerie hongroise du grand maître de l’artillerie (La Meilleraye).
Le régiment de cavalerie française du colonel Gassion.
Le régiment de cavalerie allemande du colonel Ranzau.
Un régiment de cavalerie suédoise.
Toute cette armée était partie en deux corps marchant en France-Comté. Le premier commandé par monsieur le prince de Condé. Le second par le grand maître de l’artillerie ; et en cette armée était monsieur de Machault conseiller d’état, comme intendant de la justice. »
(Source : Mercure François)

Les 7 régiments d’infanterie sont théoriquement à 20 compagnies de 100-120 hommes pour les régiments entretenus mais l’effectif standard est plutôt de 1000 à 1200 hommes par régiment, souvent moins.
Les régiments de cavalerie sont de 400-500 chevaux.


vendredi 24 mai 2013

Les trophées de Rocroy - Rocroy's trophies


Les Cornettes, Guidons et Drapeaux pris sur les ennemis en la bataille de Rocroy portés en cérémonie à nostre Dame par les cent Suisses (gravure BNF).


jeudi 3 janvier 2013

Spanish relief army at Salces, 1503


Here is the spanish army to relieve Salces in octobre 1503 (the genetz are jintes) :
Salces fortress is held by Captain Don Françoys Chancho (Don Francisco Sancho?) and 1200 Spanish soldiers.


La forteresse de Salces est tenue par le capitaine don Françoys Chancho (don Francisco Sancho ?) et 1200 soldats espagnols (Source : Jean d'Auton).

Armée espagnole de renfort en Roussillon, octobre 1503
2000 hommes d’armes, 30 000 hommes de pied et 7000 genetaires (jinetes).

« Le nombre des capitaines de gens de guerre des Roys et Reyne de Castille envoyez pour le secours de Salces.

- Le duc d’Albe, capitaine général desdits Roy et Reyne, et don Gracian de Toledo, son fils, avait en charge 100 hommes d’armes et 100 genetz (genetaires / jinetes) ;
- Le marquis de Villefranque et l’armendat de Castille, 100 genetz ;
- Le duc de Nagere et ses gens demeurèrent devers le quartier de Fontarrabie pour garder l’entrée de Navarre ;
- Le duc d’Albruqueg, 110 hommes d’armes et 40 genetz ;
- Le duc de Vege, 200 hommes d’armes et 200 genetz payés du sien ;
- Le marquis de Villene, 150 genetz payés du sien ;
- L’infantado de Granade, 50 genetz ;
- Le marquis d’Azevety, fils du cardinal de Mandossa, (?) ;
- Le marquis de Denya, 100 genetz payés du sien ;
- Le comte de Fontsalhite en personne ;
- Le comte de Gerbelle, payés du sien 50 genetz ;
- Le vicomte de Valdorne, 30 genetz payés du sien ;
- Diego de Roges, 60 genetz payés du sien ;
- Le marquis d’Estorgue, 50 hommes d’armes et 100 genetz ;
- L’adelentado de Grenada, 70 genetz payés du sien ;
- Johan Aries, 30 genetz payés du sien ;
- Gracian de Caries, 80 genetz ;
- Le maréchal de Carvora, 20 genetz ;
- Les gens du duc de l’Infantado, 100 hommes d’armes payés du sien ;
- Les gens du duc de Medina cely, 100 genetz ;
- Les gens du comte de Paretes, 30 genetz payés du sien ;
- Les gens du comte de Feria, 30 genetz payés du sien ;
- Les gens du maréchal Venabides, 30 genetz payés du sien ; 
- Les gens de l'archevêque de Toledo, 300 genetz payés du sien ;
- Les gens de l’archevêque de Burgos, 30 genetz payés du sien ;
- Les gens de l’évêque d’Osme, 30 genetz payés du sien ;
- Les gens de l’évêque de Palancia, 20 genetz payés du sien ;
- Les gens de l’évêque de Majorque, 10 genetz payés du sien ;
- Les gens de l’évêque de Plazencia, 20 genetz payés du sien ;
- Les gens du prieur de Saint-Jehan, 70 genetz payés ;
- Les gens de la garde desdits Roy et Reyne, 500 hommes d’armes et 1000 genetz.

Aragon : 300 hommes d’armes et 200 genetz payés par le royaume d’Aragon pour trois ans, desquels étaient capitaines les comtes de Ribagorce, de Belfito, d’Orande, don Phelip de Castres, don Johan de Luna, don Blaze de Layon, don Francisco de Luna, le viconte de Nola, Johan Ferrando de Redia.

Le royaume de Valence, pour ce que les cours n’y furent tenues par lesdits Roy et Reyne, furent envoyés audits Salces 50 hommes d’armes et 50 genetz et d’autres particuliers qui sont venus à leurs dépends. Le comte d’Olive, 30 genetz payés ; le duc de Vilermosa en personne ; le comte de Vilermosa en personne ; don Alonce de Cardonne en personne.

Catalogne : 200 hommes d’armes et 300 genetz payés pour trois ans, et 50 000 ducatz pour payer les gens de pied ; le duc de Cardonne, oncle dudit Roy, en personne ; l’admiral, son fils, et autres capitaines et seigneurs.

Somme : les genetz 3680 ; les hommes d’armes 1610.
En laquelle assemblée avait 12 000 hommes de pied en tout, desquels Aragon en payait les 3000 pour trois ans, Valence 1000 pour un an, et le résidu se payait desdits 50 000 ducats donnez audits Roy et Reyne le pays de Catalogne.
Fait à Medina del Campo, le troisième jour d’avril 1504, par moy. »

(Note originale, sans signature. Fr.2961, folio 17. Publiée par René de Maulde La Clavière dans les Chroniques de Louis XII, de Jean d'Auton, 1889)


Ci-dessus : Genetaires / Jinetes espagnols selon Pedro Berruguete (Autodafé, vers 1495).

mercredi 24 octobre 2012

Flags, battle of Nieuport, 1600


You will find in the link below some spanish and dutch flags i have done for an article on the battle of Nieuport written for the french magazine Vae Victis (n°105) :

http://vaevictis.histoireetcollections.com/bonus/Drapeaux%20Nieuport%201600.jpg

Vous trouverez dans le lien ci-dessus une planche de drapeaux espagnols et des Provinces-Unies que j'ai réalisé pour mon article sur la bataille de Nieuport, dans le Vae Victis n°105.





Ci-dessus : certaines de mes sources d'informations (some sources). De haut en bas :
- Blason de Maurice de Nassau que l'on retrouve comme motif du guidon de ses Gardes (Coat of Arms of Maurice of Nassau) ;
- Drapeaux hollandais d'après une gravure de la bataille (dutch flag according to an engraving) ;
- Guidon de lancier espagnol d'après une gravure de la bataille (spanish lancers' flag according to an engraving of the battle).

jeudi 20 octobre 2011

Bataille des Dunes, 14 juin 1658

Disposition des armées françaises et espagnoles à la bataille des Dunes :
The french and spanish armies at the battle of the Dunes :


Dispositions de l'armée française de Turenne (french army of Turenne) :
La première ligne d'infanterie française est composée de (de gauche à droite - from left to right) :
4 bataillons anglais (english), 1 bataillon de Boudebois, 2 bataillons de Turenne,  1 bataillon de Picardie, 2 bataillons des Gardes Suisses, 1 bataillon des Gardes françaises et 1 bataillon de Bretagne.
En seconde ligne : 8 escadrons de chevaux-légers et gendarmes (CL de La Reine, gendarmes écossais, 2 escadrons de CL de Son Eminence, gendarmes de Son Eminence, 3 escadrons de gendarmes et CL du Roy).
La troisième ligne est composée de 7 bataillons d'infanterie  : la Marine, Espagny, deux bataillons d'Anglais (2 english bataillons), Rambures et Piémont.
En réserve, 4 escadrons de chevau-légers : Nogent, Prince François et Prince Charles, Soissons et Richelieu.
L'aile gauche est constituée de 24 escadrons de cavalerie sur 5 lignes.
L'aile droite est composée de 23 escadrons de cavalerie sur 5 lignes, la première ligne comprenant un peloton de mousquetaires. A l'extrême droite, un bataillon d'infanterie (Montgomery-Duras).

mercredi 27 octobre 2010

Tercio de Saint-Amour - Groenlo 2010

Votre serviteur au milieu des piquiers du tercio, dans les rues de Groenlo.

Here i am, with the pikemen of Saint-Amour's tercio, in Groenlo.



Les mousquetaires du tercio de Saint-Amour au combat.

Et le tercio en tête de la colonne défilant dans Groenlo.

mercredi 15 septembre 2010

Cardinal-Infant's lifeguards in 1634 (II)


Le Viaje del Infante Cardenal Don Fernando de Austria, publié en 1635, nous décrit aussi le guidon du Cardinal-Infant ou d'une de ses deux compagnies de gardes du corps :
Yva delante la compania de la Guarda de arcabuzeros a cavallo con su capitan el marques de Orani, muy montada y armada ; luego siguio la luzida tropa de la Corte con zu Alteza, y tras su persona imediatamente enarbolado el guion, que era de seda carmosi bordado todo de oro, tenia de la una parte un Christo crucificado, y de la otra, nuestra senora de la concepcion. Tras el yva la compania de la guarda de lanças.

La compagnie de la garde des arquebusiers à cheval marchait devant, avec son capitaine le marquis d'Oran, bien monté et armé. Puis suivait la cour avec son Altesse, et après sa personne était arboré le guidon, tout de soie cramoisie toute bordée d'or, avec d'un côté un Christ crucifié, et de l'autre notre dame de la conception. Puis suivait la compagnie de lanciers de la garde.

The company of arquebusiers of the guard was in front, with his master the Marquese de Orani well mounted and armed. Then followed the court with his Highness, and after him the guidon was raised, all of crimson silk bordered with gold, with a crucified Christ on one side, and our lady of conception on the other. Then followed the company of lancers of the guard.

J'ai essayé de le reproduire d'après ces indications. Voici ce guidon.

I've tried to reproduce this cavalry standard. Here it is.


Cardinal-Infant Ferdinand's lifeguards, in 1634 (I)


Le Cardinal-Infante Ferdinand emmena avec lui 2 compagnies de gardes du corps (une de lanciers et une d'arquebusiers à cheval) dans son "voyage" de 1633-34 qui le mena à Nördlingen.
Ces deux compagnies étaient alors commandées par le marquis d'Oran (el Marques de Orani) et comptaient à elles deux, 230 chevaux. En mai 1634, alors que le Cardinal-Infant est à Milan, le chroniqueur dit que ces deux compagnies comptaient 150 hommes chacune et qu'elles étaient constituée en majorité de bourguignons. Contrairement aux deux compagnies de Gardes du corps de Wallenstein (pour lui aussi, une compagnie de lanciers et une d'arquebusiers à cheval), K.A Wilke ne les a pas représentées. (Ci-dessous : le Cardinal-Infante par K.A Wilke).

There were 2 companies of lifeguards with the Cardinal-Infant at Nördlingen. One of lancers and one of mounted arquebusiers, the two units under the marquis of Orani. The two companies number 230 horses at Nördlingen. These companies number 150 men each, some time earlier, in may 1640, and these were mainly from Burgundy. K.A Wilke don't illsutrate these guards but here his waterpainting of the Cardinal-Infant.



























Mais heureusement, il existe quelques descriptions de la livrée dont étaient revêtus ces deux compagnies.
La relation du "Voyage du cardinal-Infante" publiée en 1635, en Espagnol nous apprend que les cavaliers étaient revêtus de la livrée de son Altesse, de velours cramoisi avec de nombreuses passementeries d'or (de terciopelo carmesi con muchos passamanos de oro).
Cette description est malheureusement trop brève... Il en existe une autre, française, décrivant l'arrivée du Cardinal Infante à Bruxelles, le 2 novembre 1634, passage que j'ai déjà rapporté dans un autre article :
Il avait 100 gardes tudesques, vêtus de ses livrées qui étaient moitié de velours et moitié de taffetas jaune à bandes garnies de cette couleur, mêlée de tané & ginjolin (nuance de rouge).
Mais la description est différente et il s'agit-là à priori d'une description de la livrée des gardes du roi Philippe IV, gardes allemands, et non des gardes, et donc de la livrée, du Cardinal-infant.

I have yet reproduce a french account of the livery of these guards, in a previous post, but i think this account describes the livery of king Philip IV and not that of Cardinal-Infant :
"There were a hundred german guards, dressed in his livery, which was half velvet and half yellow silk belt adorned with braiding, houppées of this color mixed with tané & ginjolin, (a kind of red) and walked up to him with their drums."
In a spanish account, wich seems more accurate, these guards are said to be "de terciopelo carmesi con muchos passamanos de oro" that is to say in crimson velvet with gold trimings.
And here is, below, the coat-of-arm of Cardinal-Infant, from Wikipedia source.

Enfin, pour compléter ce dossier, vous trouverez ci-dessous une reproduction des armoiries du Cardinal-Infante, trouvée sur Wikipedia.

jeudi 3 juin 2010

Les Tercios Espagnols 1600-1660















L'ouvrage de pierre Picouet, Les Tercios Espagnols 1600-1600 est désormais disponible en pré-commande chez LRT Editions. Uniquement en français (malheureusement)
Sadly, only available in french.

Cet ouvrage porte sur les Tercios Espagnols au XVIIe siècle et leurs principales campagnes, jusqu'au traité des Pyrénées ; Mais aussi et surtout les hommes qui les constituaient : leur recrutement, leur équipement, et la vie quotidienne de ces hommes qui furent craints et respectés partout en Europe.

Pour la plupart des lecteurs, l’histoire militaire de l’Espagne du XVe siècle au XVIIe siècle est méconnue. Pourtant la révolution militaire, telle que décrite par G. Parker (1991), a bien été initiée et développée en Espagne et en Italie, souvent à l’initiative des rois d’Espagne comme Ferdinand le Catholique et surtout Charles Quint. Il n’est alors que justice que de parler des soldats espagnols, issus des Tercio Viejo de Infanteria, cette redoutable infanterie qui était la force d’intervention de la monarchie espagnole des XVIe et XVIIe siècles.

Attention, tirage limité à quelques centaines d'exemplaires !










vendredi 28 mai 2010

Tercio de Saint-Amour

Le Tercio de Saint-Amour est un Tercio Viejo Franc-Comtois (Bourguignon) levé en 1581. Il aurait combattu à Rocroi. Philippe de la Baume, marquis de Yennes en est le mestre de camp lors de cette bataille (1643).
Les photos ci-dessous ont été prises à Sully sur Loire (mai 2010). La Compagnie de la Courbière (Franche-Comté,) aidée sur ces photos de la Compagnie du Duché de Savoie (Annecy), reconstituent ce Tercio Viejo. Merci aux membres de ces deux compagnies qui effectuent un travail superbe !

The Tercio of Saint-Amour is a unit from Franche-Comté (Bourgogne) raised in 1581. It would have fought at Rocroi. Philippe de la Baume, Marquis de Yenne, was the mestre of camp of this Tercio in the time of Rocroi.
The photos below were taken at Sully sur Loire (May 2010). Thanks to the Compagnie de la Courbière (a reneactment group from Franche-Comté) and the Compagnie du Duché de Savoie (from Annecy, Savoy) who was incorporate in the ranks of this Tercio during Sully exhibition !




































































Liens / links :
Compagnie de la Courbière / Tercio de Saint-Amour
Compagnie du Duche de Savoie

vendredi 27 novembre 2009

Casaques / Cassocks

La guerre de trente ans vit l'apparition de la notion d'uniforme. Mais il ne s'agissait pas d'uniformes comme on les vit apparaître à partir des années 1660 : certaines unités (en général les unités d'élites) se distinguaient par la couleur et les motifs de leurs casaques. On connait ainsi les couleurs des casaques des Mousquetaires du Roi et des Gardes du Cardinal, puis du régiment Cardinal-duc, ainsi que celles des gardes de Wallenstein par exemple. Voici deux autres exemples de cette pratique : les Gardes de Monsieur et les Gardes du Cardinal Infant.

The Thirty Years War saw the emergence of the concept of uniform. We know well the colors of the cassocks of the King's Musketeers and the Cardinal's Guards, and those of Wallenstein's Guards. Here are two others examples : Monsieur's Guards and the Cardinal Infant's Guards.


Uniforme des gardes de Monsieur en 1626 :
"Monsieur eu quatre-vingt Gardes Français portant casaques & bandoulières de velours de ses livrées, leurs casaques chargées devant & derrière de ses chiffres en broderie rehaussée d’or.
Il eut aussi vingt-quatre Suisses qui marchaient devant lui, les dimanches & autres jours de fêtes, tambour battant, encore que le Roy fut à Paris ; mais il ne se trouvait pas aux lieux où était Sa Majesté."

"Mr. had eighty French Guards wearing velvet casaques & straps of his liveries, their cassocks loaded front and back with its figures decorated with gold embroidery."

Source : Mémoires contenant ce qui s’est passé en France de plus considérable depuis l’an 1608 jusqu’en l’année 1636.

Garde du Cardinal Infant en 1634 :
"Le Cardinal Infant était arrivé à Bruxelles dès le 2 novembre 1634 & afin de rendre son entrée plus célèbre, s’était fait accompagner par dix mille chevaux armés de toutes pièces, tant de l’Armée de Flandre, que de ceux qu’il avait amenés d’Allemagne. Il avait cent Gardes Tudesques, vêtus de ses livrées, qui étaient moitié de velours & moitié de taffetas jaune à bandes garnies de passement, houppées de cette couleur, mêlée de tané & ginjolin, & marchaient au devant de lui avec leurs timbales. Il était vêtu en cavalier à la française, portant le même habit qu’il avait à la bataille de Nordlinguen."

"There were a hundred german guards, dressed in his livery, which was half velvet and half yellow silk belt adorned with braiding, houppées of this color mixed with tané ginjolin, and walked up to him with their drums."

Source : Mémoires contenant ce qui s’est passé en France de plus considérable depuis l’an 1608 jusqu’en l’année 1636.

mercredi 2 septembre 2009

The battle of Avin (may, 1635)



La bataille d'Avin fut la première bataille opposant la France et l'Espagne, suite à la déclaration de guerre de 1635. Ce premier choc, qui eut lieu dans la région de Liège, fut une victoire française.

The battle of Avin was the first battle between France and Spain, following the declaration of war of 1635. This first clash, wich take place near Liege, will be a french victory.


La bataille d’Avin (22 mai 1635) d'après plusieurs comptes rendus contemporains.

“Le prince Thomas avait campé l’armée d’Espagne comprenant 12.000 hommes de pied, 3 à 4.000 chevaux, grand nombre de pionniers et 16 canons, le long d’un grand rideau, dans un vallon couvert de grosses haies et bordé de précipices ou de chemin creux. Le comte de Féria était son lieutenant-général ; le comte de Buquoy commandait ses 40 cornettes de cavalerie.” Bernard.
L’armée de Picardie comptait 20.000 fantassins et 7.000 chevaux divisés en deux brigades (sous les maréchaux Brezé et Châtillon).

“Le prince Thomas avait un poste fort avantageux ; son infanterie était à l’abri dans le vallon, derrière les haies ; ses canons bien placés. Dans la plaine où nos gens devaient passer, 150 cavaliers se préparaient à engager l’escarmouche, puis à tourner le dos pour se faire poursuivre jusque dans le vallon où l’infanterie espagnole était embusquée. Brézé ne s’en inquiéta pas et, à la tête de sa brigade, il chargea cette infanterie avec une hardiesse sans pareille. Cependant la décharge des 16 canons et les grandes salves de la mousqueterie épouvantèrent tellement les chevaux des premiers escadrons français, qu’ils se renversèrent sur les bataillons. La cavalerie espagnole s’apprêtait à profiter de ce désordre, quand Brézé rallia ce qui avait plié et fit volte-face.” Richelieu

“Le lendemain (19 mai 1635) toute l’armée fit une traite extraordinaire, et alla prendre ses quartiers aux environs de Freteur. Ce qui fit que les Français gagnèrent le devant, et empêcha qu’ils ne fussent coupés par l’armée du Prince Thomas, qui était composée de dix mille hommes de pied, et de trois mille chevaux. le sieur de la Meilleraye voyant l’armée ennemie proche de son quartier, rallia les troupes près de lui si à propose, que les ennemis n’osèrent attaquer, et donna avis aux Maréchaux de Châtillon et de Brezé qu’ils s’approchaient avec de grandes forces. Aussitôt lesdits sieurs Maréchaux, logés à demi-lieue l’un de l’autre, montèrent à cheval chacun de son côté, et se joignirent en une plaine pour aller avec bon ordre vers ladite armée du Prince Thomas ; laquelle avait pris un poste fort avantageux, ayant placé toute leur infanterie dans un petit vallon couvert de grosses haies, où ils avaient mis toute leur mousqueterie avec 16 pièces de canons, soit bien placées, et avaient avancé 1500 chevaux dans la plaine par où les Français allaient pour les attirer dans le gros de leur infanterie qu’ils tenaient cachée dans ce vallon. Ce qui empêcha d’abord les Français de bien reconnaître leurs forces ; le reste de leur cavalerie était dans une autre campagne par delà le vallon derrière leur infanterie. Les Maréchaux de Châtillon et de Brezé et le sieur de la Meilleraye s’avancèrent pour reconnaître leur contenance, et résolurent, après avoir consulté, d’aller droit à eux. Le Maréchal de Châtillon donna ordre audit sieur de la Meilleraye de faire venir douze pièces de campagne pour mettre à la tête des bataillons Français. Ce qu’il exécuta promptement.
La plaine par laquelle ils marchaient étant assez large pour mettre les deux brigades de front, le Maréchal de Brezé ayant l’aile droite de l’armée avec toutes ses troupes ensemble, et le Maréchal de Châtillon la gauche, avec une partie des siennes seulement, ils avancèrent en très bon ordre, l’infanterie au milieu, et la cavalerie sur les ailes ; et pressant les ennemis, leur cavalerie qui était avancée se retira vers celle qui était derrière leur infanterie, laissant deux escadrons à côté de l’infanterie de main droite, et leurs carabins à côté desdits escadrons. L’aile droite qui était plus proche des ennemis, alla donner hardiment dans le corps de leur infanterie ; et les escadrons Français de main droite s’avancèrent aussi contre ceux de l’ennemi, le Maréchal de Brezé à la tête leur montrant le chemin. Quelques uns de ses escadrons ayant été surpris de la grande décharge des carabins et mousquetaires des ennemis, et leurs chevaux épouvantés du bruit et de la fumée de leurs canons, furent renversés sur des bataillons de l’infanterie qui les mirent en désordre : mais cela n’empêcha pas que le Marquis de Tavannes, à la tête des compagnies des sieurs de Vientes, la Luzerne, Lenoncourt, d’Aumont, la Ferté-Seneterre, Isaut, Beauregard-Champrou, Bouchavanes et la Claviere, avec une partie de leurs escadrons, n’enfonça la cavalerie des ennemis qui était de leur côté. Le sieur de Chamacé se trouva parmi eux, où il se fit signaler par son jugement et courage.
Le Maréchal de Brezé rallia ses bataillons qui avaient été en désordre, et les envoya attaquer l’infanterie des ennemis qui était à gauche de leur canon, laquelle ils emportèrent ; pendant qu’il les soutenait avec le reste de la brigade qui n’avait point passé, qu’il avait remis en ordre et que le sieur de Monsolins mena.
Le Maréchal de Châtillon étant à la tête de l’aile gauche, voyant les bataillons des ennemis qui étaient à main droite de leur canon, en bon ordre et en état de faire résistance, fit commandement au régiment de Champagne de les attaquer , le Marquis de Varénes à la tête, la pique à la main, leur montrant le chemin de bien faire. Ils y allèrent avec tel ordre et courage, qu’ils battirent d’abord un régiment Espagnol, et le régiment du Prince Thomas. les régiments de Plessis-Praslin, Longueval, Genlis, Lusignan et Cy donnèrent ensuite, et achevèrent de mettre en route l’infanterie des ennemis ; et notre cavalerie de main gauche, le sieur Lambert Maréchal de Camp à leur tête, avec les compagnies des sieurs Moulinet, Brouilly, Cluy, Hocquincourt, Fourille, Comte d’Ayent, Aubais, Saint-Martin, Asserac, Belin, et les compagnies de carabins d’Arnaut, Bideraut, Maubuisson, Villars, couplées en escadron, ne perdirent point le temps d’aller droit à la leur, selon l’ordre qu’en avait donné le Maréchal de Châtillon ; et y allèrent avec telle hardiesse, que 1500 chevaux des ennemis ployèrent devant eux aux premiers coups de pistolet ; et l’escadron de Moulinet trouvant un régiment des ennemis qui commençait à se rallier, le tailla en pièces. Les Ducs de Mercoeur se trouvèrent à cette charge, où ils firent paraître leur courage, s’y étant portés très généreusement.
Il n’y eut plus qu’à poursuivre la victoire et à tuer. La compagnie de gendarmes et celle de chevaux légers de Monsieur demeura pour le gros de réserve, le sieur de la Ferté-Imbaut à leur tête, la contenance ferme de cet escadron donnant de l’effroi aux ennemis, sans toutefois combattre. Le sieur de Chastelier Barlot étant demeuré au quartier du Maréchal de Châtillon par son ordre très exprès, pour assembler le reste des troupes de sa brigade, ne manqua de s’avancer après le plus diligemment qu’il peut (1) ; mais il ne vint qu’après le combat achevé. Il ne laissa pas d’arriver à propos. Car si les ennemis eussent fait plus de résistance ou se fussent ralliés, ce nouveau renfort eût bien aidé.
il est à remarquer en cette occasion que le Grand Maître de l’Artillerie fit aussi généreusement et judicieusement qu’un capitaine saurait faire, s’étant mis à l’aile droite, et partout où il y avait du péril. Les sieurs de Saint-Florent et de Beauregard-Blanchefort y servirent dignement et courageusement, portant avec promptitude et diligence les commandements aux troupes de l’aile gauche ; comme aussi les sieurs d’Espenan, de Monsolins, et de la Fitte de leur côté; Les Marquis de Boisy, de Narmontier, de Hautefort, le Comte de beaumont, Chenoise qui y fut tué, le fils de Launay, Hercour, neveu du sieur Medan, firent très bien courageusement. Comme aussi le sieur de Charnassé, le Marquis de Tavannes qui fut légèrement blessé d’une mousquetade au visage, les sieurs Lambert, de Moulinet et d’Alexis, de la Luzerne, Lenoncourt, d’Aumont, la Ferté-Seneterre, des Roches, Saint-Quentin, des Roches-Baritaut, d’Insaut, Beauregard, Gadaigne autrefois Champron, celui-ci blessé légèrement de trois coups et son cheval d’autant, Lansac, Praslin, Francieres, Bouchavanes, la Claviere, Viantes blessé légèrement au visage et deux chevaux tués sous lui, Brouilly Aubayes, terrail, Cambon, Assarac, Vatimont, Tivolieres, Beauveau, Saintois, Vances capitaine des Gardes du Maréchal de Brezé, le Comte de Tonnerre, Marquis de Varenne, Calonge, Bellebrune, Genlis, Polignac, Castelnau, la Mothe-Odancourt et plusieurs autres, s’y rendirent remarquable par leur courage et jugement. Les volontaires y firent encore parfaitement bien, entre autres les Ducs de Mercoeur et de Beaufort, les Prince de Marsillac, Comte de Cursol, Beaumont, Bully, Guinancourt et Barches, du Puy qui y fut tué. Les sieurs de Grateloup Montalet, et Chevalier de Monsolins qui menaient les Enfants perdus de Piémont, méritent bien d’être particulièrement remarqués ; car après avoir fait faire leur décharge à bout-portant, encore qu’ils vissent quelque désordre à leur main droite, ils ne laissèrent pas de se mêler à coups d’épée.
Il y demeura des ennemis sur le champ et sur le chemin de leur fuite 4.000 morts, toute leur artillerie prise, avec tous leurs drapeaux, et quelques cornettes aussi (2), et cent cinquante mille patagons. Le Comte de la Faira fils du Comte de Benevent, gouverneur d’Anvers, le Comte Vuilleruad Lieutenant de l’artillerie, le colonel Alonse Ladron Espagnol, le colonel Sfondrate italien, le colonel Brons Anglais, Dom Carlos d’Autriche fils bâtard de l’Archiduc Leopold furent pris prisonniers, et quantité d’autres.
Le Prince Thomas se sauva de bonne heure. Le Comte Buquoy se retira lui quatorzième dans Namur, après avoir tué deux chevaux sous lui.
En tout cet heureux exploit les Français n’y perdirent que 200 hommes de pied et environ 60 maîtres. Il y eut force officiers du régiment de Champagne blessés, deux capitaines, cinq lieutenants, et un enseigne ; du régiment de Piémont un lieutenant mort, et cinq ou six autres officiers blessés ; le sieur de Beauregard-Champrou ci-devant nommé fut blessé en deux ou trois endroits, et entre autres d’un coup de pistolet au bras gauche.
La plaine où la bataille fut donnée s’appelle Avein, à cause du bourg ou village proche ainsi nommé, entre ledit bourg d’Avein et Ochen, derrière la ville de Hoye au pays de Liège. Le combat dura depuis environ midi jusqu’à 5 heures du soir. Les régiments de la Meilleraye, Maréchal de Brezé, Castelnau, Saucourt et Calonge secondèrent de leur côté fort courageusement. Le régiment de Piémont, surtout les officiers s’y portèrent très dignement. Les autres régiments qui les soutenaient firent bien leur devoir en demeurant fermes dans leur place ; mais ils n’eurent pas l’ordre ni le temps d’aller au combat, étant demeurés pour troupes de réserve, en cas qu’il y eut plus de résistance.” Le Mercure François

(1) La réserve de Chastelier-Barlot comptait 4.000 fantassins et 1.000 chevaux.
(2) 30 drapeaux et 10 cornettes.

(Below : d'Artagnan dressed like a chevau-léger)