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jeudi 17 avril 2014

Maréchal de Châtillon's army, may-june 1639


Here are two very interesting states of the Army of Picardy, under command of the Marechal de Châtillon, in may and june 1639.
These two states are interesting because they supplement each other. The second one enlighten on the part of the cavalry which is armed (with pot and breastplate) or not armed.

Voici deux états de l'armée de Picardie du maréchal de Châtillon, en mai et juin 1639. Le second est tout particulièrement intéressant puisqu'il éclaire sur l'état d'équipement des compagnies de cavalerie (armées du pot et de la cuirasse ou non armées).


État de l’Armée du Roy commandée par Monsieur le Maréchal de Châtillon, du vingt-septième May mil six cent trente neuf.

INFANTERIE

 - Gardes, 10 compagnies.
 - Maréchal de Brezé, 20 compagnies.
 - Genlis.
 - Roncheroles.
 - La Saludie.
 - Verveins.
 - Mignieux.
 - Le Vidame.
 - Aubeterre.
 - Biscaras.
 - Longueval.

CAVALERIE

- Gendarmes de Monsieur.
- Gendarmes de Guiche.
 - Régiment de chevaux-légers du Comte d’Alais (11 compagnies). Compagnies Colonelle, Lauriere, Saint-Germain Beaupré, La Force, Angoulême, Francieres, La Pierre, La Courbe, Châtillon, Vieupont, Naucourt (Mousquetaires).
 - Régiment de chevaux-légers de Guiche (9 compagnies) : Compagnies de Guiche, Saint-Megrin, Hailly, Roquelaure, Linville, Ayen, Dorthe, Recy (Mousquetaires), Beaufort (Mousquetaires).
 - Régiment de chevaux-légers de la Ferté-Imbaut (8 compagnies) : Compagnies Ferté-Imbaut, Marainville, La Sale, Mosny, Choiseul, De Fontaine, Du Flos (Mousquetaires), Monchaton (Mousquetaires).
-  Régiment de chevaux-légers de Brouilly (9) : Compagnies Brouilly, Potiniere, Esclamviliers, Grand-pré, Baron de Brouilly, Chevrieres, Buqueville, et deux compagnies de mousquetaires (nom des capitaine manquant).
 - Régiment de chevaux-légers de Gesvres (8 compagnies) : Compagnies Gesvres, Bourry, Bazoche, Bouflers, Querieux (ou Curieux), Langtot, Du-Val (Mousquetaires), La-Pierre (Mousquetaires).
 - Régiment de chevaux-légers de Cursol (6 compagnies) : Compagnies Cursol, La Coste, La Fare, Puizol, Roquefou, Verdié.
 - Régiment de cavalerie étrangère Baron d’Egenfeld.
 - Régiment de cavalerie étrangère de Fittingost.
 - Régiment de cavalerie étrangère de l’Eschelle.
 - Régiment de cavalerie étrangère de Rucon.
 - Régiment de cavalerie étrangère de Sirot (3 compagnies).
 - Compagnies de carabins Recy et Monsou.


Extrait de la revue des troupes, tant de cavalerie que d’infanterie de l’Armée du Roy, commandée par Monsieur le Maréchal de Châtillon.

INFANTERIE

 - Gardes 10 compagnies : 1200 hommes, compris 100 mousquetaires envoyés à Rocroy.
 - Maréchal de Brezé, 20 compagnies, 1100 hommes.
 - La Saludie, 11 compagnies, 600 hommes.
 - Le Vidame, 19 compagnies, 700 hommes.
 - Longueval, 18 compagnies, 750 hommes.
-  Mignieux, 17 compagnies, 700 compris les 50 envoyés à Rocroy.
 - Monmège, 250 hommes.
 - Verveins, 20 compagnies, 900 compris 200 à Cateau et 50 à Rocroy.
-  Roncheroles, 19 compagnies, 800 hommes.
 - Genlis, 19 compagnies, 700 hommes.
 - Suisses, 3 compagnies, 400 hommes ; On attend pour joindre à ce corps la compagnies du colonel Molondin de 150 hommes.

Les régiments de Biscaras, d’Aubeterre et de Saint-Aubin sont absents.

Total de l’infanterie 8100 hommes. C’est sans comprendre les officiers.

CAVALERIE

- Gendarmes de Monsieur, 166 (maîtres).
- Gendarmes de Guiche ne sont arrivés.
- Régiment de chevaux-légers Colonel (Comte d’Alais, 12 compagnies) : Compagnies Colonelle (78 armés), Châtillon (50 attend recrue non armés), La Force (60 armés), Saint-Germain Beaupré (69 armés), Angoulême (67 armés), La Pierre (60 non armés), La Courbe (24 non armés), Francieres (58 non armés), Laurieres (44 non armés), Vieupont (64 arrivent aujourd’hui), Viantais (63 partie armés), Mousquetaires (de Naucourt, 61 de sac d’épée). Total du régiment : 699.
- Régiment de chevaux-légers de la Ferté-Imbaut (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (65), Marainville (67), La Salle (65), Mosny (66 armés), Choiseul (71), Des Fontaines (71), Du Flos (Mousquetaires 60), Monchaton (Mousquetaires 68). Total du régiment : 533.
- Régiment de chevaux-légers de Guiche (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (80), Saint-Megrin (48 non armés), Roquelaure (73), Dorthe (67 armés), Linville (absents), Ayen (absents), Heilly (36 n’ayant point eu de recrue à cause du capitaine), Mousquetaires (66). Total du régiment : 370.
- Régiment de chevaux-légers de Cursol : En tout 200 Maîtres non armés, les recrues ne sont arrivées.
- Régiment de chevaux-légers de Brouilly (7) : Compagnies Brouilly père (70), Brouilly fils (33), La Potiniere (55 armés), Esclamviliers (51), Grand-pré (58), Chevrieres (absents), Buqueville (absents). Total du régiment : 267 maîtres.
- Régiment de chevaux-légers de Gesvres (8 compagnies) : Compagnies Maître de Camp (57 armés), Bourry (70), Bazoche (63), Curieux (63 non armés), Langtot (63 non armés), Bouflers (68), Mousquetaires La-Pierre (absents), Mousquetaires Du Val (54). Total du régiment : 438 maîtres.
- Carabins : Compagnies de Recy (50) et Monsou (55). Total : 105 carabins.

Total de la cavalerie française : 2778.

CAVALERIE ETRANGERE

- Régiment d’Egenfeld : 2 compagnies (148 armés), Boucy compes (60 non armés).
- Régiment de Bussy-Helmoru (5 compagnies) : Compagnies Colonelle (56), Buy (54), Raucourt (63), De Guerre (69), Balensac (52). Total du régiment : 294.
- Régiment de L’Eschelle : 6 compagnies (250 maîtres non armés, n’ont point eu de recrue).
- Régiment de Sirot (3 compagnies) : Compagnies Colonelle (60 non armés), Mommenet (32 armés), Major (7 armés). Total du régiment : 162 maîtres.
- Régiment de Fittingost : 6 compagnies (400 maîtres non armés).

Total de la cavalerie étrangère : 1314.
Total de la cavalerie tant française qu’étrangère : 4092 chevaux.

Fait à Vervins le 9 juin 1639.
Signé Châtillon.

Source : Histoire de la maison de Coligny.




Ci-dessus : combat de cavalerie. Gravure de Stefano Della Bella.

dimanche 10 mars 2013

Bernard von Saxe-Weimar cavalry, july 1635



Liste de la cavalerie du Duc Bernard de Saxe Weimar, le 12 juillet 1635.
(Source : Gazette extraordinaire n°102 du 26 juillet 1635)

Ayant été le 12 de ce mois compté plus de huit mille chevaux effectifs du Duc de Weimar, en voici la liste que le Vicomte de Roussille a apporté.

Le seigneur de Bouillon colonel du régiment de son Altesse de Saxe-Weimar, à 6 cornettes faisant 600 chevaux.
Le Rhingrave, lieutenant-général de la cavalerie, 12 cornettes faisant 800 chevaux.
Doubald colonel (Taupadel ?), 5 cornettes faisant 300 chevaux.
Le Landgrave Jean de Darmstadt, 7 cornettes faisant 600 chevaux.
Plato, 8 cornettes faisant 400 chevaux.
Canofsky (Kanoffsky), 8 cornettes faisant 500 chevaux.
Ossiect, 7 cornettes faisant 500 chevaux.
Oem (Ohm), 8 cornettes faisant 600 chevaux.
Pekerman, 7 cornettes faisant 300 chevaux.
Rose (Rosen), 4 cornettes faisant 200 chevaux.
Wrangel, 4 cornettes faisant 250 chevaux.
Brink (Brinck), 8 cornettes faisant 400 chevaux.
Stenaker, 4 cornettes faisant 200 chevaux.
Obr. Wachtmeister, 5 cornettes faisant 350 chevaux.
Horn, 8 cornettes faisant 400 chevaux.
Forbur (Forbus), 7 cornettes faisant 450 chevaux.
Calembach, 7 cornettes faisant 300 chevaux.
Bodendorf, 7 cornettes faisant 350 chevaux.
Et trois autres colonels faisant 850 chevaux.
Somme : 8350 chevaux.

Son infanterie est en garnison dans Mayence, Francfort, Frankendal, Caseloutre, le château d’Heidelberg, Manheim et autres places du bas Palatinat, ne s’étant réservé que les régiments d’un des Batilly, du duc de Wurtemberg et du colonel Limbach, faisant 3 à 4000 hommes. C’est l’une des plus vieilles milices d’Allemagne, laquelle jointe aux 10 à 12 000 Allemands du sieur de Feuquières et à la puissante armée du Cardinal de la Valette, fera plus de la moitié de la peur au général Galas.


Bernard de Saxe-Weimar (1604)

lundi 23 janvier 2012

French chevaux-legers & carabins from 1628 to 1636

Évolution des chevaux légers et carabins français entre 1628 et 1636.

Cette reproduction du siège de Privas montre bien l'équipement des chevaux légers français en 1629. J'ai détaillé le processus qui amena "l'allègement" de l'armure du cavalier français entre 1630 et 1636 dans mon livre "La bataille d'Avein". Et en voici une version plus visuelle !

This reproduction of the "Siege of Privas" shows the armour of french light horse in 1629. I have detailed the process that brought the french horseman to a lighter protection, between 1630 and 1636. Here is a more visual  account !

 Ci-dessous (below) : chevau-leger (in fact, a carabin) in 1629-33.
  Ci-dessous (below) : chevau-leger (in fact, a carabin) around 1634-35.
   Ci-dessous (below) : chevau-leger (in fact a carabin) around 1635-36.

But french horsemen tend to throw away all their armour, behavior forbidden by numerous ordinances ! Below : some french officers at the siege of La Rochelle (1628).
Mais les cavaliers français avaient tendance à se débarrasser de leurs armures, comportement combattu par de nombreuses ordonnances les rappelant à l'ordre !
Ci-dessous : officiers français au siège de la Rochelle, en 1628.


dimanche 8 janvier 2012

French cavalry standards - Étendards de cavalerie française

Il existe peu de représentations d'étendards de cavalerie française. Voici quelques exemples que j'ai pu collectés.
There is few informations on french cavalry standards of the TYW. Here are a few examples i found. There was hundreds of cavalry companies during the TYW and it is therefore likely that each mestre de camp exhibited standards with his colors (his coat of arms).

Chaque mestre de camp était libre de choisir les motifs de l'étendard de sa compagnie. Et les compagnies de cavalerie étaient nombreuses ! Il est donc fort probable que la plupart des mestres de camp exhibaient un étendard à leurs couleurs, avec leurs armes.


Some standards in 1627 (from Abraham Bosse) - Quelques étendards en 1627 (gravure d'Abraham Bosse)




Ci-dessus :

Some companies of Chevau-legers at the storm of Privas (1629).
Quelques compagnies de chevau-légers au siège de Privas (1629).




Ci-dessus :

Compagnies de chevau-légers au secours de Casals (1630).  Mais ils sont difficilement identifiables. On reconnait néanmoins un étendard des Gardes (en haut à gauche) aussi présent sur le tableau de Privas (fond bleu, croix blanche avec un lys or dans chaque quart).

Some Chevau-légers companies at the rescue of Casal (1630). But the smallness of the details (or the low definition of the picture), don't allow us to see the details.

Étendards de la maison du Roi.

Standards of the king house.

Une gravure représentant Rocroi (1643). L'étendard de gauche est Espagnol (un cuirassier espagnol tente de le défendre) mais celui de droite est peut-être Français (ou appartenant à un Espagnol en fuite).
From an engraving depicting Rocroi (1643). The one on the right is possibly french (not sure, perhaps a spanish horse fleeing). The french come from the left and one french horseman is trying to take a spanish color.




Et pour finir, les couleurs du régiment de cavalerie de Turenne (1644-45), d'après K.A Wilke :
And the standard of Turenne cavalry regiment (1644-45) :
 
Et une interprétation de l'étendard du régiment Cardinal-Duc, aux armes du Cardinal de Richelieu (1640-43) selon E. Leliepvre :
And the standard of Cardinal-Duc regiment according to E. Leliepvre (1640-43) :

mercredi 28 décembre 2011

Règlements pour compagnies d'ordonnances 1574-1600

(Cuirassier vers 1590-1600 par J. de Gheyn, Leger museum)

Quelques règlements portant sur les gendarmes des compagnies d'ordonnances françaises, de 1574 à 1600 :
Some regulations for the gendarmes of the french compagnies d'ordonnances (from 1574 to 1600) :

Ordonnance de Charles IX, 1574 et d’Henri III, février 1584 : Des capitaines, lieutenants & autres membres des compagnies des gendarmes des ordonnances.
I- Ne seront données aucunes compagnies de nos gendarmes, sinon à gentilshommes signalés, âgés de vingt-cinq ans, pour le moins, & qui auparavant auront été capitaines de chevaux légers, ou guidons, enseignes de gens d’armes, ou qui auront été gendarmes, chevaux légers, ou capitaines de gens de pied, par le temps & espace de six ans continuels.
II- Pourront néanmoins lesdites compagnies être données aux princes qui auront atteint l’âge de dix-huit ans, & non auparavant.
III- Quant aux membres des compagnies de notre gendarmerie, ne pourront être donnés qu’à gentilshommes qui nous auront fait service à nos ordonnances, pour le moins, trois ans continuels, ou été capitaines de chevaux légers.
IV- Ne pourront les colonels, ou maîtres de camp de gens de pied, général, ou capitaine des galères, avoir compagnies de gendarmes.

Ordonnance de Charles IX, 1574 et d’Henri III, février 1584 : Des hommes d’armes des ordonnances.
I- Ne pourra aucun être gendarme, qu’il n’ait été archer ou cheval-léger un an continuel, ni être archer, qu’il ne soit extrait de noble race.
II- Voulant que faisans par les commissaires, & contrôleurs ordinaires de nos guerres, les monstres de notre gendarmerie, ils n’aient, sur peine de privation de leurs états, à enrôler, ne passer aucuns pour hommes d’armes, & archers, s’ils ne sont gentilshommes vivant noblement, ou qu’ils nous aient fait service en notre infanterie, commandants en titre de capitaine, lieutenant, enseigne, ou sergent major, pour le moins l’espace de six ans, dont ils feront apparoir par certification suffisante. et que ceux qui voudront entrer en place d’homme d’armes, soient agés de vingt à vingt et un an, & archer, de dix sept ans au moins.
(…)

Ordonnance de Charles IX, 1574 et d’Henri III, février 1584 : De l’équipage auquel doivent être les gens d’armes des ordonnances
I- Pour déterminer l’équipage avec lequel seront tenus être & comparaître les gens de nos ordonnances, pour nous faire service ; Voulons l’homme d’arme être armé d’armet, ou habillement de tête, fermé (sans y recevoir aucun morions, encore qu’ils eussent bannière), bon corps de cuirasse, brassards ou avant-bras, tassettes, cuissots, avec les genouillères, & devant de grèves, bonne & forte lance, l’estoc & l’épée d’armes, la selle armée devant & derrière, avoir deux bons chevaux de service, dont l’un sera bardable, portant le chanfrein, & le devant de bardes avec les flancards de cuir bouilli. Et aura encore pour le moins un courtaut, ou cheval de bagage, sans qu’il lui soit permis mener avec soi aucune charrette.
II- L’archer portera armet, ou bourguignotte, sans qu’il puisse avoir morion à bannière ; aura bon corps de cuirasse, avant-bras, ou brassards, tassettes, & cuissots, avec une bonne & forte lance, estoc & épée d’armes, & un bon cheval de service, outre celui de bagage, sans qu’il lui soit aussi permis d’avoir aucune charrette.
III- Les simples courtauds, ou haquenées, ne seront passés pour chevaux de service, aux montres en armes de notre gendarmerie.
IV-  Le capitaine résidant à la garnison, & marchant pour notre service, sera tenu avoir douze chevaux, le lieutenant huit, l’enseigne & guidon six, chacun, le maréchal des logis cinq, l’homme d’armes trois, l’archer deux, réservant auxdits capitaines ou chefs, d’avoir trois chevaux ou mulets de bas, ou bien au lieu de ce, une charrette, ou chariot, le lieutenant deux, l’enseigne, & le guidon chacun deux, le maréchal des logis un, & non plus grand nombre.
V- Ne pourrons nosdits gens d’ordonnance, mener,ou faire mener par leurs valets, soit en garnison, au camp ou tout autres lieux pour notre service, plus grand nombre de chevaux (…)
VI- Voulons que nos gens d’armes qui ne seraient en l’équipage susdit, qu’il leur soit fait à la monstre particulière, diminution sur les deniers de leurs gages & solde, de la valeur des armes qui leur défaudront à ladite montre ; comme pour lance, 40 sols, pour la selle d’armes, 15 livres tournois, & pour les autres armes semblables, selon l’arbitrage qui en sera par eux fait. (…)

Ordonnance d’Henri III, aux états de Blois, février 1584 : Des monstres & enrôlements de la gendarmerie.
I- Afin que les compagnies de notre gendarmerie, pour aller à leurs monstres, ne soient contrainte traverser d’un pays à autre ; qui vient à la grand foule de notre peuple : Voulons que les monstres desdites compagnies soient faites ès lieux les plus propres, commodes, & proches de la demeurance des capitaines, & du plus grand nombre des gendarmes. Et à celle-ci, enjoignons aux dits capitaines, de faire & composer leurs dites compagnies de gentilshommes de leurs provinces, & des circonvoisins, au plus grand nombre que faire se pourra. (…)

Ordonnance d’Henri IV, articles 17 et 30. Paris, mars 1600.
« 3- Ceux qui ont porté les armes et été enrôlés ès compagnies d’ordonnances parmi les gens de pied en charge de capitaines en chef,  lieutenant ou enseigne l’espace de vingt ans, dont ils font dûment apparoir, n’ayant pendant ledit temps ni du depuis fait aucun acte dérogeant, jouiront d’exemption et y seront conservés tant et si longuement qu’ils feront ledit service et non plus avant, sinon qu’après avoir servi vingt-cinq ans ès ordonnances ou parmi les gens de pied ès charges susdites, ils aient obtenu nos lettres vérifiées en nos cours des Aides, pour être dispensés dudit service et jouir de ladite exemption leur vie durant, en signe de reconnaissance de leur vertu, et mérite.
4- Et pour le regard des maîtres de camp, capitaines en chef, lieutenants, et enseignes des compagnies des régiments entretenus, seront aussi pris du corps de la noblesse ou bien vieux ou expérimentés soldats ayant suivi les armes dix ans pour le moins, et rendu quelque preuve signalée de leur valeur, dont faisant apparoir qu’ils jouiront d’exemption tant et si longuement qu’ils feront service, sinon qu’ils en soient dispensés par nous en la forme susdite.
Les gens de guerre ont ce privilège que pour leurs dettes, l’on ne peut faire saisir et arrêter leurs soldes et gages entre les mains des trésoriers et payeurs des guerres. Qu’ils ne délaissent le service du roi. »

vendredi 15 janvier 2010

Louis XIII's cavalry of the Guard, 1643
















(King's Musketeers by JOB)

I have already presented the french army in 1648. Here is, from the Mercure François following Louis XIII's death (in 1643), the march order of the household, escorting the king's body... (in french and, below, in english) :

« Les gens de guerre à cheval et les compagnies d’ordonnance de la garde du roi commandés pour accompagner le corps, les archers du grand prévôt, du capitaine de la porte, et autres qui vont à pied avaient été envoyés devant, à demi quart de lieue de Saint-Denis, pour y attendre le convoi, où ledit sieur de Saintot les avertissait de prendre leurs rangs accoutumés, lors que le convoi partit de Saint-Germain aussi en cet ordre.
La compagnie des mousquetaires du roi marchait devant, sans que la caisse battit, le sieur de Treville capitaine à la tête. La compagnie des 200 chevaux légers de la garde allait après, le maréchal Schomberg aussi à sa tête, et sans que les trompettes sonnassent ; Après les ordinaires et gentilshommes servants du roi, contrôleurs, clercs d’offices, maîtres d’hôtel et autres officiers de la maison. (…) Le sieur le Breton roy d’armes et six hérauts avec leurs cottes d’armes et caducée en main, tous à cheval devançaient le chariot d’armes où était le corps du roi ; Aux deux côtés duquel étaient les gardes de la manche à cheval, leurs hallebardes en main pointe en terre, les pages du roi, et plus de quarante valets de pied autour du corps, lesdits pages tenant aussi chacun un flambeau à la main. Le chariot royal était suivi du comte de Charrost capitaine des gardes du corps à la tête de sa compagnie des gardes, et du duc de Saint-Simon premier écuyer, des officiers des gardes du corps, desdits gardes, et des écuyers de la petite écurie. Après marchait la compagnie des 200 gendarmes de la garde du roi, le comte de Saligny et le sieur de Baupuis à la tête. »

« The men of war on horse and the ordonnance companies of the king’s guard ordered to accompany the body, the archers of the grand prévôt (Provost), of the Captain of the door, and others who go on foot had been sent before, an half quarter league from Saint-Denis, waiting for the convoy, where Sir Saintot warned them to take their ranks as usual, when the convoy left Saint-Germain in that order.
The company’s of the king’s musketeers marched in front, without beating the drum, the captain Sir de Treville at his head. The company of the guard’s chevaux légers, 200 strong, went after, Marshal Schomberg at his head, without the trumpet ringing (…) The royal carriage was followed by the count of Charrost, captain of the bodyguard, at the head of his company of guards, and the duke of Saint-Simon, first squire, the officers of the bodyguards and the squires of the small stable. Then marched the company of the king’s guard gendarmes, 200 strong, the count of Saligny and Sir de Beaupuis at their head. »

vendredi 6 novembre 2009

French Army in 1636, an ordinance


(a horseman from E. Meissonier)

L'ordonnance de 1639 présentée récemment a été précédée de plusieurs autres. En voilà une autre, prise en 1636, au moment du siège de Corbie. L'intérêt de celle-ci par rapport à la précédente, c'est quelle donne les raisons de l'abandon de la cuirasse par les officiers et les soldats.


Here is an ordinance, preceding the one of 1639 recently presented, taken in 1636 during the siege of Corbie. This one also gives the reasons for the lack of armor among the officers and soldiers. Louis XIII order to wear - at least - the cuirasse (breastplate) for horsement and the corselet for footmen.


Ordonnance du 14 juillet 1636 pour obliger les gens de guerre à prendre leurs armes allants au combat
Sa Majesté ayant été avertie que les chefs officiers et soldats de ses troupes vont pour la plupart aux occasions de la guerre, même aux assauts et combats, sans avoir les armes qu’ils sont obligés de porter pour la conservation de leurs personnes suivant les ordonnances, et considérant combien il importe de leur faire perdre cette mauvaise coutume qui ne s’est introduite parmi eux que par la vanité de quelques-uns qui ont cru montrer davantage en ce faisant qu’ils n’avaient point d’apprehension du péril, ce qui a fait que plusieurs de la valeur desquels on pouvait attendre de longs et signalés services à l’état sont demeurés en la première occasion où ils ont exposé leur vie. Sa Majesté voulant empêcher la continuation d’un abus de telle conséquence, ordonne et enjoint à tous chefs officiers et soldats de ses troupes tant de cheval que de pied étant dans ses armées ou en garnison dans ses places de frontières de porter ordinairement leurs armes selon la qualité de chacun d’eux, savoir pour les gens de cheval la cuirasse pour le moins, ou pour l’infanterie le corset, et lorsqu’ils seront en faction de s’armer de leurs armes complètes, à peine de désobéissance, mande et ordonne Sa Majesté à ses lieutenant-généraux en ses armées, maréchaux de camp ayant commandement sur ses troupes et gouverneurs de ses places frontières de tenir exactement, la main à la publication et exécution de la présente ordonnance en tous les quartiers et lieux que besoin sera à ce qu’aucun n’en prétende cause d’ignorance.
Fait à Paris le 14e de juillet 1636.

dimanche 1 novembre 2009

French cavalry, 1639-40


(Cavalier français par Ernest Meissonier)

J’ai retrouvé récemment une très intéressante ordonnance datée du 27 mars 1639 et portant sur la cavalerie. On apprend ainsi que Sa Majesté ordonne et enjoint très-expressément à tous mestres de camp, colonels, & capitaines de cavalerie, tant française qu’étrangère, de faire armer leurs cavaliers de la cuirasse devant et derrière, du pot, de deux pistolets, et de l’épée (…)
Les ordonnances sont intéressantes à plusieurs titres : elle nous apprennent ce que doit être la norme et, par déduction, ce que sont les usages.
Celle-ci se distingue par la fermeté avec laquelle le roi tente d’imposer cuirasse, pot (capeline), épée et pistolets, ces équipements devant être fournis par les magasins du roi. Les sanctions pour les contrevenant sont très lourdes. On y apprend aussi que d’autres ordonnances avaient précédemment essayé d’imposer ces dispositions et que les “traités” réalisés avec les mestres de camps, colonels et capitaines en stipulaient de même.
On en déduit que, entre 1635 et 1639, peut-être sous l’influence des cavaliers weimariens, l’équipement des chevaux légers français a eu tendance à s’alléger (pas de cuirasse, chapeau) de façon massive. Pour que le roi réagisse si fermement, une bonne proportion des cavaliers, peut-être de l’ordre du tiers, peut-être même la moitié, devaient avoir abandonné ces équipements, ce que confirment de nombreuses gravures d’époque.
Au vu de la lourdeur des sanctions, on peut aussi supposer que les choses ont eu tendance à rentrer dans l’ordre… au moins pour l’année qui suivit cette ordonnance !

I recently found a very interesting king’s ordonnance, dated March 27, 1639 dealing with cavalry. We learn that His Majesty ordered and directed very specifically to all mestre de camp, colonels, and captains of cavalry, both French and foreign, to arm their riders with front and back breastplate, the pot (or “capeline”, or lobster), two pistols, and the sword (...)
Ordonnances are interesting for several reasons: it tells us what should be the norm and, by inference, what are the uses.
This one distinguished by the firmness of the king trying to impose armor, pot, sword and pistols, such equipment to be provided by king's stores. Sanctions for violation are very heavy. We also learn that other ordonnances had previously tried to impose these provisions and that the "treaties" made with the mestres de camp, colonels and captains stipulated as well.
I conclude that between 1635 and 1639, perhaps under the influence of Weimar riders, horse equipment of chevaux-légers tended to become lighter (no armor, hat) in a massive way. For the king react so strongly, a good proportion of the horsemen, perhaps around a third, perhaps half, should have abandoned this equipment, what confirm many 17th century’s prints. Given the heavy penalties, we can also assume that things tended to return normal ... at least for the few years following that ordonnance !
















L'ordonnance du 27 mars 1639

De par le Roy,

Sa Majesté voulant pourvoir à ce que toute sa cavalerie soit armée conformément à ses précédentes Ordonnances, et aux traités faits avec les mestres de camp, colonels et capitaines de chevaux légers ; Sa Majesté ordonne et enjoint très-expressément à tous mestres de camp, colonels, & capitaines de cavalerie, tant française qu’étrangère, de faire armer leurs cavaliers de la cuirasse devant et derrière, du pot, de deux pistolets, et de l’épée, sans que ceux de qui les cavaliers ne se trouveront point armés en la manière susdite, puissent être et réputés avoir satisfait aux Ordonnances, ni aux conditions des traités qu’ils ont faits pour la subsistance de leurs compagnies, pendant le présent quartier d’hivers ; et pour les rendre complètes, veut et ordonne sa Majesté que tous les capitaines dont les cavaliers ne seront point armés dans le quinzième du mois d’avril prochain, comme il est dit ci-dessus, soient contraints non seulement à payer le prix des armes qui leur défaudront, mais aussi à restituer tout ce qu’ils auront touché pour leur subsistance dans leurs quartiers d’hivers, et pour leurs recrues. Que si les cavaliers auxquels les chefs vérifieront avoir fourni des armes viennent au rendez-vous de l’armée sans les avoir, ils soient arrêtés sur le champ, et punis exemplairement. Que si dans quelque combat ou autre occasion de guerre où les cavaliers se seront trouvés avec commandement, ils ont perdu leurs armes en se défendant, ou si elles ont été prises dans le bagage par les ennemis, leur capitaine soit tenu de leur en fournir 8 jours après, lesquelles sa Majesté lui fera donner des magasins qui seront pour ce établis en chacune province, en en fera retenir le prix sur la première montre ; qu’à chaque montre ou revue tous cavaliers prêteront serment de garder leurs armes ; et aucun n’y pourra être passé s’il n’est armé comme dessus, si ce n’est que son capitaine justifie que depuis que l’armée aura été à la campagne il ait perdu ses armes en un combat ou prise de bagage, et encore que pour cette cause un cavalier se trouve dépourvu d’armes, néanmoins l’argent de la montre ne sera point délivrée à son capitaine qu’après qu’il lui aura baillé d’autres armes. Que tout capitaine de cavalerie, ou officier qui en son absence commandera la compagnie, soit tenu d’avertir le mestre de camp ou colonel, ou celui qui commandera le corps du régiment, des cavaliers qu’il aura sans armes, pour les faire punir sur le champ suivant la rigueur de la présente si c’est par leur faute, ou pour y pourvoir s’ils les ont perdues en une occasion de guerre où ils aient été commandés. Et que si ledit capitaine ou officier commandant le compagnie manque à en donner avis, il soit sur le champ cassé ou dégradé des armes. Que tout mestre de camp de cavalerie, ou colonel, soit obligé de faire tenir son régiment entièrement armé, et si après qu’il aura été averti qu’il y ait quelque manquement, ou après qu’il l’aura dû reconnaître il ne le fait incontinent réparer, et punir celui qui sera trouvé en faute, il soit privé de sa charge ; et que tout commissaire qui aura passé à la montre un cavalier sans armes soit aussi privé de sa charge, s’il est commissaire ordinaire, sinon qu’il soit déclaré à la tête de l’armée incapable de jamais posséder charge.
mande et ordonne sa Majesté à ses lieutenants généraux en ses armées, et maréchaux de camp ayant commandement sur ses troupes, de faire ponctuellement observer la présente ; et sur les avis qu’ils auront, ou sur ce qu’ils connaîtront eux-même en voyant les troupes, des contraventions à la présente, de faire punir les coupables sur le champ à la tête de toutes les troupes, en vertu de leur simple ordonnance, sans autre forme de procès (…).

vendredi 30 octobre 2009

Gendarmes de Monsieur (d'Orléans)


Deux textes intéressants (échanges entre Louis XIII et Gaston d'Orléans) qui sont à l'origine de la création des Gendarmes et Chevau-légers de Monsieur.

Here are two interesting texts about the raisong of the Gendarmes & Chevaux-légers of Monsieur.

Accord fait à Escouen entre Louis XIII et son frère Gaston, le 1er octobre 1634.
Le roi, Lui accorde, en outre, l’entretien de sa compagnie de gendarmes, composée de cent maîtres, que Sa Majesté fera mettre sous le nom du sieur de Puylaurent, et qu’elle permet être récompensée par lui si Monsieur le trouve bon, celle de ses chevaux-légers, composée d’autant et commandée par le sieur d’Elbene, lesquelles deux compagnies de gendarmes et chevaux-légers, Sa Majesté entend être levées à l’ordinaire aussitôt que Monsieur entrera en France, au nombre de cent chacune, pendant l’espace de deux mois, après lequel temps il n’en pourra servir que cinquante de chacune près de ladite personne de Monsieur, aux lieux où sa majesté lui permet maintenant de demeurer, et ce jusqu’à ce que de son propre mouvement il se rapproche et revienne à la cour, et en outre l’entretien de ses Gardes Françaises et Suisses pour servir ainsi qu’ils sont accoutumé.

Réponse du Roy aux affaires de Monsieur, en 1635 (le 25 février).
Monsieur supplie le Roy (…) que sa compagnie de gendarmes soit à deux cent maîtres et aille servir pour être en état de mieux servir ès armées de sa majesté.
Réponse du roi :
Accordé, et ne doute pas que la compagnie ne serve bien dans mes armées.

Agreement made between Louis XIII and his brother Gaston, at Escouen, 1st of October 1634.
Moreover he (the king) granted him the maintenance of his company of gendarmes, composed of one hundred masters, that His Majesty will save under the name of Sieur Puylaurent, and it can be rewarded by him so good is Monsieur, that his chevaux-légers, composed the same number and commanded by the Sieur d'Elben, wich two companies of gendarmes and chevaux-légers, His Majesty will be raised as usual as soon as Monsieur will enter in France, numbering cent each, while the space of two months, after which time it will serve only fifty of each with Monsieur, to places where his majesty now allows him to remain until such time as it will close and return to the court, and also maintaining its French and Swiss Guards to serve and they are accustomed.

The king’s response to cases of Monsieur, in 1635 (February 25).
Monsieur begs the king (...) that his company of gendarmes would be of two hundred masters and will serve in a better service in the armies of his majesty.
King's reply:
Granted, and confident that the company will serve well in my armies.

lundi 3 août 2009

French chevaux-légers and carabins under Henri IV






(drawing from J.J Walhausen)

De la cavalerie française sous le règne du grand monarque Henri IV
(suite)
"Quant aux chevaux légers, les troupes seront toutes de 100 maîtres, feront 3 quadrilles, et en useront comme nous avons dit des gendarmes ; ils s’armeront d’armes complètes, ayant une cuirasse à preuve et le reste léger ; ils auront un pistolet à l’arçon sous la main de la bride, et à l’autre leur salade ou habillement de tête, et aux grandes traites le sac d’avoine en croupe, les espagnols l’appellent “alforia”, les italiens “bertollé”, les flamands “canapsa”, les anciens grecs et romains le nommaient “pica” ; car les gendarmes, lesquels par manière de dire, ne combattent qu’en un jour de bataille, pour le moins pas si souvent que les chevaux légers, ont un valet qui leur porte et leur salade et leurs nécessités de sorte que nos chevaux légers ne devant pas avoir tant d’embarras de valets, de chevaux et de train, les doivent porter eux-mêmes. Ils auront chacun deux chevaux, l’un de combat, et l’autre pour les gardes et courses, que pour porter la malle ; ils combattront par quadrilles jointes ensemble, comme j’ai dit ci-devant les gendarmes, excepté que la cornette sera au troisième rang attachée derrière l'aisselle du bras gauche avec une écharpe, et non pas comme l’enseigne des gendarmes, qui se porte croisée devant l’estomac, et s’attache avec des chaînes de fer ; la lance de la cornette doit être plus courte, et le drapeau plus petit que l’enseigne des gendarmes.
Chacune compagnie de chevaux légers doit avoir une troupe de 50 carabins avec soi sous la charge d’un lieutenant, lequel obéira au capitaine des chevaux légers, et n’aura d’autre cornette que celle de la même compagnie qu’elle suivra, avec un maréchal des logis et deux caporaux. Ils feront deux quadrilles, celle du lieutenant et celle du maréchal des logis, conduites chacune par un caporal. leurs armes doivent être, une cuirasse échancrée à l’épaule droite, afin de mieux coucher en joue, un gantelet à coude pour la main de la bride, un cabasset en tête, et pour armes offensives une longue escopette de 3 pieds et demi pour le moins ; les plus longues se porteront mieux en écharpe. Il doit porter aussi un pistolet comme les autres. Les carabins doivent être prompts à recharger, et pour cette effet porter des cartouches à la reître, et quantité de poudre et de plomb sur eux, chacun un bon cheval et vif, mais non pas des petits bidets.
Pour leur manière de combattre étant dans l’ordre que j’ai dit ci-devant, seront 15 de front et 7 à 8 rangs ; les 2 quadrilles de carabins à main gauche, trois à trois, celle du maréchal des logis s’avancera la première conduise par son caporal, lequel aura une longue arquebuse au poing. Leur maréchal des logis à la queue, avec une arquebuse aussi, et après la charge de ceux-là, le lieutenant des carabins fera soudain avancer son caporal, lequel en usera de même manière que l’autre le suivant en queue une arquebuse à la main ; mais ils ne partiront point que le capitaine des chevaux légers ne leur en donne le signal par son trompette, à savoir lorsqu’il verra l’ennemi à 200 pas, si ce sont lances, et à 100, si ce sont cuirasses à notre mode : il fera alors sonner sa trompette un mot seulement : “tarare” ; à cette heure là celui des carabins sonnera la charge tout au long ; et soudain l'esquadre du maréchal des logis partira au galop, et allant affronter l’ennemi, leur fera une salve de plus près qu’elle pourra puis passera à main droite pour recharger, l’autre suivra soudain, et coupant entre les deux troupes qui se veulent entre-charger et leur fera une salve, puis faisant le caragol (la caracole) passera à main gauche pour recharger : mais si les ennemis ont les carabins comme nous, il faut que l’une des esquadres de carabins aille attaquer non en gros, mais en escarmouchant ceux de l’ennemi, pour les empêcher de nuire à nos chevaux légers qui vont à la charge, et que l’autre fasse ce que nous avons conseillé ci-dessus.
Alors le capitaine de chevaux légers se trouvant à 25 ou 30 pas de l’ennemi, n’ayant jusque là été qu’au petit pas, fera sonner la charge et choquera à toute bride, faisant devoir d’appuyer le pistolet, comme nous avons dit que doivent faire les gendarmes, car autrement il ne vaut rien ; en même temps les carabins sur les deux flancs, ayant rechargé, investiront par les côtés de l’ennemi, et leur ayant tiré leurs escopettes de près, les aborderont à coups de pistolet. Pour le ralliement ils en useront comme nous avons dit que doivent faire les gendarmes.
Nous venons de dire qu’il faut que les gendarmes se résolvent à ne fuir jamais ; je dis maintenant que les chevaux légers sont obligés au rebours. Car alors qu’un général pour aucune considération ne veut point hasarder la bataille, ils doivent fuir cent devant dix, pour ne rien engager, mais aussi quand le général veut combattre, dix en doivent attaquer cent ; c’est à dire qu’il faut tout charger pour engager l’ennemi au combat.
Les carabins sont institués pour entamer le combat, pour suivre la victoire, pour les retraites, et pour les escarmouches : ils sont nommés carabins par les espagnols qui en ont été les auteurs. “Cara” c’est à dire visage en espagnol, et de “binus, bina, binum”, qui signifie double, comme qui les dirait à deux visages, à cause de leur manière de combattre, tantôt fuyant, tantôt tournant tête comme les parthes (1).
Les hommes d’armes porteront des casaques de la même couleur que leurs enseignes et guidons. Les chevaux légers se doivent armer à crud et les carabins auront des mandilles de la même couleur de la cornette qu’ils suivront.
Pour les bagages les gendarmes peuvent mener chariots, charettes, et mulets. Mais les chevaux légers ne doivent point avoir de bagage qui ne les puissent suivre au galop.
Il serait besoin que le roi entretint en chaque compagnie, tant de gendarmes, que de chevaux légers un bon maître arquebusier, pour refaire les armes, lequel aurait toujours un cheval chargé de ses outils, et de ressorts, rouets et pierres d’arquebuse et autres choses nécessaires à son métier. Même les capitaines devraient faire porter quantité d’arquebuses, d’escopettes et de pistolets pour en donner à ceux qui auront perdu ou crevé les leurs, comme il arrive assez souvent.
Quand à la manière de faire combattre notre cavalerie, l’on a enfin reconnu qu’il vaut mieux qu’ils chargent par petites troupes, qu’en gros escadrons ; car chaque chef peut lors répondre de ses soldats, et l’on voit d’où vient un défaut, outre que le ralliement est plus facile, néanmoins un chef d’armée ne doit pas laisser arborer en son gros, le jour d’une bataille, qu’une enseigne, afin que son ralliement en soit plus fort. Le dernier maréchal de Biron, quand il n’eut que cent chevaux, il les eut répartis en trois troupes, desquelles l’une ne combattait point sans grande nécessité, ainsi demeurait ferme sur la main droite, pour tenir l’ennemi en échec.

(1) Ethymologie intéressante que l’on ne retrouve pas dans le Littré de 1880 : “Deux étymologies sont en présence : 1° D'après Diez, calabrin, qui est dans Roquefort pour carabin, sert d'intermédiaire à calabre, mot provençal qui signifie machine de guerre, le nom des armes passant facilement de l'une à l'autre. 2° Dans Du Cange, calabrinus, signifiant qui est de la Calabre, a donné Calabrins, et, par une facile altération, carabins, ainsi nommés parce que cette sorte de cavalerie est venue d'abord de la Calabre. Cette dernière opinion paraît la plus probable.”

Of the French cavalry during the reign of the great monarch Henry IV (following)
"As for chevaux légers (light horses), all troops will be of 100 maîtres, will be in 3 quadrilles, and will use as we have said for gendarmes, completely armed, with proof armor and other light, they will have a gun to arçon under the hand of the bride, and on the other hand a salad or head clothing, and large route bag of oats in croup, the Spaniards call "alforia", Italians "Bertolli" Flemishs "canapsa", the ancient Greeks and the Romans called "pica", for the gendarmes, which by way of saying, do fight only the day of battle, at least not so often than chevaux légers, have a valet twho carry their salad and their needs so that our chevaux légers not needing to have so much trouble with valets, horses, and train, must carry its themselves. They will each have two horses, one for fighting and one for the guards and courses, and to bear the trunk ; they will fight by quadrilles joined together, as I said above, about the gendarmes, except that the cornet will be attached to third place behind the armpit of the left arm with a scarf, not as the ensign of the gendarmes, which is carried across the stomach and attached with chains of iron ; the lance of the cornet should be shorter, and the standard smaller than the ensign of the gendarmes.
Each company of chevaux légers must have a troop of 50 carabins along under the charge of a lieutenant, which will follow the captain of chevaux légers, and will have no cornette than that of the same company they will follow, with a maréchal des logis and two corporals. They will be two quadrilles, the lieutenant and the maréchal des logis, each led by a corporal ; their weapons must be a cuirass échancrée to the right shoulder, for a better aiming, and a gauntlet for the bride’s hand, a cabasset on head, and for offensive weapons a 3 feet and half long escopetas for the least, the longer will be better carried as sash. He must also carry a pistol as the others. Carabins must be quick to reload, and therefor carry the cartridges like reître, and quantity of powder and lead on them, each will have a good horse and lively, but not small bidets.
To their way of fighting, in the order as I said above, will be 15 files on 7 to 8 ranks, and 2 quadrilles of carabins at left hand, three to three, the one of the maréchal des logis will advance forward first, lead by his corporal which will have a long arquebus at hand. Their maréchal des logis to tail, with arquebus too, and after they have charged, the lieutenant of carabins will suddenly order his corporal forward, which will use in the same way as the other following to tail with arquebus at hand ; but they won’t go until the captain of chevaux légers give them the signal by his trumpet, to know when he will see the enemy at 200 paces, if they are lances, and at 100 if they are cuirasses of our kind : it will then sound his trumpet with only one word : "tarare" ; at that time that of the carabins will sound the charge throughout, and suddenly the esquadre of the marechal des logis will leave home at a gallop, and going to fight the enemy, will fire them a salvo the closer it could then pass to his right hand to reload ; the other will suddenly follow, and cutting between the two troops who to charge each other and will do its salve, and then doing Caragol (caracole) pass left hand to reload, but if the enemies have carabins like us, one esquadre of carabins must attack not wholly, but skirmishing the enemy, to prevent them from interfering with our charging chevaux légers, and the other to do what we have recommended above. 
When the captain of chevaux légers will be at 25 or 30 paces of the enemy, having previously been at walking pace will sound the charge and shock whole-heartedly, ensuring to press the pistol as we have said that the gendarmes must, because otherwise it worth nothing, at the same time carabins having rallied on both flanks, having reloaded, will reach the enemy by the sides, and having shot closely with their escopetas, will go into them firing pistol. For the rally they will use as we have said that the gendarmes should do.
We have said that the gendarmes must not ever resolve to flee, I say now that the chevaux légers are require to. For then a general, for any consideration, doesn’t want to hazard the battle, they must flee if hundred against ten, in order to avoid engaging, but when the general wants to fight, ten must attack hundred, that’s mean it is necessary to engage the enemy in combat. 
The carabin kave been establised to open the fighting, to follow the victory, for retreats, and for skirmishing, they are named carabins by the Spaniards who were the instigators. "Cara" ie face in Spanish, and "binus, bina, binum", which means double, which looks like two faces, because of the way they fight, sometimes elusive, sometimes turning the head as Parthian. 
The soldiers will wear gowns of the same color as their ensign and guidon. Chevaux légers must arm to crud (?) and carabins will have mandilli the same color of the cornette to follow.
For baggage gendarmes can lead wagon, Cart, and mules. But the chevaux légers must not have baggage that can’t follow at a gallop. 
It is necessary that the king maintained in each company, ever gendarmes and chevaux légers, a good maître Harquebusier to repair weapons, which would always got a horse for his tools, and springs, spinning wheels and arquebus’stones and other things necessary for his job. Even captains should bring much harquebuses, escopetas and pistols for those who have lost theirs or broke them, as it happens quite often. 
As for how to fight our cavalry, it was finally recognized that it is better for them to charge in small troops, rather than in large squadrons ; for each leader can respond of his soldiers, and can see from where come a fault, and that the alignment is easier ; however, an army general must only let fly his own ensign, the day of battle, so that its rallying will be stronger. The last Marshal Biron, when he had one hundred horses, used to divide them into three troops, one not fighting without great need, and remained firm on the right hand to hold the enemy in check."

From "La Milice française, contenant plusieurs belles et notables instructions sur ce qui doit être observé à bien ordonner des batailles, dresser des bataillons, situer places et forteresses, et le moyen de les attaquer et défendre", de Messire Louis de Montgommery, seigneur de Courbouson, et dédié au roi. A Paris, 1636. (BNF)

(Below : french cavalryman and carabins by JOB)


dimanche 2 août 2009

French gendarmes under the king Henri IV


(Gendarmes from Walhausen)
(French gendarmes at Rocroi, BNF)

Pour faire suite à l'article de Dur Ecu sur les Gendarmes, je viens de trouver,une petite perle, un ouvrage publié en 1636 :
"La Milice française, contenant plusieurs belles et notables instructions sur ce qui doit être observé à bien ordonner des batailles, dresser des bataillons, situer places et forteresses, et le moyen de les attaquer et défendre", de Messire Louis de Montgommery, seigneur de Courbouson, et dédié au roi. A Paris, 1636. (BNF)
Le chapitre, présentant la cavalerie décrit la gendarmerie sous Henri IV, telle qu’elle était encore organisée entre 1615 et 1621. En voilà le texte, en français et en anglais :

Further to the article of Dur Ecu on Gendarmes, I just found a little gem, a book published in 1636:
"The French Militia, containing many fine and notable instructions on what needs to be observed in many order of battle, draw battalions, locate places and fortresses, and how to attack and defend them, by Messire Louis de Montgommery, Lord of Courbouson, and dedicated to the king. A Paris, 1636.
The chapter wich deals with cavalry describes the gendarmerie under Henri IV, as it was between 1615 and 1621. Here is the text in french and english (sorry for the bad traduction, il someone wish to improve it, he will be welcome !) :

De la cavalerie française sous le règne du grand monarque Henri IV

"Nous laisserons les compagnies de gendarmes complètes de 200 maîtres pour les princes, officiers de la couronne et gouverneurs de provinces ; et les autres de 100 pour les seigneurs, et ceux auxquels il plaira au roi d’entretenir.

Leurs armes seront complètes, et useront de grèves et genouillères, dedans ou dessus la botte ; la cuirasse à l’épreuve de l’arquebuse devant et derrière ; ils porteront au lieu de la lance une escopette de celles que l’on fait maintenant, lesquelles tirent à 500 pas, car elles ne sont guère plus longues ni plus empêchantes que les pistolets de l’autre côté de l’arçon, ils y mettront un pistolet chargé d’un carreau d’acier, d’une flèche acérée. L’estoc au côté, de la longueur qu’il le pourra tirer hors des pendants armé de braslals, car l’épée un peu longuette et roide est fort bonne à cheval, et n’est point besoin qu’elle trache beaucoup ; car en un combat à cheval, les estramassos ne valent rien. Il sera monté de deux bons chevaux de service avec un fort mallier ; son principal cheval aura crin et oreilles, portera selle armée et chanfrein ; le poitrail à trois pièces large de quatre pouces, et garni de clous à large tête, avec un écusson devant le poitrail, car cela pare quelquefois un coup de lance, ou un coup de pique ; il faut une chaînette à la bride pour y avoir recours, cas arrivant que les rênes fussent coupées.
Les compagnies de gendarmes seront de quatre brigades pour chaque chef la sienne, excepté le maréchal des logis ; mais ils n’en auront aucune affectée, ainsi changeront à chaque montre ou quartier ; car autrement le roi en serait mal servi, et le capitaine mal obéi, tant par les cabales qui se feraient d’ordinaire, que pour ce que chacun membre serait conte d’avoir une troupe à soi, et pourrait dissiper la compagnie quand il s’en retirerait. Outre cela, il y doit avoir un chef de brigade sous chaque membre, du nombre desquels ne sera point le premier gendarme, lequel est comme l’un des membres de la compagnie. Il ne faut jamais que le gendarme monte à cheval, pour marcher en troupe, qu’il n’ait à tout le moins la cuirasse sur le dos, fût-il à cent lieues de l’ennemi, et toujours en ordre, trois à trois, cinq à cinq selon que le chemin le permettra, et que le chef le commandera. Le premier à cheval prendra le premier rang, le second le second ; selon qu’ils seront les premiers à cheval, ils marcheront sans sans privilégier aucun, si ce n’est le premier gendarme, lequel doit être toujours au premier rang, soit qu’il arrive tôt, ou tard ; toutefois je lui conseille de montrer l’exemple aux autres en montant le premier à cheval. Pour l’ordre de combattre, chaque brigade se mettra cinq à cinq, qui fera pour la compagnie de 200 hommes d’armes 20 de front et 10 rangs, au troisième rang le guidon, et l’enseigne au cinquième ; le capitaine au premier rang, le lieutenant, le maréchal des logis à la queue, chaque chef de brigade à la tête de sa brigade ; le capitaine ordonnera autour de son enseigne et de son guidon des meilleurs hommes qu’il ait en sa troupe, et des mieux montés et armés auxquels il la recommandera, et les exhortera de la conserver ; car bien que tous y soient obligés, si est ce qu’il est nécessaire de l’en charger à quelques uns en particulier. Lui même tiendra des plus signalés auprès de sa personne pour soigner de lui, car il importe de sauver, ou de perdre un chef ; et néanmoins l’honneur les invite à prendre le premier rang ; mais au partir de la main ceux qui sont proches de lui le doivent couvrir et enfermer entre eux. Il est à remarquer que les gendarmes ne se mettent pas à tous les jours, et qu’ils ne les faut pas faire combattre qu’en une occasion d’importance, comme bataille ou grosse rencontre, si ce n’est par quelque hasard ; mais quand ils sont commandés, et qu’il faut combattre, qu’ils prennent en même temps la résolution de vaincre, ou de mourir, plutôt que de tourner bride ; car sur le tout, il ne faut point perdre cette ancienne réputation des hommes d’armes français, qui ne fuient jamais. Il faut que tout homme d’arme sache qu’il ne se doit jamais rendre que son cheval ne soit mort, et y avait peine de la vie anciennement pour un gendarme qui avait fui, ou qui s’était rendu ayant le bras droit entier, et son cheval en vie. Pour entrer au combat, ils doivent allé au pas, jusqu’à 100 pas de l’ennemi, puis au trot jusqu’à 25 ou 30, cela se juge à l’oeil, gardant toujours soigneusement leurs rangs, l’escopette sur la cuisse et le pistolet avec le chien couché dans le fourreau : lors les trompettes sonneront la charge, et les enfants perdus feront leur salut (feront feu), et eux tenant à demi bride, tireront leurs escopettes, les appuieras sur le poing de la bride au moins des premiers rangs, et lors chargeront à toute bride le pistolet à la main lequel ils ne tireront point qu’appuyé dans le ventre de l’adversaire, au dessous du bord de la cuirasse dans la première ou seconde lame de la tassette (s’il est possible) que si quelqu’un le défi de ne pouvoir faire fausse, qu’il donne à l’épaule du cheval ; et cependant le second rang tirera ses escopettes par entre les premiers ; que si le tiers rang ne peut tirer, et que l’ennemi opiniâtre le combat, ils peuvent s'entrebâiller de main en main les escopettes et pistolets ; comme il fut fait à Arques, où nos chevaux légers s'entrebâillaient les pistolets par dessus l’épaule, pour tuer les ennemis qui étaient mêlés parmi eux. Si par cet effort l’ennemi ne quitte le champ, et qu’il se rallie, pour combattre derechef, ces gendarmes feront leur ralliement au lieu convenable, la trompette sonnant à l’étendard autour de l’enseigne ; et lors promptement le lieutenant et le maréchal des logis reformeront les rangs, à la hâte, le mieux qu’ils pourront, mettant en tête ceux qui n’ont point tiré, chacun se rangeant avec son chef de quadrille s’il vît ; pendant vôtre ralliement une quadrille, la première rassemblée, peut rentamer le combat et troubler le ralliement de l’ennemi ; pour les inconvénients et divers événements des combats, ils ne sont point soumis aux maximes, les capitaines en useront comme l’expérience et leur jugement les instruira sur le champ, promptement et sans consulter ; car le conseil ne tient sur le tapis, et les promptes résolutions le cul sur la selle."


Of the French cavalry during the reign of the great monarch Henry IV 



"We will leave the complete company of gendarmes of 200 maîtres for the princes, officers of the crown and governors of provinces, and 100 others for lords, and those whom it pleases the king to maintain. 



Their weapons will be complete, and will use grieves, in or above the boots, the arquebus’ proof armor front and behind, they will hold instead of lance an escopetas as we do now that fire at 500 paces, because they are not longer nor more prevent than pistols wich are on the other side of the arçon ; there will be gun loaded with a bolt of steel, with a sharp arrow. The estoc (litterally “Thrusting”, wich means the sword) to the side, the length he can pull off the pending armed braslals (?) because the sword a little longuette (lengthy) and roide (rigid, strong) is very good on horse, and it is little need to trache, (?) as for horse in battle estramassos are of little help. He will ride two good service horses with a strong Mallier (?) ; he main horse will have good hair and ears, will armed saddle and chamfer ; the chest in three parts will be of four inches wide, and lined with large head nails with a coat before the chest, as it sometimes pare a spear or pike’s blow ; a chain for the bride is of goog use, that will be the case when reins are cut.
Companies of Gendarmes will be four brigades for each leader have its own, except for the maréchal des logis, but any of them will be assigned, so will change of leader during each “montre” (review) or “quartier”, because otherwise the king would be ill served, and the captain ill obeyed, both by cabales which would usually happen, for what each member would be content to have a troupe to itself, and could dissolve the company when he withdraws. Besides, there must be a chief of brigade under each member, which will not be the first gendarme, which is like a member of the company. 
The gandarme should never mount on horseback, to walk in troop, he has at least the armor on its back, even the enemies would be a hundred leagues away, and always in order, three to three, five to five as the road allows, and that the leader command. The first horse will take the first rank, the second the second, depending on the first to be on horse, they will march with the same emphasis, if not the first gendarme, who must always be at the forefront, will he arrive sooner or later ; but I advise him to be an example for others by first mounting the horse. 
In order to fight, each brigade will be five to five, which will be for the 200 men at arm’s company 20 files to 10 ranks, the guidon (cavalry standard) in the third rank, the enseigne (ensign ?) in the fifth, the captain in the first rank, the lieutenant and marechal des logis to tail ; each brigades leader at the head of his brigade ; the captain will order around his enseigne and his guidon the best men he had in his troop, and he will recommend the best mounted and fitted armed, and will urge them to keep it, because although everyone should be obliged, there will be need for somebody to take care of it. He will even held the most reported of his men take care for him, because it's important to save, or lose a leader, even if honor invite them to take the first rank, but from the hand those who are close will have to cover and enclose him.
It is noted that the gendarmes don’t serve every day, and they don’t need to fight but an occasion as big battle or encounter, whether it is by any happening ; but when they are ordered, and a fight is need, they will take together to the resolution to defeat, or to die, rather than turning flange, because on the whole, they must not lose the old reputation of men french men at arms, which does not flee. 
Let every man at arm knows he will never surrender unless his horse is dead, as former gendarmes were sentenced to death, if they had fled or surrendered without losing his entire right arm and his horse alive. 
 To enter combat, they have to go at pace up to 100 paces from the enemy, and then trotting up to 25 or 30, to be estimate with at the eye, always carefully keeping their ranks, with the escopetas on thigh and the pistol with the dog lying in the scabbard : when the trumpets sound the charge, and the “enfants perdus” (“lost children) will hail (will open fire), then they will take half flange, draw their escopetas, at least the first ranks pressing it on the fist of the flange, and will charge promptly with the pistol in his hand, which they would fire only pressed to the belly of the opponent below the edge of the armor into the first or second lamella of the tassetti (if possible) and if someone prevent him to do it, he will fires to the horse's shoulder, and yet the second rank will fires his escopetas between the firsts ; if the third rank can not fire, and that stubborn enemy still fight, they can give escopetas and pistols from hand to hand, as it was done at Arques’ battle, where our chevaux légers (light horses) give their pistols hand to hand over the shoulder to kill the enemies who were in melee among them. If this effort force the enemy to leave the fight, and rally to fight again, the gendarmes will rally in a good place, trumpet sounding to the banner ; then the lieutenant and marechal des logis will promptly reform ranks, in haste, the best they can, placing in front those who have not fired, everyone placing himself with the chief of his quadrille, if still alive ; during the rallying of your quadrille, the first to be arranged may fight back and disturb the rallying of the enemy ; for the disadvantages and various events that the fighting may imply, they are not subject to maxims, the captains will use the experience as trial and instruct themselves on the field, promptly and without consulting them ; because the counsel is lying on the carpet, and quick resolution on the butt of the saddle."


(Gendarmes from Walhausen's manual)









(Henri IV and gendarmes, at Ivry, 1590, by JOB from "Le bon roi Henri".)