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jeudi 17 mars 2011

Swedish army at Lützen


Suédois / Swedish Army, Lützen, novembre 1632 (Archives suédoises de De la Gardie)

Infanterie (#compagnies) # Mousquets #Piques #Officiers #Total
Guardie (1) 45m 38p 12o off (Gardes, avec rgt Nilses)
Gr. Nilses (16) 610m 324p 192 off 1221 (brigade jaune - Nils Brahe)
Winckels (16) 486m 432p 192 off 1110 (brigade bleue - old blue)
Er. Hands (8) 465m 267p 96 off 848 (brigade suédoise bleue)
Carl Hårds (8) 447m - 96 off 543 (brigade suédoise bleue)
Finnar (4) 156m - 48 off 204 (Finnar = Finnois = Finnish - brigade suédoise bleue)
Knyphausen (12) 708m 270p 142 off 1120 (brigade blanche)
Mitzlafwes (12) 342m 198p 142 off 682 (brigade Mitzlaff)
Rossows (8) 366m 168p 96 off 630 (brigade Mitzlaff)
Giersdorffs (8) 330m 96p 96 off 522 (brigade Mitzlaff)
Gr. v. Thurn (8) 240m 144p 96 off 480 (brigade Thurn)
Gr. v. Isenburg (8) 120m 54p 96 off 270 (brigade Thurn)
Gr. v. Erpack (8) 144m 18p 96 off 258 (Erbach - brigade hessoise)
Gr. v. Eberstens (12) 216m 144p 142 off 502 (brigade hessoise)
Yslors (12) 144m 36p 142 off 322 (Uslar - brigade hessoise)
Hert. Wilhelms (12) 276m 78p 142 off 496 (brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Posens (8) 540m 156p 96 off 792 (Bose ? - brigade Wilhelm de Saxe-Weimar)
Pforts (8) 306m 84p 48 off 438 (Pforte - Wilhelm de Saxe-Weimar)
Vidtstrumbs (8) 150m 24p 96 off 270 (Vitzthum - Wilhelm de Saxe-Weimar)
Hert. Bernh. (12) 396m 210p 142 off 748 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Leslies (16) 360m 24p 192 off 576 (brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Willteust. (12) 468m 102p 142 off 712 (Wildenstein - brigade Bernard de Saxe-Weimar)
Brandenstein (4) 198m - 48 off 246 (mousquetaires commandés)
Gr. v. Launst. (7) 600m - 84 off 684 (Löwenstein - mousquetaires commandés)
Joh. Hindriks (4) 180m - 48 off 228 (Henderson - réserve)
total : 8293 mousquets, 2867 piques, 3592 officiers, 13 882 hommes, 14 499 hommes avec les blessés

Cavalerie (# compagnies) - Je ne sais pas à quoi corresponde les deux chiffres, le premier correspond peut-être à l'effectif total, blessés compris.
Uppland (4) 300 250
Ohms (8) 450 300
Södermanland (4) 250 200
Östgöta (4) 200 100
Westgöta ou Västgöta (8) 600 400
Småland (8) 600 400
Finnar (Finnois) (8) 800 500
Frans v. Talby 75 50
Cort. v. Talby 150 100
T. Albrecht Yssler 75 50
Verkermans (4) 225 150
Hert. Bernhard (12) 750 500
Rostens 270 180
Lifland (Livoniens) (8) 450 300
Bullasch (8) 180 120
Carlbergs (8) 330 220
Georg Yssler (Uslar) 240 160
Courville (4) 450 300
Golstens (Goldstein) (8) 225 150
Stecknitz 120 80
Hert. Wilhelms (12) 180 120
Anhaltiske (8) 450 300
Curländer (4) 345 230
Hofkirks (12) 525 350
Steinbachs (4) 300 200
Lauensteins (Löwenstein) (6) 300 200
Brandenstein (4) 450 300
Total 9290 6210
Dragons 600
Total 6810

lundi 7 mars 2011

1631, Wallenstein rebuilds the Imperial army




In 1631, following the disaster of Breitenfeld, Wallenstein gives up the Imperial Army. Count Galeazzo Gualdo Priorato, who served both in the Imperial ans Swedish armies, relates this episode : "He said how ha wanted to be obeyed, and ordered each to his duties. Among other ordinances, he settled that the army would now wear red scarves, and forbade any other color under pain of death. (...) He forbade, under pain of incurring his displeasure, the cavalry, from the private to colonel, of ever being without boots or spurs, to infantry officers to wear boots."

En 1631, suite à la catastrophe de breitenfeld, Wallenstein remet sur pied l’armée Impériale. Voici comment le comte Galeazzo Gualdo Priorato, qui a servi aussi bien dans l'armée impériale que suédoise, raconte cet épisode:
"Comme Walstein était un homme difficile & singulier, il déclara de quelle manière il voulait être obéi, & prescrivit à un chacun ses devoirs. Entre autres ordonnances il régla que l’armée dorénavant porterait des écharpes rouges, & défendit toute autre couleur sous peine de la vie. (…) Il défendit, sous peine d’encourir sa disgrâce, à la cavalerie depuis le soldat jusqu’au colonel d’être jamais sans bottes ni éperons, aux officiers d’infanterie d’en porter (…). Isolani fut en Croatie & dans la Hongrie lever de la cavalerie, & pour ce service il fut fait à son retour général de toutes les troupes légères. Les capitaines chargés de recruter se partagèrent : les uns furent en Moravie, d’autres en Silésie, dans l’Autriche, la Styrie, la Carinthie, enfin partout où ils comptaient de trouver des hommes désœuvrés & enclins au métier des armes; En sorte que de quelque côté qu’on portât ses pas, on n’entendait que tambours & trompettes, on ne voyait que gens de bonne volonté courir en foule s’enrôler sous les drapeaux de l’empereur. La plupart venaient tout équipés se rendre aux enrôleurs, perçant la foule du petit peuple qui les entourait & dont les cris de joie passaient alors pour le présage assuré de la ruine des Suédois. Une grande partie de la cavalerie était sans cuirasses & les avait perdues dans les déroutes passées, & surtout à la journée meurtrières de Lepzig. Walstein en tira quantité de Lombardie. Les marquis Jules-Rangoni & Corneille-Bentivoglio & quelques autres seigneurs italiens qui avaient du crédit en ce pays-là furent chargés de la commission. Des colonels envoyèrent même pour leur compte des gens en Italie faire emplettes d’armes, ne regardant point à la dépense, pourvu qu’ils eussent rempli les vues du général. Le plan de Walstein était d’entrer en campagne muni d’un grand nom & pourvu de tout ce qui est nécessaire dans l’armée. Il traita avec Sigismond pour un corps de troupes polonaises. Tersica ou Terzky, beaufrère du général & un des plus riches seigneurs de la Bohême fut chargé de la négociation. Il n’eut pas de peine à trouver de l’argent, & rassembla 3 000 chevaux & 4 000 recrues de différentes nations. Wallenstein fit généraux de l’artillerie impériale les comtes de Galas, Mansfeld, Aldringer & Montecuccoli ; & en leur conférant cet emploi honorable, il leur recommanda fortement de rétablir leurs vieux régiments & de les augmenter de quelques compagnies. Messieurs de Schaumbourg, Holck, Officutz, Haraucour, Merode, Cronenberg, Deffurt & Sparr furent faits sergents-majors de bataille, titre qui donne le droit en Allemagne de commander aux colonels & dont la fonction est de ranger l’armée dans un jour d’action. Ils reurent tous des commissions de Walstein qui les autorisaient à faire autant de recrues qu’ils pourraient. Cherchant tous à se conserver les bonnes grâces du général, aucun d’eux ne regarda à la difficulté de trouver des hommes propres à porter les armes, dans des pays dépeuplés & où il en coûtait souvent plus de 25 écus d’Allemagne pour l’engagement d’un simple fantassin. Walstein donna des patentes d’enrôleur à qui en voulut, fit même de riches avances aux officiers, & nomma les villes qui devaient servir d’entrepôt. “Un prince, disait-il, qui veut faire des conquêtes, avoir des alliés sûrs & ne rien craindre de ses ennemis, doit pouvoir faire en quelques mois ce qui demanderait des années, & pour cela il faut de grandes armées.” Il ne regardait pas à la taille de ceux qui venaient s’offrir. Son but était d’amasser des hommes. S’il ne trouvait pas assez d’officiers intelligents pour commander ces nouvelles troupes, les vieux capitaines devaient prendre les surnuméraires sous leurs enseignes, & avant d’ouvrir la campagne il comptait renvoyer tout ce qui ne serait pas propre au service. Son sentiment avait toujours été que si l’empereur ne levait que 30 000 hommes, l’électeur de Saxe ou un autre prince avec l’assistance de ses amis en lèverait autant, & qu’aussi longtemps qu’on bataillerait à forces égales ce serait vouloir toujours dépendre de la fortune ; (…) Cent mille hommes, disait-il, suffisent à peine à l’empereur s’il veut assurer la couronne sur sa tête.

dimanche 25 avril 2010

Three imperial flags (supposed) from Lützen, 1632


Voici deux drapeaux Impériaux et un Bavarois, pris par les Suédois et provenant de l'Armémuseum de Stockholm. La légende dit : pris à Lützen, 6 novembre 1632. Or, deux problèmes se posent. Le premier est que, selon Brzezinski, alors que Wallenstein prit une trentaine de drapeaux protestants, les Suédois n'en prirent qu'une douzaine aux catholiques, la plupart provenant d'un seul régiment de cavalerie, les Arquebusiers de Hagen. Et il ajoute que selon Holk, aucune couleur d'infanterie ne fut perdue. La relation du Soldat Suédois nous dit pour sa part que les Suédois restèrent en possession de nombre d'étendards et de cornettes.
Le second problème est que la bataille eut lieu le 16 novembre et non le 6 novembre. Mais il peut s'agir ici d'une faute de frappe.
Si nous suivons l'hypothèse que ces couleurs ont été prises à Lützen, à quels régiments pourraient-ils appartenir ? Un des trois (le 3e ci-dessous) est un étendard Bavarois. Or le seul bataillon Bavarois, comprenant le régiment de Comargo et une compagnie de Reinach, se trouvait à l'aile droite et c'est ce bataillon qui, soutenu par 5 compagnies de cuirassiers, détruisit la brigade bleue suédoise. Il est donc improbable qu'une de ses compagnies ait pu perdre ses couleurs d'autant plus que Brzezinski nous dit que Comargo a prit 10 couleurs d'infanterie à l'ennemi.
Si des couleurs impériales furent perdues, il est plus probable que ce soit à l'autre aile, lors de l'offensive du Duc Bernard. Le Duc ayant ce poste, et étant maître de la campagne entre deux et trois heures, crût qu’il ne restait qu’un poste à forcer vers un moulin à vent gardé par trois régiments Impériaux, & se mit en devoir de l’enfoncer, découplant cependant divers escadrons à la queue des fuyards, nous dit Le Soldat Suédois. Et Gualdo nous dit que : Tandis qu’on se battait avec cette fureur du côté du roi, le combat s’était engagé à l’aile gauche ou commandait de duc Bernard de Weimar. Les régiments de Loewenstein, Steinbach et Brandstein étaient aux mains avec ceux de Fugger, Holck, Grana et Prainer (Breuner), Galas à leur tête. Brzezinski place ces deux régiments au centre de la ligne impériale, et non à droite. Mais il nous dit que le second assaut du Duc Bernard, à partir de 15 heures, décima les troupes des deux camps et que ce furent les régiments Waldstein et Jung-Breuner qui subirent les principales pertes, reprenant la relation de Watts : plus de la moitié, si ce n'est pas les deux-tiers des soldats étant tués. Si des couleurs impériales furent prises, c'est donc probablement sur ces deux régiments.

Si ces trois couleurs n'ont pas été prises à Lützen mais plutôt le 6 novembre alors elles ont été prises plus au sud, vers Arnstadt ou Erfurt. Du 5 au 7 novembre, Gustave Adolphe et Bernard de Saxe-Weimar réunissent leurs forces à Erfurt. Gustave-Adolphe arrive à Erfurt le octobre où il surprend une négociation entre les représentants de cette ville et Pappenheim, celui-c essayant de leur soutirer de l'argent. Le Soldat Suédois nous dit que le Roy de suède survenant à ce marché, le rompit, & obligea les commissaires de Pappenheim de gagner au pied, & leur maître de se retirer vers le gros de l'armée impériale. Mais rien ne dit que, ce jour là, il y eut combat entre les forces de Pappenheim et les Suédois. Lorsque Gustave-Adolphe prend Naumbourg, quelques jours plus tard, rien n'indique non plus que Pappenheim y avait laissé un régiment.
Pendant ce temps, en Bavière, Birckenfeld reprend Landsberg à 600 Bavarois menés par Fugger (il s'agissait peut-être du régiment des Arquebusiers de Fugger). La relation du Soldat Suédois nous apprend que la cavalerie du Duc (de Bavière) avait été bourrée & cognée dans Munich avec perte de 8 à 900 hommes. La ville de Hursingen est alors prise de force et 600 impériaux taillés en pièces. Ces drapeaux ont donc pu être pris en Bavière, et non à Lützen.














































































Here are 2 Imperial and one Bavarian flags, taken by the Swedes, from the Armémuseum of Stockholm. The caption tells us : taken at Lützen, November 6, 1632. Two questions arise :
Firstly, according to Brzezinski (Lützen 1632, Osprey Publishing), while Wallentein took thirty or so Protestants' flags, the Swedes took only a dozen of Catholics' ones, mostly from one horse regiment, Hagen's Arkebusiers. And he adds that, according to Holk, not one infantry colour was lost. But the relationship oh The Swedish soldier's tell us that the Swedes remained in possession of many banners and cornettes.
Secondly, the battle took place on November 16, not the 6th. But this could be a typo.
If we follow the assumption that these colors were taken at Lützen, from what regiments they belong ? The third one seems Bavarian. And the only Bavarian battalion was the one who smashed the Swedish blue brigade, taking 10 of their colours in the action. It is therefore unlikely that some companies of the two Bavarians regiments in this bataillon, Comargo and one company of Reinach, has lost some of its standards in the action.
If Imperial were lost, it is more likely on the over wing, during the second Bernard's offensive. Gualdo tells us that the Grana and Prainer (ie Breuner) regiments were fighting there but Brzezinski rather place Waldstein and Jung-Breuner regiments there. According to him, these two regiments took the brunt of the damage, with, according to Watts, full half, if not two-thirds of the soldiers killed during the six long hours action. If Wallenstein army have lost infantry colours, it was probably here.
If not, these colours were probably took on 6 november. Between the November 5th & 7th, Bernard of Saxe-Weimar and Gustave Adolphe join their forces at Erfurt. The 2nd or the 3rd, Gustave-Adolphe surprise a negociation between Pappenheim and the town of Erfurt wich makes Pappenheim retreat to the north. But the Swedish Soldier don't tell us if there was some fight. When Gustave takes Naumbourg, some days later, nothing says that Pappenheim has let a regiment in this town.
At this time, in Bavaria, Birckenfeld took the town of Landsberg from 600 Bavarians under Fugger (perhaps the Arkebusier regiment of Fugger). Then The Swedish Soldiers tells us that the cavalry of the Duke of Bavaria had been stuffen and knocked out in Munich with the loss off 8 to 900 men and that the city of Hursingen was taken and 600 Imperials cut to pieces.

Enfin, l'étendard de cavalerie ci-dessous a été pris, selon l'Armémuseum, le 5 novembre 1632 par les Suédois. Il s'agit peut-être de celui du régiment de cavalerie de Fugger. Ou alors des deux Cornettes en broderies d'argent prises par les Suédois pendant la prise de Lauff (donc plutôt mi octobre). Cinq cornettes de cavalerie impériales furent alors poursuivies par 7 cornettes de cavaleries suédoises et 3 compagnies de dragons, rattrapées et 200 cavaliers d'entre-eux mis en pièces.
























Finally, this cavalry standard was taken, according to the Armémuseum, on November 5, 1632 by the Swedes. It belongs perhaps to the Fugger Arkebusiers regiment. Or perhaps to the two cornettes in silver embroidery taken by the Swedes around Lauff (and so rather in october). During the siege of Lauff, 5 imperial cavalry cornets were pursued by 7 Swedish cornets and 3 companies of dragoons, caught and 200 horsemen were cut in pieces.

jeudi 22 avril 2010

Pappenheim Cavalry Standard 1633






































Here is the Pappenheim Standard in 1633, from the Stockholm Armémuseum, and below, the Arms of Pappenheim. Size : 83 x 62 cm. The legend of the Armémuseum tell us that it is a cavalry flag from someone of the Pappenheim family and it was taken in the Pappenheim castle, perhaps on june, 13th of 1633.

Voici l'étendard du régiment de Pappenheim en 1633, conservé au musée de l'armée de Stockholm ainsi que, ci-dessous, le blason du comte. Sa taille est de 83 x 62cm. La légende du musée de l'armée nous dit qu'il s'agit d'un étendard d'un membre de la famille Pappenheim, peut-être pris au château de Pappenheim le 13 juin 1633.

I have change the obverse of the flag and the words are a bit more readable. Perhaps something like that :
PAR?ARME VERTUS ETAIS
JE FIERAY MES JOURS
And, thanks for Motorway, the german text would be something like that :
MIT FREUDEN STATT
MIT SH?? DARVON

1630 Swedish Gelbe Leibregiment Arkebusiers












Voici une reproduction de l'étendard du Gelbe Leibregiment Gustave Adolph (régiment de Gardes du Corps "jaunes" Gustave Adolphe), en 1630 ou 1631, selon F.A Wilke. Selon Wilke, si je déchiffre bien, ce régiment Allemand devint par la suite celui de Weimar, ce que confirme Brzezinski : ce régiment devient le régiment vert de Bernard de Saxe-Weimar en 1632. Brzezinski, dans The Army of Gustavus Adolphus, nous apprend aussi que les quelques compagnies de cuirassiers levées, notamment en Livonie, étaient principalement utilisées comme "Life Companies" des Généraux. C'était probablement aussi le cas de ce LeibRegiment.
L'intérêt d'un tel étendard, pour ceux qui souhaitent se monter une armée suédoise, est donc de pouvoir l'utiliser pour leurs plaquettes de généraux, tels qu'ils soient, jusqu'à Lützen en 1632. En effet celui-ci était à Lützen, puisque Gualdo nous dit que pour sa dernière charge, Gustave Adolphe laissa même son régiment des gardes à cheval à quelque distance derrière lui.

Here is a reproduction of the Gelbe Leibregiment Gustave Adolph Standard (yellow Lifeguard regiment), in 1630 or 1631, according to F.A Wilke. According to Brzezinski on The Army of Gustavus Adolphus (Osprey), the few Kurassiers companies raised in Livonia were mostly used as "Life Companies" for generals. So, fell free to use such a standard for your Staff stands, in your Swedish Armies up to 1632. But according to Wilke, this yellow regiment became, in 1632, the green Duke Bernhard of Saxe-Weimar regiment. Before that, the Lifeguards were at Lützen as Gualdo says that Gustave Adolphe, for his last charge, left his Lifeguard regiment at some distance behind.

vendredi 13 novembre 2009

Lützen, 16 novembre 1632 (end of Imperial OoB)















(La mort de Gustave-Adolphe à Lützen de Meulener).

Finally, let see the imperial regiments present at Lützen. The list of imperial or ex-league regiments supposed to have fought the battle, and their position within the order of battle, are equally problematic. Here are 3 versions : that of Gualdo followed by the interpretations of Guthrie (who also based on the Swedish Intelligencer, the Sveriges Krig and the 1632 Krieglisten) and Brzezinski (who did not specify his source, out of the Sveriges Krig, but seems to use the same). I don't own any of these 3 accounts and lists.

Pour finir, voyons les régiments impériaux présents à Lützen. Puis il sera temps de passer à autre chose !
La liste des régiments impériaux (ou ex-ligue) présents à Lützen et leur répartition au sein de l’ordre de bataille sont tout aussi problèmatiques. En voilà trois versions : celle de Gualdo, suivie des interprétations de Guthrie (qui s’est aussi inspiré du Swedish Intelligencer , du Sveriges Krig et de la Krieglisten de 1632) et Brzezinski (qui ne précise pas ses sources en dehors du Sveriges Krig mais qui sont à priori les mêmes). Je ne possède pour ma part aucune de ces sources.

Aile gauche 28 escadrons de croates et 3 escadrons de cuirassiers de Cronenberg, Goetz (Gotz), Deffurt, Tersica (Trçka) et Bredau.
Guthrie énumère les régiments Gotz, Piccolomini, Trçka (Tersica), Holk et Hagen (Arquebusiers) en plus des croates.
Alors que Brzezinski liste les régiments Gotz, Piccolomini (arquebusiers), Leutersheim (arquebusiers), Lohe et Loyers (arquebusiers).

1ère ligne : 25 compagnies d’infanterie des régiments Bertaut-Walstein, Chiesa, Colloredo et duc Savelli. Droite : un gros bataillon de 16 compagnies des nouvelles levées de Dohna, Montecucculi et Tersica (Trçka).
2e ligne : 32 compagnies d’infanterie partagées en deux bataillons des régiments de Galas, Grana, Holck (?), Gueis ou Geysa, Prainer (Breuner) et d’autres.
3e ligne : un gros bataillon de 22 compagnies d’infanterie des régiments de Maximilien Walstein neveu du général, Contrès, Fugger et Lauenbourg.
Plus loin, Gualdo dit que les régiments Fugger, Grana, Prainer (Breuner) et Holck, Galas à leur tête, se battent avec acharnement contre les troupes du duc de Saxe-Weimar. Grana et Breuner seraient donc à droite de la seconde ligne et Fugger à droite de la 3e ligne.
Guthrie liste les régiments d’infanterie Trçka (Tresica), Kehraus (ex-Chiesa), Comargo, Grana et Waldstein en 1ère ligne et Alt-Saxon (Saxe-Lauenbourg) et Colloredo en 2nd ligne puis Mansfeld, Baden, Jung-Breuner et Alt-Breuner en 3ème ligne.
Alors que Brzezinski liste les régiments regroupés en bataillons, Comargo, GFZM Breuner, Grana & Breuner, Colloredo & Chiesa, Waldstein & Alt-Saxen (Saxe-Lauenbourg) en 1ère ligne et Breda, Jung-Breuner en 2nd ligne.

Aile droite : 24 escadrons de cuirassiers Piccolomini, Gonzague, Strozzi, Coronino plus pelotons de mousquetaires. Plus deux gros escadrons de cavalerie Colloredo, Reichemberg, Sparr, Schaumbourg et Officutz au-dessus des moulins, 15 escadrons de croates et de dragons de Forgatz et 30 escadrons de cuirassiers conduits par les colonels Maracini et Haraucour, flanqués de 10 escadrons de croates et de hongrois.









jeudi 12 novembre 2009

Lützen, 16 novembre 1632 (Imperial OoB)
















(The battle of Lützen, according to Peter Snayers.)

I will deal today (in french again) with the second difficulty provide by the battle : the formations adopted by the Imperial Infantry. In conclusion, the old Tercios was no long in use, unlike what several engravings tries to show. But there were at least 7 imperial battalia, 4 fighting Gustave-Adolphe and 3 in front of Bernard of Saxe-Weimar. They were, at the beginning of the battle, in 2 lines (5 in the first and 2 in the second, according to Heinrich Holk) but were soon engage in a single line.

La deuxième difficulté pour comprendre la bataille de Lützen vient de la formation adoptée par l'infanterie Impériale.
Les "reporters" du Theatrum Europaeum ont reproduit sur leur gravure 5 grands Tercios : 1 en première ligne, 2 en seconde ligne plus un 3èeme sur la droite derrière les moulins et un 5eme en 3e ligne. On retrouve cette même disposition dans la gravure (datant de 1633) de Friedrich van Hulsen dans Inventarium Sueciae qui est à priori antérieure à celle du Theatrum Europaeum (cf. Brzezinski).
Par contre, les représentations contenues dans le Swedish Intelligencer anglais (1633) ou derrière le portrait de Gustave Adolphe par Giovanni Paolo Bianchi (cf. encore une fois Brzezinski) présentent des bataillons carrés mais plus petits, et non pas en forme de Tercios.
Enfin, la version de Pieter Snayers, plus tardive (peinte une dizaine d'année après) présente les bataillons formés en losange mais pas en Tercios (voir reproductions ci-dessus et ci-dessous).

Heureusement, nous avons une source qui contredit ces formations, qui auraient alors dû réunir plusieurs régiments, ce qui n'était pas l'usage.
Tout d'abord la relation Heinrich Holk, que je ne possède pas mais qui est rapportée par Brzezinski : "5000 hommes de pied en cinq brigades ; le milieu en deux brigades de 1000 et six compagnies de chevaux mixées deux à deux ; et enfin se tenaient cinq compagnies commandées de 500 hommes de pied, et deux escadrons de 12 compagnies de chevaux." Cette relation indique clairement 7 bataillons de 1000 hommes et 5 compagnies de mousquetaires commandées qui faisaient à priori 100 hommes chacune (ou 500 chacune ?).
Incidemment, la relation de Gualdo conforte ce point de vue puisqu'il s'écarte ensuite de cette description de gros bataillons réunissant plusieurs régiments : ainsi, sur l'aile gauche impériale, "L’affaire devint bientôt générale. L’infanterie suédoise était déjà au bord du fossé. Le roi ordonna aux régiments des gardes de le franchir, et se mit en devoir de les soutenir avec quatre escadrons de l’aile droite. Les bataillons suédois s’ouvrirent aussitôt pour donner passage au feu des pièces chargées à cartouche qu’ils avaient avec eux, et suivent le coup pour s’élancer à l’autre bord. Mais Walstein leur avait opposé quatre bataillons soutenus de cavalerie que toute l’impétuosité suédoise ne put ébranler." Alors que sur l'aile droite, du côté des moulins, face à Bernard de Saxe-Weimar : "Tandis qu’on se battait avec cette fureur du côté du roi, le combat s’était engagé à l’aile gauche ou commandait de duc Bernard de Weimar. Les régiments de Loewenstein, Steinbach et Brandstein étaient aux mains avec ceux de Fugger, Holck, Grana et Prainer (Breuner), Galas à leur tête. On s’y battait avec le même acharnement qu’à l’aile droite." Le point de vue de Gualdo est inversé en terme d'aile - il se positionne côté suédois, mais on se retrouve là avec 4 bataillons à l'aile gauche et 3 l'aile droite (le 4e, Holk étant plus probablement un régiment de Cuirassier, d'après le traducteur de Gualdo mais aussi Guthrie et Brzezinski). Bref on retrouve ici les 7 bataillons des deux premières lignes au lieu des 4-5 grosses formations évoquées par les gravures et reprises par Gualdo, qui tente désespérément de faire coincider toutes ses sources !
D'autres auteurs contemporains aux évènements confirment ce point de vue, telle que la version du comte de Kevenhuller, évoquant au moins 3 bataillons sur l'aile gauche : "L’infanterie suédoise fondit tout d’un coup sur les mousquetaires, qui étaient dans les fossés du grand chemin, et les chasse de leur poste, prit sept pièces de canon plantés près des fossés, et les fit jouer avec tant de vivacité sur l’infanterie impériale, que la première, la seconde et la troisième brigade en furent ébranlées, et commençaient à lâcher pied, lorsque le duc de Friedland arriva, les rétablit, et les ramena au combat avec tant de succès, que les Suédois plièrent à leur tour, furent poussés jusqu’au delà des fossés, et sept canons furent pris." Ou encore la version du Soldat Suédois / Mercure françois qui évoque pour sa part 3 régiments impériaux sur l'aile droite : "Le duc (Bernard) ayant ce poste, et étant maître de la campagne entre deux et trois heures, crût qu’il ne restait qu’un poste à forcer vers un moulin à vent gardé par trois régiments impériaux, et se mit en devoir de l’enfoncer, découplant cependant divers escadrons à la queue des fuyards."

En conclusion, même si il est difficile de déterminer le nombre exact de bataillons d'infanterie impériaux à Lützen, il apparait que la ligne impériale soutint le combat avec principalement 7 bataillons et non pas 5 gros Tercios qui, si ils étaient disposés en 2 lignes au début de la bataille, combattirent rapidement sur une ligne : 4 à gauche face à Gustave Adolphe et 3 à droite face à Bernard de Saxe-Weimar.

mercredi 11 novembre 2009

Lützen, 16 novembre 1632 (Imperial OoB)

Sorry for this (long) post only in french. I will deal with the strength of the imperial army at Lützen and conclude that the proposition of Brzezinski (Lützen 1632) and Guthrie (Battles of the Thirty Years War), with 14 or 17,000 men for Wallenstein, are more credible than the 28-32,000 men announced by contemporary authors.












Il y a trois difficultés pour reconstituer l’armée impériale,
- la taille de l’armée (effectifs),
- les formations adoptées par les impériaux,
- les régiments présents.

Concernant les effectifs. Aucun contemporain ne donne les effectifs le jour de la bataille. Les chiffres ci-dessous s’appliquent en général au mois précédant la bataille de Lützen.
Galeazzo Gualdo donne 36,000 hommes à Wallenstein lorsqu’il est près de Nuremberg dont 10,000 pour Holck et Galas, 5,500 pour Grana et 14,000 pour lui-même, y compris les troupes bavaroises d’Aldringer. Mais le total ne donne que 31,500 hommes. Si on y ajoute les 9,000 hommes de Pappenheim lorsqu’il rejoint Wallenstein, le total monte à 41,500 hommes.
Le Theatrum Europaeum donne 40,000 hommes aux impériaux, dont 18,000 hommes pour Galas et Holck et 12,000 pour Pappenheim. Soit 10,000 hommes pour le corps qui restait à Wallenstein à Nuremberg. Wallenstein aurait donc eu de 28 à 32,000 hommes un peu avant Lützen, sans Pappenheim.
Le Soldat Suédois donne 20,000 hommes à Wallenstein, 12,000 à Pappenheim et 16,000 à Galas et Holck pour un total de 48,000 hommes (en octobre). Les pertes des impériaux étant de 10 à 12,000 morts. Le total serait ici de 36,000 hommes avant l’arrivée de Pappenheim.
Le Mercure François reprend mot pour mot le récit du Soldat Suédois.
Le comte de Kevenhuller donne 10,000 hommes à Gallas, 6,000 à Holck, 12,000 à Wallenstein, soit 28,000 hommes.

En fonction des observateurs contemporains, on a donc un effectif hors Pappenheim allant de 28 à 32,000 hommes plus 9 à 12,000 pour Pappenheim. Mais il faudrait défalquer de ces chiffres les pertes endurées lors des combats qui précèdent et l’attrition.

Pour compliquer le tableau, les auteurs récents (Brzezinski, Guthrie) revoient ces chiffres fortement à la baisse.
Brzezinski nous dit “Face à eux il y avait l’armée de Wallenstein que la rumeur donnait à 30,000 hommes, mais en réalité un peu plus de 12,000.
Guthrie nous donne 35,000 hommes, y compris Pappenheim, le 14 octobre. Le 14 novembre, il compte 15 à 18,000 hommes à Wallenstein et Holk, 5,000 hommes à Pappenheim et 6 à 7,000 hommes à Galas. Pour un total de l’ordre de 28,000 hommes dont 5,000 pour Pappenheim.
Les deux auteurs font ensuite une estimation de cet effectif en se servant de la Krieglisten de 1632 (à laquelle je n’ai pas accès), qui recense les régiments et le nombre de compagnies. L’effectif est ensuite obtenu en estimant un nombre d’hommes moyen par compagnie.
Guthrie décompte ainsi, pour Wallenstein, 16,770 hommes soit 9,870 fantassins (avec des effectifs de compagnie compris entre 50 et 150 hommes) et 6,900 cavaliers (avec des effectifs de 20 à 70 chevaux par compagnie). Le corps de Pappenheim compterait 5,000 hommes (2,700 fantassins et 2,300 cavaliers).
De son côté, Brzezinski estime ces chiffres à 13,750 pour Wallenstein (8,550 fantassins et 5,200 cavaliers) et 5,650 hommes pour Pappenheim (3,000 fantassins et 2,650).

Difficile de réconcilier ces chiffres. Les travaux récents divisent par deux les chiffres des auteurs contemporains à l'événement. Il est donc utile de regarder le nombre de compagnies présentes à Lützen.
Brzezinski compte 89 compagnies d’infanterie (plus 45 pour Pappenheim) et 84 compagnies de cavalerie, 25 de croates et 5 de dragons (39, 23 et 9 pour Pappenheim).
Guthrie compte 95 compagnies d’infanterie (plus 43 pour Pappenheim) et 96 compagnies de cavalerie, 25 de croates et 5 de dragons (35, 20 et 7 pour Pappenheim).
A l'époque, Gualdo comptait (pour Wallenstein uniquement) 95 compagnies d’infanterie, 59 escadrons de cuirassiers, 53 escadrons de croates et dragons (de l’ordre de 5 pour ces derniers).
Pour 32,000 hommes dont 40% de cavalerie (18,000 fantassins et 12,000 cavaliers), la compagnie d’infanterie compterait en moyenne 190 hommes et “l’escadron” (Gualdo évoque plus probablement la compagnie) 107 chevaux.

Les ordres de grandeurs sont donc équivalent (89/95/95 compagnies d’infanterie et 114/126/112 de cavalerie). La question se pose donc de la manière de calculer des uns comme des autres.
Au début de la guerre de trente ans, les régiments d’infanterie impériaux étaient à 10 compagnies de 300 hommes soit 3000 hommes. Mais il était possible de lever des régiments de 2000 hommes (compagnies de 200), ce qui se faisait couramment, et certains régiments pouvaient compter que 5 compagnies. Dans les faits, une fois la campagne avancée, peu de régiments dépassaient 1200 hommes, pouvant même tomber à 500 hommes (50 hommes par compagnie). L’effectif moyen calculé à partir des chiffres de Gualdo quelques temps avant la bataille, parait donc surévalué (190 hommes par compagnie est trop proche de l’effectif théorique). Guthrie (104 fantassins par compagnie) et Brzezinski (96 hommes par compagnie) proposent des chiffres plus crédibles.
Le régiment de cavalerie impérial comptait théoriquement 10 compagnies de 100 chevaux soit 1,000 cavaliers, mais en 1632, le régiment comptait en moyenne 500 à 800 chevaux (selon Guthrie).
Guthrie estime un effectif moyen de 55 chevaux par compagnie à Lutzen, chiffre crédible, et Brzezinski donne une compagnie à 46 chevaux. On est dans les deux cas à la moitié de ce que pourrait donner le chiffre de Gualdo.

En résumé, aucun auteur contemporain aux événements ne donne les effectifs réels des impériaux le jour de Lützen. Les fréquents détachements puis regroupements en différents corps (Aldringer, Holk, Galas, Pappenheim) leur compliquent d’ailleurs la tâche. Ceux que l’on trouve sont contradictoires, comme c’est souvent le cas (en fonction du “parti” qui relate l’évènement) et sont antérieurs à la bataille de plusieurs semaines. Il parait donc prudent de suivre Guthrie (Battles of the Thirty Years War) et Brzezinski (Lützen 1632) dans leurs raisonnements.

Prochain sujet : les formations impériales à Lützen.

lundi 9 novembre 2009

Lützen, 16 novembre 1632 (Imperial OoB)








L'OoB impérial est peut-être la partie la plus délicate de l'analyse de la bataille. Il fera donc l'objet de plusieurs messages. Pour cette première étape, je me contenterais de présenter la vision de Gualdo. Je ne sais pas si celui-ci était présent lors de la bataille. Est-il reparti en Italie pour la mort de son père avant la bataille ? je le pense. Ou alors, la vision qu'il avait du champs de bataille, de l'endroit où il se trouvait, n'était pas suffisante ...
L'ordre de bataille présenté par Gualdo semble inspiré de la carte du Theatrum Europaeum (cf. ci-dessus). Or celle-ci présente les impériaux alignés - à tort - en 5 gros Tercios. Et il a dû tenter d'adapter son récit à ce plan - qu'il a nécessairement eut rapidement entre les mains - alors qu'il ne correspondait pas aux faits réels. On s'en aperçoit dans la suite de son récit, qui n'évoque plus que des bataillons de la taille de régiments. Mais avant de continuer sur l'analyse, place au récit...

The imperial OoB is almost the difficultiest part of the battle analysis. But before dealing with this point, let's see the description of Gualdo (who don't seems to be present at the battle but seems to have try to match the account and the -false - Theatrum Europaeum map).

Dès que Walstein sut que le roi avançait sur lui il ne douta pas que ce fut pour l’attaquer. mais le généralissime qui ne manquait pas d’activité, avait pris ses précautions de bonne heure. Pappenheim avertit revenait à grand pas. Walstein avait supputé le temps qu’il fallait pour sa marche et trouvé qu’il viendrait à propos pour le seconder. Cependant il était encore indécis s’il engagerait une action avec les Suédois ou s’il n’aurait pas plus d’avantage à se mettre sous le canon de Leipzig et à laisser l’ennemi se consumer par la faim. Mais le plus grand nombre fit la réflexion qu’en se retirant l’armée aurait l’ennemi à ses trousses dès la pointe du jour, et cet avis l’emporta. l’armée était déjà en bataille, lorsque l’avant-garde des Suédois s’avança avec l’artillerie de campagne à la hauteur du premier poste des Impériaux qui était au-dessus de Lutzen vers le sud près des moulins dont j’ai parlé en décrivant le terrain.
Isolani à l’aile gauche commandais un gros de 28 escadrons de croates et de hongrois, tous montés sur de petits chevaux très-vite à la course. Derrière ceux-ci étaient 3 escadrons de cuirassiers de Cronenberg, Goetz, Deffurt, Tersica et Bredau.
Le corps de bataille était sur trois lignes. La première formée d’un gros bataillon de 25 compagnies d’infanterie des régiments de Bertaut-Walstein, Chiesa, Colloredo et duc Savelli, ayant sept pièces de canon en front. La seconde ligne était de 32 compagnies d’infanterie partagées en deux bataillons des régiments de Galas, Grana, Holck, Gueis ou Geysa, Prainer ou Breuner et d’autres. A leur droite étaient 24 escadrons de cuirassiers du comte Octave Piccolomini, du marquis Gonzague, de Strozzi et Coronino, les colonels à leur tête. Ils avaient entre eux plusieurs pelotons (maniche) de mousquetaires. Près de ceux-ci deux autres gros escadrons de Geronimo Colloredo, Reichemberg, Sparr, Schaumbourg et Officutz barraient le chemin de Lutzen au-dessus des moulins. À leur droite était un gros bataillon de 16 compagnies des nouvelles levées de Dohna, Montecucculi et Tersica, que soutenaient 15 escadrons de croates et de dragons de Forgatz.
L’arrière-garde ou troisième ligne ayant également la forme d’un gros bataillon était de 22 compagnies d’infanterie des régiments de Maximilien Walstein neveu du général, Contrès, Fugger et Henri-Saxe de Lauenbourg. A sa gauche étaient 30 escadrons de cuirassiers conduits par les colonels Maracini et Haraucour, flanqués de 10 escadrons de croates et de hongrois.
L’artillerie soutenue par de bonne infanterie défendait le fossé, et 17 pièces étaient plantées sur la hauteur près des moulins.
Galas menait l’arrière-garde de la droite, dont Cronenberg et Deffurt sergents-majors conduisaient la gauche. Officutz était à la tête de toute l’infanterie, et Walstein au centre accompagné des princes de Toscane, frère du grand-duc, de renaud et Borso d’Este, du comte de Michna commissaire général de l’armée, et de tous les gentilshommes et officiers de sa suite. Schaumbourg commandait l’aile gauche du corps de bataille, et Rinoch, Haraucour et Deodau quartier-maître général menaient l’arrière-garde.
Dès que l’armée fut rangée, Walstein fit approcher de son carrosse les généraux à qui il donna les derniers ordres. Il voulut qu’on dit la messe dans le camp avant d’attaquer. le généralissime se fit ensuite mener le long des lignes, parlant aux troupes avec dignité et exhortant le soldat au mépris de la mort par l’espoir des récompenses, des honneurs et des emplois. Aussitôt que l’ennemi parut, il monta à cheval et attendit fièrement l’attaque des Suédois.

dimanche 8 novembre 2009

Lützen, 16 novembre 1632 (Swedish OoB)



(Swedish ooB according to Theatrum Europaeum)


Il est maintenant temps d'attaquer le délicat sujet de l'ordre de bataille (OdB). Si il ne pose aucun soucis côté Suédois, ce ne sera pas le cas pour les impériaux. Commençons donc par le plus facile... Tout le monde semble d'accord (sauf Gualdo qui fait une erreur, en oubliant, selon moi, de décompter les 7,000 hommes détachés à Birkenfeld), l'armée suédoise comptait de l'ordre de 20,000 hommes dont 6,000 chevaux.

It's time, now, to consider the delicate order of battle, beginning with the easier, the swedish OoB. Everybody agree of the swedish army size : around 20,000 men. Only Gualdo count 27,000 men but he likely forgot to deduct the 7,000 men Gustave-Adolph sent to Birkenfeld.

Mais revenons à la relation de Gualdo.
But here is Gualdo account.

Le Roi n’ayant que quelques domestiques à sa suite et pour toute armure un simple buffle, montait un cheval gris pommelé et conduisait l’aile droite de l’avant-garde qui était de 3,000 cavaliers goths et finlandais. Ils étaient partagés en 6 escadrons et commandés par les colonels Wansleben, Ruthwin et Vitzthum. Cinq pelotons (maniche) de mousquetaires étaient distribués entre ces escadrons pour tirer sur la cavalerie ennemie avant qu’elle fût à la portée du pistolet. Ces cuirassiers étaient tous aguerris, bien montés et armés de pistolets et de larges sabres dont les lames courbées en forme de faux brillaient dans leurs mains. Ce n’est point une fiction quand je dis que le soleil donnant sur ces corps tout couverts d’acier en rendait l’aspect éblouissant et formidable. Venaient ensuite 4 gros bataillons d’infanterie allemande et suédoise, assez espacés entre eux pour que ceux qui étaient derrière pussent y trouver place sans confusion. C’étaient les deux brigades noire et jaune, ainsi nommées de la couleur de leurs casaques, qui marchaient sous 28 enseignes aux armes de Suède ; auxquelles le roi avait joint les brigades bleue et verte formées de 18 compagnies des régiments de Winckel et Relingen et de celui de Bernard de Weimar mené par son lieutenant Wildenstein. A la tête de cette infanterie était le comte Nicolas Brahe de Wisinsbourg (colonel de la brigade jaune) qui marchait quatre pas en avant la pique à la main sous 26 enseignes de différentes couleurs et chargées de devises singulières.
Au corps de bataille étaient 4 autres bataillons étendus sur un large front et disposés derrière les premiers de façon à pouvoir sans confusion remplir l’intervalle d’un flanc à l’autre. C’étaient 34 compagnies d’infanterie des régiments de Stechnitz, Brandtstein, Loewenstein, Steinbach et Anhalt, les colonels à leur tête marchant la pique à la main et vêtus tous de manière à être reconnus du soldat dans la mêlée.
A l’aile gauche étaient 3,000 hommes de cavalerie allemande divisés en 6 escadrons comme ceux de la droite. Ils avaient des cuirasses, des pistolets, de bonnes épées et des massues en fer qui d’un côté avaient un marteau et de l’autre un crochet pour tirer à bas le cavalier ennemi par ses habits ou par les boucles de son armure. Ces 3,000 cavaliers étaient commandés par le duc Bernard de Weimar qui marchait à leur tête, suivi d’une foule de gentilshommes volontaires empressés à apprendre le métier de la guerre sous ce grand capitaine. Cinq pelotons de mousquetaires flanquaient ces escadrons et y étaient mêlés à même intention qu’à l’aile droite. C’est là qu’étaient les 22 escadrons de la garde royale, et les régiments de Karberg, Churlander (Courlandais), Wrangel (en fait, même régiment que Courlande), Wishaufen (Diesenhausen) et Courville.
L’artillerie était distribuée sur le front de la première ligne : 26 pièces de gros canon devant l’infanterie, et 20 pièces de campagne devant chaque aile chargées à cartouche.
L’arrière-garde commandée par le maréchal Kniphausen était de 52 compagnies d’infanterie partagés en 8 gros bataillons, 4 de forme carrée et 4 étendus sur un large front, composés des régiments étrangers de Mitzlaff, Geisdorf, Thurn ou la Tour, Hesse, Kniphausen, Hoffkirch et Guillaume de Weimar. ces 8 bataillons étaient soutenus de 10 escadrons de cavalerie. Les 5 du flanc droit conduits par les colonels Oemens, Boosse ou Boosen, Iseler et Agafelt ou Degenfelt, commandés par le lieutenant-général baron de Hoffkirch, étaient entremêlés de mousquetaires. les régiments de Beckermann, Bulacher, Goldstein, Platen et du lieutenant de Guillaume de Weimar formaient les 5 escadrons du flanc gauche, précédés de leurs colonels qui marchaient accompagnés de gentilshommes volontaires tous bien montés et bien armés.
L’armée rangée, Gustave appela ses généraux, leur donna encore quelques ordres, et fit chanter un cantique par toute l’armée pour attirer la bénédiction de Dieu sur ses armes. il se fit amener un cheval blanc, monta dessus, et fit deux fois le tour de l’armée repassant dans les rangs pour voir ses soldats et en être vu. (…)
Aussitôt Gustave ordonna que le bagage fut mis en sûreté, et fit retirer les femmes et les enfants qui étaient encore entre les lignes. Alors il descendit de son cheval blanc pour en prendre un noir, et dans le même temps l’armée se mit en mouvement ; marchant à l’ennemi au bruit d’une musique guerrière, dont les sons perçants mêlés aux acclamations des soldats portaient la confiance et l'allégresse dans tous les coeurs.


Et voici ci-joint une synthèse des différents OdB. Les OdB contemporains (Gualdo et Theatrum Europaeum) et les propositions d'auteurs récents (Brzezinski, 2001 & Guthrie, 2002).

And here is attached the summary of various OdB (Gualdo & Theatrum Europaeum one's and then, Brzezinski & Guthrie's).

Click on the picture for a large size view.


Lützen 1632 (battlefield)



(Moulins/Windmill de Lutzen in Theatrum Euopaeum)

Avant de passer à la délicate partie des effectifs et de l'organisation des deux armées, un petit mot sur le champ de bataille que Gualdo décrit parfaitement.

Before talking about the OoB, here is a description of the battlefield from Gualdo :


Chaque officier général (suédois) sut retrouver ses enseignes, ranger les bataillons et inspirer aux troupes la confiance dont Gustave était animé. le monarque déploya son armée dans la plaine de Lutzen.

Cette plaine du midi au nord peut avoir une lieue de long. Elle a son côté nord-ouest bordé de quelques bouquets de bois et Chursitz au nord. Ce village situé entre de riants coteaux est un séjour agréable plutôt qu’un lieu de défense. Entre ces coteaux au nord-est le terrains s’abaisse sous une pente douce et parait faire limite entre Chursitz et Lutzen.
Lutzen borne la plaine à l’orient. De là jusqu’au midi le terrain s’élève insensiblement et forme comme un rempart à ce côté sud-est. Il redescend du sud au couchant d’où l’on voit la plaine dans toute son étendue. A une lieue en face de Lutzen est un ruisseau qui borde le sentier depuis les coteaux jusqu’à Chursitz. De ce même point plus occidental si l’on se tourne vers l’orient et qu’on jette les yeux sur le terrain, on voit un fossé presque comblé qui traverse la plaine dans sa largeur, et qui aboutit à une maison isolée, à quelque distance de quatre moulins à vent placés sur la hauteur.


(Another view of the windmills / autre vue des moulins de Lutzen, au coeur de la bataille).

samedi 7 novembre 2009

Lützen 1632 (before the battle)


Voilà les évènements qui ont précédé la bataille d'après Gualdo.

Here are the events before the battle according to Gualdo.





Walstein (…) s’arrêta non loin de Nuremberg pour passer en revue son armée qui se trouva réduite à 36,000 hommes. Le comte de Galas qui conduisait l’arrière-garde eut ordre d’allumer tous les villages appartenant à la seigneurie de Nuremberg, et prit ensuite la route de la Misnie pour en déloger l’armée saxonne. Walstein (…) se flattait de rompre cette alliance (Saxo-suédoise) en envoyant en Saxe 10,000 hommes commandés par Holck et Galas qui avaient ordre de ravager ce beau pays (…)
Il donna aussi 4,000 fantassins et 1,500 chevaux au marquis de Grana qui eut ordre de s’établir dans le margraviat de Bayreuth en Franconie. (…)
Mais parce que le maréchal Horn était entré en Bavière avec 8,000 hommes d’infanterie et 4,000 chevaux, et qu’il jetait la consternation dans l’électorat, Maximilien sentit le besoin de voler au secours de son pays. Il y avait 14,000 hommes dans l’armée de Walstein, y compris les troupes d’Aldringer. Il courut assiéger Rain sur le Lech (…)
Walstein était fort affaibli depuis la séparation des Bavarois et avait encore à souffrir de la disette des vivres dans un pays ruiné. C’est ce qui lui fit prendre le parti d’abandonner les environs de Bamberg pour chercher à s’emparer de Cobourg, ville de Franconie aux frontières de la Thuringe avec un bon château. (…) Cobourg devait couvrir le flanc de Walstein lorsqu’il serait temps de se joindre à Holck et Galas et de ravager la Misnie de concert avec eux.
Gustave était avec l’armée à Neustadt sur l’Aisch entre Nuremberg et Bamberg, lorsqu’il apprit la séparation des Bavarois, et le dessin que Walstein avait de s’emparer de Cobourg pour être plus à portée de prêter la main à Holck qui était déjà dans la Misnie, et à Galas qui sans doute y était aussi. Gustave vit la nécessité de sauver la Saxe pour se conserver un allié qui pouvait lui échapper. Il donna des troupes au duc de Weimar qui forma un camp d’observation du côté de Sendelbach près de Nuremberg, avec ordre de ne pas perdre de vue Wallenstein, et d’avertir le roi de l’approche de Pappenheim qui revenait à grandes journées pour tomber aussi sur les malheureux saxons. (…)

Gustave laissa 5,000 hommes d’infanterie et 2,000 chevaux au duc Christian Palatin de Birckenfeld pour garder la frontière de Souabe du côté de la Bavière. Avec le reste de son armée qui était de 7,000 chevaux et de 10,000 fantassins, le monarque retourna devant Nuremberg et vengea cette ville de l’insolence de la garnison de Lauf qu’il remit à la discrétion des Nurembergeois. Il voulut traiter de même Lachtenau (…) Il chargea de ce soin le colonel Sperreuter à qui il laissa 3,000 hommes. (…) Le comte de Gronsfeld resta dans l’évêché d’Hildesheim avec 7,000 hommes pour faire le siège de Neubourg, place forte sur l’Aller, et Pappenheim courut sur Erfurt. (…)
Gustave pour ménager ses troupes les avait partagées en deux corps (…) Le corps sous les ordres du duc Bernard arriva. Gustave fit assembler les généraux et voulut que chacun dit librement sa pensée sur le parti qu’il y avait à prendre. (…)
Il passa son armée en revue qui se trouva forte de 27,000 hommes, 16,000 fantassins et 11,000 chevaux. L’avant-garde aux ordres du duc Bernard de Weimar était de 4,000 cavaliers allemands et finlandais, de 1,000 dragons et de 6,000 fantassins, distribués en 6 gros bataillons. Le corps de bataille que commandait le maréchal de Knyphausen était également de 6,000 hommes d’infanterie en trois corps et de 4,000 chevaux en 8 gros escadrons. Le Roi menait l’arrière-garde composée de 1,000 cuirassiers d’élite, de 1,000 dragons et de 4,000 fantassins partagés en gros bataillons et escadrons comme ceux de l’avant-garde du corps de bataille, et les escadrons de la réserve ayant chacun cinq pièces de campagne qui couvraient le front. (…)
Walstein avait levé le siège du château de Cobourg, pris Leipzig, et occupé tout le terrain depuis cette ville jusqu’à Merfebourg et Weissenfels sur la Saale. Gustave courut s’emparer de Naumbourg sur la même rivière un peu au dessus de Weissenfels et plus près d’Erfurt. Naumbourg le rapprochait des Saxons qui étaient alors aux environs de Torgau sur l’Elbe avec 12,000 fantassins et 4,000 chevaux, occupés à s’opposer aux desseins de Walstein.

(Walstein) venait d’être renforcé des 9,000 hommes de Pappenheim, et la jonction de ces deux généraux maîtres des meilleurs postes empêchait les Saxons de se joindre à l’armée du Roi.
Le monarque suédois attendait le moment d’attaquer avec avantage, lorsqu’on vint lui dire que Walstein avait abandonné Weissenfels, et resserrait ses quartiers autour de Lutzen a deux lieues de Leipzig, et que Pappenheim prenait le chemin de Halle sur la Saale afin de couper le passage au duc de Lunebourg qui marchait à grandes journées pour se joindre aux Saxons, et venir renforcer la grande armée. Gustave ne voulut point attendre ce secours qui était encore éloigné, et résolut de profiter de l’absence de Pappenheim et des meilleures troupes pour tomber sur le camp de Walstein. Il se mit en marche et fit prendre les devants à ses braves finlandais.
Walstein qui pénétrait les vues du roi vit qu’il était attaqué. (…) Il convint secrètement avec Pappenheim de ne point attaquer et de laisser le roi courir à son malheur ; mais il fut dit que celui sur qui il avancerait le premier en donnerait avis à l’autre par trois coups de canon. (…)
Le roi, qui ne savait rien de cette convention, hâta sa marche et se trouva bientôt à la vue du camp des impériaux dans la plaine de Lutzen. Walstein donne aussitôt son signal d’avertissement et dépêche des gens de confiance vers Pappenheim pour le rappeler. Mais craignant que le roi ne commençât l’attaque dès le lendemain matin avant que Pappenheim pût arriver, il profita d’un fossé qui traversait la campagne, et employa toute la nuit à le faire déblayer et à l’élargir. Ce fossé qui couvrait le front du camp fut garni de mousqueterie et de canons. Walstein en était plus fort, mais les Suédois le voyant retranché en furent plus hardis à l’attaquer. Il y eut à cette occasion divers chocs de cavalerie. La perte fut assez égale ; mais les Suédois restèrent maîtres du terrain, parce que Walstein ne voulut pas quitter son fossé que Pappenheim ne fût arrivé. (…)

Lützen 1632 (préambule)

Pour contribuer à l'organisation d'une reconstitution de la bataille de Lützen, je vais consacrer plusieurs articles à cette bataille. Ma principale source contemporaine étant l'oeuvre de Galeazzo Gualdo Priorato, auteur de l'Histoire des dernières campagnes de Gustave-Adolphe, ce premier message est consacré à la présentation de l'homme.

To contribute to the simulation of the Battle of Lützen, I'll spend several articles on this battle. My main source is the contemporary works of Galeazzo Gualdo Priorato, author of History of past campaigns of Gustavus Adolphus, the first message is devoted to the presentation of Gualdo.


Le comte Galeazzo Gualdo Priorato est un militaire contemporain de Gustave-Adolphe qui a servi volontairement dans les deux armées, impériale et protestante, uniquement pour s’instruire. Son témoignage est donc neutre, il ne prend pas parti, et ne peut être suspect, comme le dit son traducteur : Il a cherché à dire la vérité. S’il ne l’a pas toujours connue, il a du moins le mérite de rendre avec intelligence quelques détails d’une guerre qui tient une place distinguée dans l’histoire militaire du siècle passé.
Galeazzo Gualdo Priorato se présente ainsi :
« Dès que je fus en âge de porter les armes, mon père qui était le comte Nicolas Gualdo Priorato mestre-de-camp au service de la République de Venise voulut que je travaillasse à me rendre digne de lui succéder un jour dans les emplois honorables qu’il avait trouvés dans la famille. Je fus d’abord envoyé en Hollande à l’armée du grand Maurice d’Orange, et j’y servis trois ans sous M. Hauterive colonel français. De là je fus à l’armée du comte Ernest Mansfeld qui faisait la guerre en Allemagne. Je m’arrêtai aussi quelque temps en France pour y prendre une idée de la guerre des Huguenots (vers 1627-28). de là je passai en Angleterre comme on y levait des troupes destinées au rétablissement de l’électeur Palatin. Les troubles survenus au Piémont et dans la Valteline (1629) me paraissant une meilleure école, j’y courus, et je restai en Lombardie tant que dura la guerre de Mantoue, qui ne fut pas longue (1631). j’avais envie de revoir l’Allemagne ; ainsi je me rendis à l’armée de Walstein (1632), où je m’arrêtai longtemps; je ne quittai même que parce que la mort de mon père arrivée dans l’île de Zante comme il revenait de son gouvernement de Candie me rappelait dans ma famille. mais je ne tardai pas à revenir en Allemagne : l’armée suédoise y était en trop grande estime pour ne pas chercher à la connaître. dans ce dessein je m’attachai au maréchal Horn (mort en 1634) et depuis au duc de Weimar auprès de qui je restai quelques années. (…)
J’étudiais la conduite des Chefs et leurs caractères. (…) A l’armée je voyais à quoi tient souvent la réussite la réussite d’une entreprise : combien il est nécessaire de connaître le local d’un pays, les moeurs de ses habitants, l’assiette et la force des places, les cours des eaux, les passages importants, les troupes dont on a le commandement, le temps, le lieu, enfin tout ce qui concourt à l’exécution du projet le mieux concerté et qu’un rien peut déranger.
J’écrivais mes observations à mesure, et j’en ai conservé des mémoires aussi détaillées que mes lumières et la brièveté du temps me l’ont permis. j’ai depuis rassemblé ces matériaux et je les ai fourni au jugement de mes amis. (…)
Au reste je suis sûr de ce que j’ai vu ; je ne réponds pas également des mémoires qui m’ont été fournis. L’esprit de parti fait qu’on ne dit jamais les choses comme elles sont, mais comme on voudrait qu’elles se soient passées; il n’y a princes ni ministres qui tiennent, je n’ai pas plus de foi à leurs relations qu’à celles des autres, parce que je sais qu’on peut les tromper… J’ai eu du moins la précaution de faire un choix dans les mémoires qui m’ont été communiqués. je n’ai employé que ceux de personnes qui m’ont dit avoir été présentes; Encore ai-je bien fait la différence d’un rapport à un autre, parce qu’il y a des gens qui voient mal ou qui manquent de mémoire, qui renversent l’ordre des faits (…)
A Venise, le 2 juin 1640. »

jeudi 5 novembre 2009

Lützen 1632




Lützen. Bataille emblématique de la guerre de 30 ans, aux côtés de La Montagne Blanche, Breitenfeld, Nordlingen ou encore Rocroi. Gustave y trouva la mort et Wallenstein parvint a stopper les suédois, même si c'est lui qui quitta le champs de bataille.

Les cartes ci-dessous, extraites de la gazette allemande du temps (Theatrum Europaeum), même si elles sont contemporaines, sont fausses.
Les impériaux y sont représentés alignés en lourde formation de Tercios, formation que Wallenstein abandonna après Breitenfeld. Les bataillons de Wallenstein étaient en fait de petites unités de 500-1200 hommes sur 10 rangs (et non 50 comme les tercios). Les espagnols eux-même se déployèrent sur 8-10 rangs à Nördlingen en 1634. Sur les 10 rangs, il y en avait, au milieu, 7 de piquiers (plus 3 de mousquetaires sur leur front)... parce que Wallenstein tenait à ce que les couleurs du bataillon soient piles au milieu du bloc de piquiers ! (voir R. Brzezinski ou W.P. Guthrie sur le sujet). D'après Guthrie, un témoin protestant aurait affirmé que "l'armée ennemie était organisée comme la nôtre". Et Wallenstein se serait inspirée des théories de Basta qui suggérait de déployer un régiment de 3,000 hommes en 3 bataillons de 1,000 hommes sur 12 rangs.

Ces dispositions (bataillons "en ligne" et non en tercio) sont confirmées par d'autres peintures et gravures : celle du "Swedish Intelligencer" britannique, daté de 1633 ou encore le tableau de Pieter Snayers, réalisé en 1642.

























Lützen. Iconic battle of the thirty years war, alongside the White Mountain, Breitenfeld, Nordlingen or Rocroi. Gustave was killed and Wallenstein has managed to stop the Swedes, even if he left the battlefield.

The maps below, taken from the German newspaper of the time (Theatrum Europaeum), even if contemporary, are false.
The imperialists are represented aligned in heavy tercio formation, training that Wallenstein abandoned after Breitenfeld. The battalions of Wallenstein were made of small units of 500-1200 men in 10 rows (and not 50 as tercios). The Spaniards themselves are displayed on 8-10 rows at Nördlingen in 1634. Of the 10 rows, there were, in the middle, 7 of pikemen (plus 3 musketeers on their forehead) ... because Wallenstein wants the colors of the battalion to be in the middle of the block of pikemen ! (see R. Brzezinski or WP Guthrie on the subject). According to Guthrie, a Protestant witness reportedly said that "the enemy’s army was organized like ours." And Wallenstein was inspired by theories of Basta , who suggest to deploy a regiment of 3,000 men in 3 battalions of 1,000 men in 12 rows.

These provisions (battalions "in line" and not in tercio) are confirmed by other paintings and engravings : that of "Swedish Intelligencer" British, dated 1633 or even painting by Pieter Snayers, completed in 1642.