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vendredi 15 janvier 2010

Louis XIII's cavalry of the Guard, 1643
















(King's Musketeers by JOB)

I have already presented the french army in 1648. Here is, from the Mercure François following Louis XIII's death (in 1643), the march order of the household, escorting the king's body... (in french and, below, in english) :

« Les gens de guerre à cheval et les compagnies d’ordonnance de la garde du roi commandés pour accompagner le corps, les archers du grand prévôt, du capitaine de la porte, et autres qui vont à pied avaient été envoyés devant, à demi quart de lieue de Saint-Denis, pour y attendre le convoi, où ledit sieur de Saintot les avertissait de prendre leurs rangs accoutumés, lors que le convoi partit de Saint-Germain aussi en cet ordre.
La compagnie des mousquetaires du roi marchait devant, sans que la caisse battit, le sieur de Treville capitaine à la tête. La compagnie des 200 chevaux légers de la garde allait après, le maréchal Schomberg aussi à sa tête, et sans que les trompettes sonnassent ; Après les ordinaires et gentilshommes servants du roi, contrôleurs, clercs d’offices, maîtres d’hôtel et autres officiers de la maison. (…) Le sieur le Breton roy d’armes et six hérauts avec leurs cottes d’armes et caducée en main, tous à cheval devançaient le chariot d’armes où était le corps du roi ; Aux deux côtés duquel étaient les gardes de la manche à cheval, leurs hallebardes en main pointe en terre, les pages du roi, et plus de quarante valets de pied autour du corps, lesdits pages tenant aussi chacun un flambeau à la main. Le chariot royal était suivi du comte de Charrost capitaine des gardes du corps à la tête de sa compagnie des gardes, et du duc de Saint-Simon premier écuyer, des officiers des gardes du corps, desdits gardes, et des écuyers de la petite écurie. Après marchait la compagnie des 200 gendarmes de la garde du roi, le comte de Saligny et le sieur de Baupuis à la tête. »

« The men of war on horse and the ordonnance companies of the king’s guard ordered to accompany the body, the archers of the grand prévôt (Provost), of the Captain of the door, and others who go on foot had been sent before, an half quarter league from Saint-Denis, waiting for the convoy, where Sir Saintot warned them to take their ranks as usual, when the convoy left Saint-Germain in that order.
The company’s of the king’s musketeers marched in front, without beating the drum, the captain Sir de Treville at his head. The company of the guard’s chevaux légers, 200 strong, went after, Marshal Schomberg at his head, without the trumpet ringing (…) The royal carriage was followed by the count of Charrost, captain of the bodyguard, at the head of his company of guards, and the duke of Saint-Simon, first squire, the officers of the bodyguards and the squires of the small stable. Then marched the company of the king’s guard gendarmes, 200 strong, the count of Saligny and Sir de Beaupuis at their head. »

mardi 1 septembre 2009

French Infantry drill circa 1610





















(Officiers, piquiers et mousquetaires français ; dessin de JOB).

Jérémie de Billon - Les principes de l'art militaire (C.1610) :

J. de Billon a écrit son manuel durant la première décennie du XVIIe siècle. Il s'inspire bien sûr des écrits des enseignements de Maurice de Nassau mais son manuel n'en reste pas moins remarquable. On y trouve des informations précises sur l'entrainement et les manœuvres, ainsi que de nombreuses propositions provenant de sa propre expérience. On y trouve aussi des innovations telle ce qui deviendra la fameuse "brigade suédoise" à 3 bataillons dont l'un soutenant les deux autres, ou l'inverse...

Jérémie de Billon wrote his drill book during the first decade of the seventeenth century. This course draws from the writings of JJ Walhausen but its manual is nevertheless remarkable. It contains detailed information on training and maneuvers, as well as many proposals from its own experience. There are also innovations such as what would become the famous "Swedish Brigade" of 3 battalions, including one supporting the other two, or vice versa ...


Bataillon de 500 hommes de pied, l’ordre pour aller au combat.

"Les hommes sont serrés, comme pour choquer : sinon que je laisse un pied entre les rangs et les files, afin de les séparer ; il est à noter que l’homme de pied tient plus en travers et face, qu’en l’épaisseur de son corps quand les hommes sont arrêtés, montrant tout le devant du corps ; mais quand les piquiers se joignent presque épaule contre épaule, se tournant de biais pour enfoncer l’ennemi, et qu’il y a un peu d’espace entre les files pour coucher les piques, chaque homme tient alors autant d’espace en un côté, comme en l’autre.
Les 500 hommes du bataillon étant par files de dix hommes, il y aura cinquante hommes de front, et dix de file.
Chaque homme tenant deux pieds en travers ou face, fera 100 pieds en tout, puis un pied et demi entre chacun feront 75 pieds, et ainsi pour toute la face, 175 pieds.
Les hommes tirant un pied et demi d’épaisseur chacun, fera pour les dix hommes de file 15 pieds, puis un pied et demi entre chaque rang feront 10 pieds, et ainsi pour toute la longueur du bataillon 30 pieds ; car je dispose ainsi comme il est dit, il tiendront trois fois autant d’épais, les rangs et les files étant éloignés de trois pieds pour attendre les ennemis, et en tiendront six fois autant éloignés de six pieds pour l’exercice ou pour paraître. Les rangs et files ne doivent jamais serrer du tout, sinon comme il faut baisser les piques ; car autrement il n’y aurait pas d’espace pour faire promptement doubler les rangs, ou les files, s’il était besoin. (…)
Il y a 200 mousquetaires en 20 files, 10 files à chaque flanc. Il y a 300 piques pour un corps, car je voudrais toujours s’il se pouvait que de cinq parties, les trois fussent piquiers, et les deux mousquetaires, et faut quatre ou cinq pas d’espace entre les piques et les mousquetaires. (…)
Si l’on veut l’on pourra faire les files de 12 hommes ou 14, mais c’est assez aussi : car les combats ne s'opiniâtrent point tant que la victoire vienne de mieux pousser. Deux ou trois bataillons séparés en incommodent fort un gros, et puis l’on en peut joindre deux ensemble quand on voudra.
Et dirais que pour plus de facilité il ne faut que deux sortes de bataillons, l’un de 500 hommes, à savoir 300 piquiers et 200 mousquetaires disposés 10 de file, 50 de front ; et l’autre forme serait de 1000 hommes, joignant deux bataillons de 500."

La "brigade suédoise" avant l'heure :

"L’on peut user de plusieurs finesses de gens de pied contre gens de pied.
1- Comme jeter des pelotons de mousquetaires détachés, qui tirent en flanc, et aillent aux mains par les flancs de l’ennemi.
Et même si l’on veut on fera promptement sortir quelques files de piquiers qui iront former des pelotons sans que l’on les voit séparés du corps du bataillon, sinon étant prêt de combattre ; car il est malaisé de marcher loin avec ces pelotons détachés.
2- Ou bien l’on peut faire tout d’un coup doubler les files, ou les rangs du bataillon, de sorte que ce changement de forme soudain trompe les ennemis.
3- Ou bien l’on fera trois bataillons, dont il y en aura deux en face qui sembleront n’être qu’un corps, et un autre derrière ces deux là. Comme on sera prêt de choquer, les deux bataillons de devant s’ouvriront et iront charger les ennemis aux deux flancs ; et la bataillon de derrière choquera en front, de sorte que cette nouveauté arrêtera et épouvantera les ennemis.
Mais il faut un bon conducteur à chaque bataillon, et leur dire ce qu’ils ont à faire, et en quel temps ils le feront.
4- Ou bien on mettra un bataillon seul en front et deux autres derrière, et comme on sera aux mains avec l’ennemi ils partiront et iront charger en flanc. Et c’est le vrai remède contre ceux qui mettront 2 bataillons devant et un derrière, les faisant seulement porter au temps que les autres deux seraient déjà attachés au flanc de notre bataillon, car cela est sans doute celui qui exécute le dernier fait grand dommage, quant à ce qui est des ruses et de venir aux mains.
Il y a plusieurs autres ruses et inventions qui seraient longues à dire, et qui dépendent de l’esprit des capitaines. Il en faut changer souvent, ou autrement elles porteraient dommage, parce que les ennemis se disposeraient pour résister à tel ordre ; et pour y vaincre aussi. Car ce sont les deux choses que l’on veut faire."

mardi 4 août 2009

Maréchal La Force in Lorraine, 1634





Un petit bijou de document trouvé à la BNF, que je n’ai pu inclure dans mon ouvrage, envoyé par le maréchal de la Force au roi. On y trouve la liste des compagnies et régiments ainsi que le nombre de chariots.
En 1634, une compagnie de cavalerie compte théoriquement 100 chevaux, moins de 50 dans la réalité. En 1628, Richelieu a voulu réunir les compagnies qui comptaient à peine 50 chevaux en escadrons d‘au moins 100 chevaux. Mais il ne réglementera réellement cette pratique que par l’ordonnance du 3 octobre 1634, constituant des “escadres” de 100 chevaux chacune.
Les vieux régiments d’infanterie comptent une vingtaine de compagnies et les régiments temporaires sont constitués de dix compagnies. La compagnie est théoriquement de 100 hommes, moins dans la pratique. L’année suivante Richelieu descendra la compagnie 3 officiers et 50 hommes.
Source : Les armées françaises de la guerre de trente ans, Stéphane Thion, LRT Éditions.
Cette liste nous donne 40 compagnies de cavalerie et 25 régiments d’infanterie (dont 4 vieux).
40 compagnies totalisant 4,000 cavaliers soit 100 chevaux par compagnie. Un chiffre élevé pour l’époque. Soit ces chiffres sont artificiellement augmenté, soit ce sont des escadrons.
25 régiments d’infanterie totalisant 10,000 fantassins, soit 400 hommes par régiment. De l’ordre de 40 hommes par compagnie. Ce chiffre semble plus cohérent !

(Illustrations ci-dessus : fantassins et cavalier par JOB)

The order of departure and march of the army of the King, to Germany, led by Mr. the Marechal La Force, from Vic on 17 September 1634.
is an interesting and unpublished document sent by the Marshal La Force to the king. This account includes a list of companies and regiments and the number of carts.
In 1634, a cavalry company numbers 100 horses in theory, less than 50 in reality. In 1628, Richelieu sought to bring together companies that had only 50 horses in escadrons of at least 100 horses. But he really does regulate this practice by the ordonnance of 3 October 1634, forming "escadres" of 100 horses each.
The old infantry regiments have a score of companies and temporary regiments are ten companies. The company count 100 men on the paper, less in practice. The following year Richelieu drop the company to 3 officers and 50 men.
Source: French armies of the Thirty Years War, Stephane Thion, LRT Publishing.
This list gives us 40 companies of cavalry and 25 infantry regiments (including 4 “vieux régiments”).
40 companies totaling 4,000 horse riders so 100 per company. A high figure for the time. Either these figures are artificially increased, or will be escadrons.
25 infantry regiments totaling 10,000 infantry, 400 men per regiment. Around 40 men per company. This figure seems more coherent !

L’ordre du départ et acheminement de l’armée du Roy, vers l’Allemagne, sous la conduite de Monsieur le Maréchal de La Force, de Vic le 17 de septembre 1634.
Avec le nombre des compagnies de cavalerie, et régiments d’infanterie de ladite armée.
A Lyon, 1634.

"Monsieur le maréchal de La Force, général de l’armée du roi, dans le duché de Lorraine, et frontière d’Allemagne, ayant (contre les forces du duc de Lorraine) pris et fait rendre les villes et nombres des places de ce duché, comme aussi les plus importantes de l’Alsace à l'obéissance de sa majesté, et notamment la ville de la Motte, contre l’opinion de plusieurs, attendu la situation et forteresse inexpugnable de cette place très importante. Après donc avoir mis de bonnes garnisons dans les villes, et places de Charmes, Remiremont, Haguenau, Saverne, Biches, Vaudemont, Ville-destin, Boar, et autres lieux de conséquence pour conserver lesdites places dans l’obéissance du roi, lesquelles garnisons ont été tirées de quelques régiments de ladite armée, ainsi qu’on a fait pour la garde de la ville de Nancy, deux compagnies de chaque vieux régiments. Ormis que pour la garnison de la ville de la Motte, le sieur de Perigard (que le roi a commis pour gouverneur) a levé des compagnies suivant le pouvoir que lui en a donné sa majesté pour la garnison de cette dite place.
Toutes choses étant bien assurée, d’un côté et d’autres, ledit sieur maréchal aurait donné avis au roi, et à messieurs les ministres d’état, de tout l’ordre des affaires, tant dudit duché, que frontières d’Allemagne, et ensuite de ce qu’il aurait reçu commandement de sa majesté de s’en venir dans la ville de S. Mihel (l’une des principales de la Lorraine) où il aurait séjourné quelques temps avec madame la marquise de La Force sa belle fille, et tout le train de leur maison.
Durant ce séjour les compagnies de cavalerie et infanterie de l’armée ont été séparées en divers lieux, mais non pas tant éloignées qu’au premier boute-selle de la trompette, et bruit du tambour toutes les troupes pouvaient être dans peu de temps sur pied, tant que les choses avaient été bien ordonnées, et le tout sans fouler le peuple, sinon que des moindres incommodités de la guerre.
Ledit sieur maréchal étant, comme dit est, dans la ville de S. Mihel pour se rafraîchir du grand travail qu’il a eu continuellement jour et nuit pendant le siège de la Motte où il a force tout ce qui pu permettre son âge, (tant que le zèle qu’il a pour le service du roi, l’a obligé de ce faire). Il aurait reçu commandement de sa majesté, de partir de ladite ville de S. Mihel, pour cheminer vers les frontières d’Allemagne, il arriva en la ville de Mers, nonobstant toutes les injures du temps, le dimanche dix septième de septembre.
pendant son séjour dans ladite ville il envoya visiter tous les quartiers de ladite armée, et faire commandement aux chefs et officiers de faire avancer les troupes, tant de cavalerie, qu’infanterie vers Vic, et Moyen-Vic, ce qu’ils firent suivant l’ordre qui leur avait été envoyé.
Toutes choses étant prêtes, et en état de se mettre en campagne, ledit sieur maréchal (l’infatigable dans ces peines, notamment quant elles sont pour le service du roi) se rend avec la compagnie de gendarmes, commandée par monsieur de Boësse son petit fils dans la ville de Vic, le mercredi 27 ensuivant. Dans cette ville le conseil fut tenu entre les chefs, et l’ordre arrêté pour aller vers les villes de Haguenau et Saverne, et de là suivant le cours des affaires avancer à Fribourg avec les forces suivantes savoir :

Cavalerie pour l’Avant-garde de l’armée.
La compagnie colonelle, commandée par monsieur de Bouchavane.
La comp. du maître de camp.
La comp. écossaise.
La comp. de M. de Blagny colonel.
La comp. de M. de Lorriere.
La comp. de M. des Roches-bariteaut.
La comp. de M. de la Fraizeliere.

Avec ces sept compagnies de cavalerie l’on a aussi fait joindre sept compagnies de carabins, qui sont :
La compagnie de monsieur Arnault, maître de camp, de présent gouverneur pour le roi dans l’importante ville de Philisbourg en Allemagne.
La comp. de M. d’Arrancourt.
La comp. de M. du Pré.
La comp. de M. de Courval.
La comp. de M. le marquis de Villars.
La comp. de M. de Byderan.
La comp. de M. de la Motte.

Infanterie de l’avant-garde.
Le régiment de Picardie, commandé par M. le comte de Barraut.
Le régiment de Navarre, commandé par M. de S. Simon l’aîné.
Le régiment de Varenne.
Le régiment de Vaubecourt.
Le régiment de Rambure.
Le régiment d’Alincourt.
Le régiment de Villeroy.

Corps d’armée pour la cavalerie.
La comp. des chevaux légers du Roy, qui est de 200 maîtres, commandée par M. de Contenant.
La comp. de la Reine.
La comp. de M. le Prince.
La comp. de M. le Cardinal Duc de Richelieu, commandée par M. de Mouy.
La comp. de M. le maréchal de la Force, commandée par M. le marquis de Bosse son petit fils.
La comp. de M. le baron de la Cressonière.
La comp. de M. de la Ferté de Sainneterre.
La comp. du feu chevalier de Sainneterre.
La comp. de M. le marquis de Praslin.
La comp. de M. le comte de Vattimont.
La comp. de M. le comte de Vientail.
La comp. de M. le marquis de la Valette.
La comp. de M. le marquis du Terrail.
La comp. de M. la comte de Pouillé.
La comp. de M. comte de M. de Beauveau.
La comp. de M. le marquis de Fourille.
La comp. de M. le comte de Dampierre.

Infanterie du corps d’armée.
Le régiment de Normandie.
Le régiment de Piemont.
Le régiment de M. de Tonnains.
Le régiment de M. d’Auquincourt.
Le régiment de M. le marquis d’Effiat.
Le régiment de M. le marquis de Mailleraix.
Le régiment de M. de Aunay.
Le régiment de M. de Nettencourt.
Le régiment de M. du Plessis Joygny.
Le régiment de M. de S. Etienne.
Le régiment de M. de Castelmoron.
Le régiment de M. de Bettencourt.

Cavalerie de l’Arrière-garde de l’armée.
La comp. de M. de la Blocquerie Liégeois.
La comp. de M. de Miches Liégeois.
La comp. de M. le comte de Guiche.
La comp. de M. le marquis de S. Chaumont.
La comp. de M. le marquis de Villeroy.
La comp. de M. de Fequiere, de présent ambassadeur pour le roi en Allemagne.
La comp. de M. le Premier.
La comp. de M. le commandeur de la Porte.
La comp. de M. le marquis de la Maillerais.

Infanterie de l’arrière-garde.
Le régiment de M. le colonel Elbron Écossais.
Le régiment de M. de Chasteliers-Barlot.
Le régiment de M. le baron de Montozier.
Le régiment de M. le baron de S. Hilaire..
Le régiment de M. de la Boulley.
Le régiment de M. le vicomte de Turenne.

Le lecteur me pardonnera, si les compagnies de cavalerie et régiments d’infanterie ici contenues ne sont peut-être selon le vrai ordre qu’elles doivent être, mon intention n’est point de frustrer le rang à qui il appartient.

Outre les forces ci-dessus, ledit sieur maréchal fait aussi mener dans le corps de ladite armée 27 pièces de gros canons, et 34 moyennes, 800 tant chariots que charrettes chargées de munitions de guerre, 1600 tant chariots que charrettes chargées de vivres, et de toutes choses qui sont nécessaires pour subvenir à une puissante armée.
Par la grande prévoyance du sieur Coquet, général des vivres dans ladite armée, il a à la suite d’icelle des blés et farines plus qu’il ne faut pour fournir plus de deux mois de pain d’amunition, qui ne manque d’être délivré tous les jours aux soldats dont les contrôleurs doivent apporter deux fois la semaine les quittances des compagnies du conseil.
Et pour les payes des capitaines, lieutenants, officiers, gendarmes et soldats, qui est le seul nerf de la guerre, le sieur de Gobelin maître des requêtes ordinaires de l’hôtel du roi, et intendant de la justice et des finances de l’armée, y prend continuellement un tel soin, qu’à point nommé les montres sont payées par les officiers, en telle sorte qu’il n’y aucun suite de plaintes.
Cependant que ce généreux maréchal, vieux routier de la guerre, fait reconnaître quelles sont les forces des français, monsieur le marquis de la Force son fils aîné ci-devant premier maréchal de camp de ladite armée est de présent vers les Ardennes avec 14,000 hommes, savoir 4,000 de cavalerie, et 10,000 d’infanterie sous sa conduite, où il attend les commandements du roi."

lundi 3 août 2009

French chevaux-légers and carabins under Henri IV






(drawing from J.J Walhausen)

De la cavalerie française sous le règne du grand monarque Henri IV
(suite)
"Quant aux chevaux légers, les troupes seront toutes de 100 maîtres, feront 3 quadrilles, et en useront comme nous avons dit des gendarmes ; ils s’armeront d’armes complètes, ayant une cuirasse à preuve et le reste léger ; ils auront un pistolet à l’arçon sous la main de la bride, et à l’autre leur salade ou habillement de tête, et aux grandes traites le sac d’avoine en croupe, les espagnols l’appellent “alforia”, les italiens “bertollé”, les flamands “canapsa”, les anciens grecs et romains le nommaient “pica” ; car les gendarmes, lesquels par manière de dire, ne combattent qu’en un jour de bataille, pour le moins pas si souvent que les chevaux légers, ont un valet qui leur porte et leur salade et leurs nécessités de sorte que nos chevaux légers ne devant pas avoir tant d’embarras de valets, de chevaux et de train, les doivent porter eux-mêmes. Ils auront chacun deux chevaux, l’un de combat, et l’autre pour les gardes et courses, que pour porter la malle ; ils combattront par quadrilles jointes ensemble, comme j’ai dit ci-devant les gendarmes, excepté que la cornette sera au troisième rang attachée derrière l'aisselle du bras gauche avec une écharpe, et non pas comme l’enseigne des gendarmes, qui se porte croisée devant l’estomac, et s’attache avec des chaînes de fer ; la lance de la cornette doit être plus courte, et le drapeau plus petit que l’enseigne des gendarmes.
Chacune compagnie de chevaux légers doit avoir une troupe de 50 carabins avec soi sous la charge d’un lieutenant, lequel obéira au capitaine des chevaux légers, et n’aura d’autre cornette que celle de la même compagnie qu’elle suivra, avec un maréchal des logis et deux caporaux. Ils feront deux quadrilles, celle du lieutenant et celle du maréchal des logis, conduites chacune par un caporal. leurs armes doivent être, une cuirasse échancrée à l’épaule droite, afin de mieux coucher en joue, un gantelet à coude pour la main de la bride, un cabasset en tête, et pour armes offensives une longue escopette de 3 pieds et demi pour le moins ; les plus longues se porteront mieux en écharpe. Il doit porter aussi un pistolet comme les autres. Les carabins doivent être prompts à recharger, et pour cette effet porter des cartouches à la reître, et quantité de poudre et de plomb sur eux, chacun un bon cheval et vif, mais non pas des petits bidets.
Pour leur manière de combattre étant dans l’ordre que j’ai dit ci-devant, seront 15 de front et 7 à 8 rangs ; les 2 quadrilles de carabins à main gauche, trois à trois, celle du maréchal des logis s’avancera la première conduise par son caporal, lequel aura une longue arquebuse au poing. Leur maréchal des logis à la queue, avec une arquebuse aussi, et après la charge de ceux-là, le lieutenant des carabins fera soudain avancer son caporal, lequel en usera de même manière que l’autre le suivant en queue une arquebuse à la main ; mais ils ne partiront point que le capitaine des chevaux légers ne leur en donne le signal par son trompette, à savoir lorsqu’il verra l’ennemi à 200 pas, si ce sont lances, et à 100, si ce sont cuirasses à notre mode : il fera alors sonner sa trompette un mot seulement : “tarare” ; à cette heure là celui des carabins sonnera la charge tout au long ; et soudain l'esquadre du maréchal des logis partira au galop, et allant affronter l’ennemi, leur fera une salve de plus près qu’elle pourra puis passera à main droite pour recharger, l’autre suivra soudain, et coupant entre les deux troupes qui se veulent entre-charger et leur fera une salve, puis faisant le caragol (la caracole) passera à main gauche pour recharger : mais si les ennemis ont les carabins comme nous, il faut que l’une des esquadres de carabins aille attaquer non en gros, mais en escarmouchant ceux de l’ennemi, pour les empêcher de nuire à nos chevaux légers qui vont à la charge, et que l’autre fasse ce que nous avons conseillé ci-dessus.
Alors le capitaine de chevaux légers se trouvant à 25 ou 30 pas de l’ennemi, n’ayant jusque là été qu’au petit pas, fera sonner la charge et choquera à toute bride, faisant devoir d’appuyer le pistolet, comme nous avons dit que doivent faire les gendarmes, car autrement il ne vaut rien ; en même temps les carabins sur les deux flancs, ayant rechargé, investiront par les côtés de l’ennemi, et leur ayant tiré leurs escopettes de près, les aborderont à coups de pistolet. Pour le ralliement ils en useront comme nous avons dit que doivent faire les gendarmes.
Nous venons de dire qu’il faut que les gendarmes se résolvent à ne fuir jamais ; je dis maintenant que les chevaux légers sont obligés au rebours. Car alors qu’un général pour aucune considération ne veut point hasarder la bataille, ils doivent fuir cent devant dix, pour ne rien engager, mais aussi quand le général veut combattre, dix en doivent attaquer cent ; c’est à dire qu’il faut tout charger pour engager l’ennemi au combat.
Les carabins sont institués pour entamer le combat, pour suivre la victoire, pour les retraites, et pour les escarmouches : ils sont nommés carabins par les espagnols qui en ont été les auteurs. “Cara” c’est à dire visage en espagnol, et de “binus, bina, binum”, qui signifie double, comme qui les dirait à deux visages, à cause de leur manière de combattre, tantôt fuyant, tantôt tournant tête comme les parthes (1).
Les hommes d’armes porteront des casaques de la même couleur que leurs enseignes et guidons. Les chevaux légers se doivent armer à crud et les carabins auront des mandilles de la même couleur de la cornette qu’ils suivront.
Pour les bagages les gendarmes peuvent mener chariots, charettes, et mulets. Mais les chevaux légers ne doivent point avoir de bagage qui ne les puissent suivre au galop.
Il serait besoin que le roi entretint en chaque compagnie, tant de gendarmes, que de chevaux légers un bon maître arquebusier, pour refaire les armes, lequel aurait toujours un cheval chargé de ses outils, et de ressorts, rouets et pierres d’arquebuse et autres choses nécessaires à son métier. Même les capitaines devraient faire porter quantité d’arquebuses, d’escopettes et de pistolets pour en donner à ceux qui auront perdu ou crevé les leurs, comme il arrive assez souvent.
Quand à la manière de faire combattre notre cavalerie, l’on a enfin reconnu qu’il vaut mieux qu’ils chargent par petites troupes, qu’en gros escadrons ; car chaque chef peut lors répondre de ses soldats, et l’on voit d’où vient un défaut, outre que le ralliement est plus facile, néanmoins un chef d’armée ne doit pas laisser arborer en son gros, le jour d’une bataille, qu’une enseigne, afin que son ralliement en soit plus fort. Le dernier maréchal de Biron, quand il n’eut que cent chevaux, il les eut répartis en trois troupes, desquelles l’une ne combattait point sans grande nécessité, ainsi demeurait ferme sur la main droite, pour tenir l’ennemi en échec.

(1) Ethymologie intéressante que l’on ne retrouve pas dans le Littré de 1880 : “Deux étymologies sont en présence : 1° D'après Diez, calabrin, qui est dans Roquefort pour carabin, sert d'intermédiaire à calabre, mot provençal qui signifie machine de guerre, le nom des armes passant facilement de l'une à l'autre. 2° Dans Du Cange, calabrinus, signifiant qui est de la Calabre, a donné Calabrins, et, par une facile altération, carabins, ainsi nommés parce que cette sorte de cavalerie est venue d'abord de la Calabre. Cette dernière opinion paraît la plus probable.”

Of the French cavalry during the reign of the great monarch Henry IV (following)
"As for chevaux légers (light horses), all troops will be of 100 maîtres, will be in 3 quadrilles, and will use as we have said for gendarmes, completely armed, with proof armor and other light, they will have a gun to arçon under the hand of the bride, and on the other hand a salad or head clothing, and large route bag of oats in croup, the Spaniards call "alforia", Italians "Bertolli" Flemishs "canapsa", the ancient Greeks and the Romans called "pica", for the gendarmes, which by way of saying, do fight only the day of battle, at least not so often than chevaux légers, have a valet twho carry their salad and their needs so that our chevaux légers not needing to have so much trouble with valets, horses, and train, must carry its themselves. They will each have two horses, one for fighting and one for the guards and courses, and to bear the trunk ; they will fight by quadrilles joined together, as I said above, about the gendarmes, except that the cornet will be attached to third place behind the armpit of the left arm with a scarf, not as the ensign of the gendarmes, which is carried across the stomach and attached with chains of iron ; the lance of the cornet should be shorter, and the standard smaller than the ensign of the gendarmes.
Each company of chevaux légers must have a troop of 50 carabins along under the charge of a lieutenant, which will follow the captain of chevaux légers, and will have no cornette than that of the same company they will follow, with a maréchal des logis and two corporals. They will be two quadrilles, the lieutenant and the maréchal des logis, each led by a corporal ; their weapons must be a cuirass échancrée to the right shoulder, for a better aiming, and a gauntlet for the bride’s hand, a cabasset on head, and for offensive weapons a 3 feet and half long escopetas for the least, the longer will be better carried as sash. He must also carry a pistol as the others. Carabins must be quick to reload, and therefor carry the cartridges like reître, and quantity of powder and lead on them, each will have a good horse and lively, but not small bidets.
To their way of fighting, in the order as I said above, will be 15 files on 7 to 8 ranks, and 2 quadrilles of carabins at left hand, three to three, the one of the maréchal des logis will advance forward first, lead by his corporal which will have a long arquebus at hand. Their maréchal des logis to tail, with arquebus too, and after they have charged, the lieutenant of carabins will suddenly order his corporal forward, which will use in the same way as the other following to tail with arquebus at hand ; but they won’t go until the captain of chevaux légers give them the signal by his trumpet, to know when he will see the enemy at 200 paces, if they are lances, and at 100 if they are cuirasses of our kind : it will then sound his trumpet with only one word : "tarare" ; at that time that of the carabins will sound the charge throughout, and suddenly the esquadre of the marechal des logis will leave home at a gallop, and going to fight the enemy, will fire them a salvo the closer it could then pass to his right hand to reload ; the other will suddenly follow, and cutting between the two troops who to charge each other and will do its salve, and then doing Caragol (caracole) pass left hand to reload, but if the enemies have carabins like us, one esquadre of carabins must attack not wholly, but skirmishing the enemy, to prevent them from interfering with our charging chevaux légers, and the other to do what we have recommended above. 
When the captain of chevaux légers will be at 25 or 30 paces of the enemy, having previously been at walking pace will sound the charge and shock whole-heartedly, ensuring to press the pistol as we have said that the gendarmes must, because otherwise it worth nothing, at the same time carabins having rallied on both flanks, having reloaded, will reach the enemy by the sides, and having shot closely with their escopetas, will go into them firing pistol. For the rally they will use as we have said that the gendarmes should do.
We have said that the gendarmes must not ever resolve to flee, I say now that the chevaux légers are require to. For then a general, for any consideration, doesn’t want to hazard the battle, they must flee if hundred against ten, in order to avoid engaging, but when the general wants to fight, ten must attack hundred, that’s mean it is necessary to engage the enemy in combat. 
The carabin kave been establised to open the fighting, to follow the victory, for retreats, and for skirmishing, they are named carabins by the Spaniards who were the instigators. "Cara" ie face in Spanish, and "binus, bina, binum", which means double, which looks like two faces, because of the way they fight, sometimes elusive, sometimes turning the head as Parthian. 
The soldiers will wear gowns of the same color as their ensign and guidon. Chevaux légers must arm to crud (?) and carabins will have mandilli the same color of the cornette to follow.
For baggage gendarmes can lead wagon, Cart, and mules. But the chevaux légers must not have baggage that can’t follow at a gallop. 
It is necessary that the king maintained in each company, ever gendarmes and chevaux légers, a good maître Harquebusier to repair weapons, which would always got a horse for his tools, and springs, spinning wheels and arquebus’stones and other things necessary for his job. Even captains should bring much harquebuses, escopetas and pistols for those who have lost theirs or broke them, as it happens quite often. 
As for how to fight our cavalry, it was finally recognized that it is better for them to charge in small troops, rather than in large squadrons ; for each leader can respond of his soldiers, and can see from where come a fault, and that the alignment is easier ; however, an army general must only let fly his own ensign, the day of battle, so that its rallying will be stronger. The last Marshal Biron, when he had one hundred horses, used to divide them into three troops, one not fighting without great need, and remained firm on the right hand to hold the enemy in check."

From "La Milice française, contenant plusieurs belles et notables instructions sur ce qui doit être observé à bien ordonner des batailles, dresser des bataillons, situer places et forteresses, et le moyen de les attaquer et défendre", de Messire Louis de Montgommery, seigneur de Courbouson, et dédié au roi. A Paris, 1636. (BNF)

(Below : french cavalryman and carabins by JOB)


dimanche 2 août 2009

French gendarmes under the king Henri IV


(Gendarmes from Walhausen)
(French gendarmes at Rocroi, BNF)

Pour faire suite à l'article de Dur Ecu sur les Gendarmes, je viens de trouver,une petite perle, un ouvrage publié en 1636 :
"La Milice française, contenant plusieurs belles et notables instructions sur ce qui doit être observé à bien ordonner des batailles, dresser des bataillons, situer places et forteresses, et le moyen de les attaquer et défendre", de Messire Louis de Montgommery, seigneur de Courbouson, et dédié au roi. A Paris, 1636. (BNF)
Le chapitre, présentant la cavalerie décrit la gendarmerie sous Henri IV, telle qu’elle était encore organisée entre 1615 et 1621. En voilà le texte, en français et en anglais :

Further to the article of Dur Ecu on Gendarmes, I just found a little gem, a book published in 1636:
"The French Militia, containing many fine and notable instructions on what needs to be observed in many order of battle, draw battalions, locate places and fortresses, and how to attack and defend them, by Messire Louis de Montgommery, Lord of Courbouson, and dedicated to the king. A Paris, 1636.
The chapter wich deals with cavalry describes the gendarmerie under Henri IV, as it was between 1615 and 1621. Here is the text in french and english (sorry for the bad traduction, il someone wish to improve it, he will be welcome !) :

De la cavalerie française sous le règne du grand monarque Henri IV

"Nous laisserons les compagnies de gendarmes complètes de 200 maîtres pour les princes, officiers de la couronne et gouverneurs de provinces ; et les autres de 100 pour les seigneurs, et ceux auxquels il plaira au roi d’entretenir.

Leurs armes seront complètes, et useront de grèves et genouillères, dedans ou dessus la botte ; la cuirasse à l’épreuve de l’arquebuse devant et derrière ; ils porteront au lieu de la lance une escopette de celles que l’on fait maintenant, lesquelles tirent à 500 pas, car elles ne sont guère plus longues ni plus empêchantes que les pistolets de l’autre côté de l’arçon, ils y mettront un pistolet chargé d’un carreau d’acier, d’une flèche acérée. L’estoc au côté, de la longueur qu’il le pourra tirer hors des pendants armé de braslals, car l’épée un peu longuette et roide est fort bonne à cheval, et n’est point besoin qu’elle trache beaucoup ; car en un combat à cheval, les estramassos ne valent rien. Il sera monté de deux bons chevaux de service avec un fort mallier ; son principal cheval aura crin et oreilles, portera selle armée et chanfrein ; le poitrail à trois pièces large de quatre pouces, et garni de clous à large tête, avec un écusson devant le poitrail, car cela pare quelquefois un coup de lance, ou un coup de pique ; il faut une chaînette à la bride pour y avoir recours, cas arrivant que les rênes fussent coupées.
Les compagnies de gendarmes seront de quatre brigades pour chaque chef la sienne, excepté le maréchal des logis ; mais ils n’en auront aucune affectée, ainsi changeront à chaque montre ou quartier ; car autrement le roi en serait mal servi, et le capitaine mal obéi, tant par les cabales qui se feraient d’ordinaire, que pour ce que chacun membre serait conte d’avoir une troupe à soi, et pourrait dissiper la compagnie quand il s’en retirerait. Outre cela, il y doit avoir un chef de brigade sous chaque membre, du nombre desquels ne sera point le premier gendarme, lequel est comme l’un des membres de la compagnie. Il ne faut jamais que le gendarme monte à cheval, pour marcher en troupe, qu’il n’ait à tout le moins la cuirasse sur le dos, fût-il à cent lieues de l’ennemi, et toujours en ordre, trois à trois, cinq à cinq selon que le chemin le permettra, et que le chef le commandera. Le premier à cheval prendra le premier rang, le second le second ; selon qu’ils seront les premiers à cheval, ils marcheront sans sans privilégier aucun, si ce n’est le premier gendarme, lequel doit être toujours au premier rang, soit qu’il arrive tôt, ou tard ; toutefois je lui conseille de montrer l’exemple aux autres en montant le premier à cheval. Pour l’ordre de combattre, chaque brigade se mettra cinq à cinq, qui fera pour la compagnie de 200 hommes d’armes 20 de front et 10 rangs, au troisième rang le guidon, et l’enseigne au cinquième ; le capitaine au premier rang, le lieutenant, le maréchal des logis à la queue, chaque chef de brigade à la tête de sa brigade ; le capitaine ordonnera autour de son enseigne et de son guidon des meilleurs hommes qu’il ait en sa troupe, et des mieux montés et armés auxquels il la recommandera, et les exhortera de la conserver ; car bien que tous y soient obligés, si est ce qu’il est nécessaire de l’en charger à quelques uns en particulier. Lui même tiendra des plus signalés auprès de sa personne pour soigner de lui, car il importe de sauver, ou de perdre un chef ; et néanmoins l’honneur les invite à prendre le premier rang ; mais au partir de la main ceux qui sont proches de lui le doivent couvrir et enfermer entre eux. Il est à remarquer que les gendarmes ne se mettent pas à tous les jours, et qu’ils ne les faut pas faire combattre qu’en une occasion d’importance, comme bataille ou grosse rencontre, si ce n’est par quelque hasard ; mais quand ils sont commandés, et qu’il faut combattre, qu’ils prennent en même temps la résolution de vaincre, ou de mourir, plutôt que de tourner bride ; car sur le tout, il ne faut point perdre cette ancienne réputation des hommes d’armes français, qui ne fuient jamais. Il faut que tout homme d’arme sache qu’il ne se doit jamais rendre que son cheval ne soit mort, et y avait peine de la vie anciennement pour un gendarme qui avait fui, ou qui s’était rendu ayant le bras droit entier, et son cheval en vie. Pour entrer au combat, ils doivent allé au pas, jusqu’à 100 pas de l’ennemi, puis au trot jusqu’à 25 ou 30, cela se juge à l’oeil, gardant toujours soigneusement leurs rangs, l’escopette sur la cuisse et le pistolet avec le chien couché dans le fourreau : lors les trompettes sonneront la charge, et les enfants perdus feront leur salut (feront feu), et eux tenant à demi bride, tireront leurs escopettes, les appuieras sur le poing de la bride au moins des premiers rangs, et lors chargeront à toute bride le pistolet à la main lequel ils ne tireront point qu’appuyé dans le ventre de l’adversaire, au dessous du bord de la cuirasse dans la première ou seconde lame de la tassette (s’il est possible) que si quelqu’un le défi de ne pouvoir faire fausse, qu’il donne à l’épaule du cheval ; et cependant le second rang tirera ses escopettes par entre les premiers ; que si le tiers rang ne peut tirer, et que l’ennemi opiniâtre le combat, ils peuvent s'entrebâiller de main en main les escopettes et pistolets ; comme il fut fait à Arques, où nos chevaux légers s'entrebâillaient les pistolets par dessus l’épaule, pour tuer les ennemis qui étaient mêlés parmi eux. Si par cet effort l’ennemi ne quitte le champ, et qu’il se rallie, pour combattre derechef, ces gendarmes feront leur ralliement au lieu convenable, la trompette sonnant à l’étendard autour de l’enseigne ; et lors promptement le lieutenant et le maréchal des logis reformeront les rangs, à la hâte, le mieux qu’ils pourront, mettant en tête ceux qui n’ont point tiré, chacun se rangeant avec son chef de quadrille s’il vît ; pendant vôtre ralliement une quadrille, la première rassemblée, peut rentamer le combat et troubler le ralliement de l’ennemi ; pour les inconvénients et divers événements des combats, ils ne sont point soumis aux maximes, les capitaines en useront comme l’expérience et leur jugement les instruira sur le champ, promptement et sans consulter ; car le conseil ne tient sur le tapis, et les promptes résolutions le cul sur la selle."


Of the French cavalry during the reign of the great monarch Henry IV 



"We will leave the complete company of gendarmes of 200 maîtres for the princes, officers of the crown and governors of provinces, and 100 others for lords, and those whom it pleases the king to maintain. 



Their weapons will be complete, and will use grieves, in or above the boots, the arquebus’ proof armor front and behind, they will hold instead of lance an escopetas as we do now that fire at 500 paces, because they are not longer nor more prevent than pistols wich are on the other side of the arçon ; there will be gun loaded with a bolt of steel, with a sharp arrow. The estoc (litterally “Thrusting”, wich means the sword) to the side, the length he can pull off the pending armed braslals (?) because the sword a little longuette (lengthy) and roide (rigid, strong) is very good on horse, and it is little need to trache, (?) as for horse in battle estramassos are of little help. He will ride two good service horses with a strong Mallier (?) ; he main horse will have good hair and ears, will armed saddle and chamfer ; the chest in three parts will be of four inches wide, and lined with large head nails with a coat before the chest, as it sometimes pare a spear or pike’s blow ; a chain for the bride is of goog use, that will be the case when reins are cut.
Companies of Gendarmes will be four brigades for each leader have its own, except for the maréchal des logis, but any of them will be assigned, so will change of leader during each “montre” (review) or “quartier”, because otherwise the king would be ill served, and the captain ill obeyed, both by cabales which would usually happen, for what each member would be content to have a troupe to itself, and could dissolve the company when he withdraws. Besides, there must be a chief of brigade under each member, which will not be the first gendarme, which is like a member of the company. 
The gandarme should never mount on horseback, to walk in troop, he has at least the armor on its back, even the enemies would be a hundred leagues away, and always in order, three to three, five to five as the road allows, and that the leader command. The first horse will take the first rank, the second the second, depending on the first to be on horse, they will march with the same emphasis, if not the first gendarme, who must always be at the forefront, will he arrive sooner or later ; but I advise him to be an example for others by first mounting the horse. 
In order to fight, each brigade will be five to five, which will be for the 200 men at arm’s company 20 files to 10 ranks, the guidon (cavalry standard) in the third rank, the enseigne (ensign ?) in the fifth, the captain in the first rank, the lieutenant and marechal des logis to tail ; each brigades leader at the head of his brigade ; the captain will order around his enseigne and his guidon the best men he had in his troop, and he will recommend the best mounted and fitted armed, and will urge them to keep it, because although everyone should be obliged, there will be need for somebody to take care of it. He will even held the most reported of his men take care for him, because it's important to save, or lose a leader, even if honor invite them to take the first rank, but from the hand those who are close will have to cover and enclose him.
It is noted that the gendarmes don’t serve every day, and they don’t need to fight but an occasion as big battle or encounter, whether it is by any happening ; but when they are ordered, and a fight is need, they will take together to the resolution to defeat, or to die, rather than turning flange, because on the whole, they must not lose the old reputation of men french men at arms, which does not flee. 
Let every man at arm knows he will never surrender unless his horse is dead, as former gendarmes were sentenced to death, if they had fled or surrendered without losing his entire right arm and his horse alive. 
 To enter combat, they have to go at pace up to 100 paces from the enemy, and then trotting up to 25 or 30, to be estimate with at the eye, always carefully keeping their ranks, with the escopetas on thigh and the pistol with the dog lying in the scabbard : when the trumpets sound the charge, and the “enfants perdus” (“lost children) will hail (will open fire), then they will take half flange, draw their escopetas, at least the first ranks pressing it on the fist of the flange, and will charge promptly with the pistol in his hand, which they would fire only pressed to the belly of the opponent below the edge of the armor into the first or second lamella of the tassetti (if possible) and if someone prevent him to do it, he will fires to the horse's shoulder, and yet the second rank will fires his escopetas between the firsts ; if the third rank can not fire, and that stubborn enemy still fight, they can give escopetas and pistols from hand to hand, as it was done at Arques’ battle, where our chevaux légers (light horses) give their pistols hand to hand over the shoulder to kill the enemies who were in melee among them. If this effort force the enemy to leave the fight, and rally to fight again, the gendarmes will rally in a good place, trumpet sounding to the banner ; then the lieutenant and marechal des logis will promptly reform ranks, in haste, the best they can, placing in front those who have not fired, everyone placing himself with the chief of his quadrille, if still alive ; during the rallying of your quadrille, the first to be arranged may fight back and disturb the rallying of the enemy ; for the disadvantages and various events that the fighting may imply, they are not subject to maxims, the captains will use the experience as trial and instruct themselves on the field, promptly and without consulting them ; because the counsel is lying on the carpet, and quick resolution on the butt of the saddle."


(Gendarmes from Walhausen's manual)









(Henri IV and gendarmes, at Ivry, 1590, by JOB from "Le bon roi Henri".)

mardi 28 juillet 2009

1648 french account of the battle of Lens

Relation de la bataille de Lens, le 20 août 1648, par un officier de Condé.

Account of the battle of Lens, the 20th august of 1648, by one of Condé’s officers.

Voici un extrait d’un manuscrit que m’a aimablement prété le château de Chantilly, relatant la bataille de Lens, en 1648, par un officier de l’entourage de Condé. Le texte est difficile à déchiffré et j’ai pu me tromper sur certains termes.
Le texte complet se trouve dans mon livre “Les armées françaises de la guerre de trente ans”.

Here are, in french and in english, an extract of the account of the battle of Lens, 1648. This account is from an eyewitness, officer of Condé. The Chantilly’s castle lend me this manuscript but the text was difficult to decipher.
The full text is in my book “French Armies of the Thirty years’War”.

























Extrait du Manuscrit MS933 conservé au château de Chantilly. « Il est dans la plaine qui va à Arras un petit ruisseau qui naît auprès de cette place et fut occupé par l’armée espagnole qui y campa sur le haut du rideau de Lens et posta son canon dans deux petits taillis qui font parti du rideau. Et tous braves qu’ils sont les espagnols dans leur gazette, ils se retranchèrent pourtant sans faire réflexion qu’ils avaient bien trente cinq mille hommes. Le prince de Condé entendant les coups de canon qui se tiraient au (sud ?) de Lens se réjouit de voir ses ennemis en une plaine et sur l’heure même commande à Mr de Châtillon de charger un corps de garde qu’ils avaient mis sur le bout d’un pont qu’ils avaient défait. Il fit rapporter des planches et chargea avec la garde qu’il y trouva et ses gardes si brusquement à qui s’opposa à lui que les ennemis abandonnèrent le passage de (…) à leur armée qui n’était qu’à deux lieues de là. Mr le prince passa la Lys et laissa les bagages sous Béthune ; jamais je n’ai vu passer avec tant d’impétuosité, à une heure devant le jour nous arrivâmes au bord des défilés. Voyez si la gaieté était bien naturelle à ce grand prince durant qu’on faisait avancer l’artillerie. (…) Là, Monsieur d’Erlach vint saluer Mr le prince à qui il amenait environ huit mille bons hommes (ndla : en fait il en amena moins de quatre mille). Le jour étant déjà grand, les généraux des ennemis vinrent avec douze cent chevaux reconnaître si c’était toute notre armée ou une partie qui fut en deçà de la rivière ; son altesse pour leur ôter bien du doute faisait marcher son artillerie à la première ligne, ils la virent clairement et s’en retournèrent à leurs retranchements, en nous laissant toute la plaine libre. Son altesse en marchant fit trois lignes de ses troupes qui faisaient tout au plus vingt mille hommes et tout au moins dix huit ; il mit à la première les gardes, Picardie et les régiments de l’armée d’Erlach et pour cavalerie tous les gendarmes tant du Roy que des princes et toutes les compagnies de gardes des généraux ; la seconde ligne était en pareille disposition et notre cavalerie légère commandée par Guiche ( ?), monsieur d’Erlach demeura pour troisième ligne et corps de réserve ; Mr de Cossé menait une bande d’artillerie. A la première ligne il les faisait marcher aussi vite que les troupes ; nous allâmes en cet équipage montrer notre armée à Mr l’archiduc qui était bien couvert de ses lignes devant lesquelles nous nous arrêtâmes à un jet de pierre près, et y demeurâmes tout le jour, les officiers d’infanterie de la première ligne jouant et sautant au « saut de l’allemand » toute la journée sans (être) autrement alarmé. Il est à remarquer que Mr le prince avait tant parlé des troupes d’Allemagne lesquelles ne tiraient jamais les premiers et obligeaient leurs ennemis à faire leur décharge puis à fuir devant eux que chaque officier s’était mis cela en tête, et bien que cela ne fut dit qu’à l’égard de la cavalerie, néanmoins l’infanterie s’y fit presque partout un point d’honneur de ne point tirer. La nuit vint et l’armée qui n’avait point repu ne pouvant pas rester à jeun jusqu’au lendemain de combattre, particulièrement les chevaux. Mr le prince résolut quand le jour serait venu de se retirer en un village nommé Loo auquel touchait notre arrière garde afin de repaître et dit tout haut qu’en quelque temps que l’archiduc marchait, qu’il le combattrait assurément et ainsi il se mêla à l’affaire publiquement quoique pique qui contribua particulièrement au grand fait d’arme du jour suivant. La nuit les ennemis firent sortir de leur retranchement le régiment des cravattes (ndla : croates) mais ils furent bien étonnés quand ils (s’instruirent ?) qu’ils (heurtaient ?) contre notre artillerie, ils s’en retournèrent bien vite. Le jour vint, et pour montrer aux ennemis qu’on ne (sortirait ?) pas en (cachette ?), son altesse attendit que le soleil fut levé, et lors il leur fit faire une salve de six pièces de monsieur de Cossé, et puis marcha sans rompre son ordre de bataille mais faisant seulement à droite les compagnies de gendarmes et de chevau-légers et celles des gardes des généraux faisant la retraite au même ordre qu’ils devaient faire l’avant-garde. Les troupes lorraines de l’armée d’Espagne avec quelques autres escadrons voyant le petit nombre des compagnies (franchies ou franches ?) tombèrent avec toute leur aile de cavalerie sur leurs bras, les rompirent facilement et les pressèrent de si près qu’ils ne purent se rallier qu’à l’appui du régiment de Picardie qui avait l’aile droite de la première ligne. Cet heureux commencement fit crier victoire aux lorrains. Beck qui crut prendre un temps précieux amena l’archiduc hors des lignes et fit voir notre infanterie dépouillée de cavalerie au milieu d’une des plus grandes plaines du monde ; l’archiduc dit qu’il avait ordre expresse de ne rien hasarder. Beck insista et dit qu’il n’y avait plus de hasard et il offre de répondre de sa tête leur (serment ?) de la bataille ; les espagnols sur cela lui reprochant qu’il laissait perdre une occasion de remettre leurs affaires et de repenser les (souvenirs ?) de Rocroy, sautaient le retranchement, mettaient leurs régiments en bataille et accouraient à nous. (…) Il ne fit donc autre chose sinon qu’il remplit la place des battus par la cavalerie qui était rangée à la seconde ligne pour la soutenir. Et il ne fit que faire à gauche, en remarchant droit aux ennemis, lesquels étaient bien en bataille chacun en particulier mais n’étaient point en ordre de bataille mais en colonne pour s’y mettre. Là le régiment des gardes pour avoir fait sa salve le premier fut taillé en pièces, et le régiment de Picardie qui ne voulut point tirer défit sept régiments entre lesquels était celui qui avait tué le régiment des gardes ; les régiments qu’avait amené Erlach qui étaient Nettancourt, Vaubecourt et autres ne tirèrent non plus que Picardie. Notre cavalerie eut fort à souffrir car les ennemis avaient toujours trois escadrons contre un, mais à mesure qu’ils étaient rompus ils se venaient toujours rallier derrière Picardie ; (ndla : figurent ici trois noms d’officiers non identifiés) après avoir vingt fois chargé et défait les corps qu’ils combattirent y vinrent s’y rafraîchir et Streif y vint mourir. (…) »

Extract of the manuscript MS933 preserved at the Château of Chantilly. “There is on the plain which goes to Arras a small stream, which has its source near to this town and it was occupied by the Spanish army who camped there at the top of the Rideau of Lens and positioned its cannon in two small spinneys on the Rideau. And brave as they were in their gazette, the Spaniards entrenched without reflecting that they had thirty five thousand men. Hearing the cannon fire to the south of Lens, the Prince de Condé rejoiced to see his enemies on a plain and that same hour commanded Maréchal de Châtillon to prepare a guard corps positioned on a bridge they had won. He had woodcuts brought, and charged those facing him with his guards and the guards he found there so brusquely that the enemy abandoned the passage (…) to their army which was only two leagues from there. The Prince crossed the Lys and left the baggage train beneath Béthune; I have never seen anyone cross with such impetuosity; one hour before dawn we arrived at the edge of the gullies. This great Prince was naturally content when the artillery was advanced. (…) Then Maréchal d’Erlach came to greet the prince, to whom he had brought eight thousand good men (author’s note: in fact he brought less than four thousand). The sun was already high in the sky, and the enemy generals came with twelve hundred horses to see if it was all of our army or a part that was already downstream of the river; to remove their doubt, His Highness marched his artillery at the first line; they saw it clearly and returned to their entrenchments, leaving the entire plain free for us. While marching, His Highness formed his troops into three lines, which together made at the most twenty thousand men and at least eighteen thousand; he placed the guards, Picardie and the regiments of the army of Erlach in the first line, and for the cavalry, all the gendarmes of both the king and the princes and all the companies of the guards of the generals; the second line was arrayed in the same way and our light cavalry commanded by Guiche; Mr d’Erlach was the third line and the reserve corps; Mr de Cossé led a band of artillery. At the first line he marched them as fast as the troops; in this array we went to show our army to the archduke, who was well covered by his lines, in front of which we halted a stone’s throw away, and remained there all day (…) It is to be noted that the prince had spoken so much of the German troops that never fired first and obliged their enemies to discharge their weapons then flee before them that each officer had this in mind, and while this was said only with regard to the cavalry, nevertheless nearly the entire infantry made it a point of honour not to fire at all. Night came and the army had not eaten; they could not fast until the following day when they would have to fight, particularly the horses. The prince resolved that at daybreak they would withdraw to a village named Loo which our rearguard touched in order for the soldiers to fill their stomachs, and said aloud that he was ready to fight the archduke whenever he desired, and this public remark contributed to the beginning of battle the following day. That night, the enemy brought out of their entrenchment the regiment of Croats, but they were much astonished when they encountered our artillery, and they returned in haste. Dawn came, and to show the enemy that they would not emerge covertly, His Highness waited until the sun had risen, and then he ordered a volley from six pieces by Monsieur de Cossé, and then marched without breaking his battle array, but sending only to the right the companies of gendarmes and chevau légers and those of the guards of the generals retreating in the same order that they were to make the advanced guard. The Lorraine troops of the Spanish army and a few other squadrons, seeing the small number of unregimented companies, fell on them with their entire cavalry wing, broke them easily and pressed them so closely that they were only able to rally with the support of the regiment of Picardie that had the right wing of the first line. This happy commencement caused Lorraine to cry victory. Beck, who thought he could gain precious time, led the Archduke out of the lines and showed him our infantry dispossessed of cavalry in the middle of one of the largest plains in the world; the archduke said that he had given the express order that no risks should be taken. Beck insisted and said that there was no more risk, and he offered his head in answer to their (oath?) of the battle; the Spanish reproaching him that he gave up an opportunity to redress their affairs and to rewrite the history of Rocroi, jumped the entrenchment, arrayed their regiments for battle and ran to us. (…) He did nothing but fill the place of the fallen by the cavalry which was in the second line to defend it. And he sent the troops towards the left, marching straight on the enemy, where each soldier was ready for battle and the columns were formed, but were not yet in battle array The regiment of the guards that had been the first to fire its volley was cut to pieces, and the regiment of Picardie which did not wish to fire broke seven regiments, among which was that which had killed the regiment of the guards; the regiments that Erlach had led which were Nettancourt, Vaubecourt and others did not fire either. Our cavalry suffered greatly, for the enemy still had three squadrons against one, but when they were broken, they always came to rally behind Picardie; (author’s note: three names of unidentified officers are listed here), after having charged twenty times and breaking the corps that they fought, came here to refresh themselves, and Streif came here to die. (…) ”


(French Pike & Shot, by JOB.)