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vendredi 13 juillet 2012

Zaporozhians cossacks at Zolte Wody, 1648 (2)


Here is another account of the first two victories of Bogdan Kmielniski, during the Cossacks Zaprozhians raising of 1648. Pierre Chevalier, the author, was at a head of a Polish regiment in french service at the siege of Dunkerque, then ambassador in Poland, Sweden and Germany and advisor of the King in his court of currencies, in 1650. Text in french.


Voici une dernière relation sur les deux premières batailles de Bogdan Kmielniski, lors de la rébellion des Cosaques Zaporoviens, en 1648.

Pierre Chevalier était conseiller du Roi en sa cour des monnaies à partir de 1650, après avoir été lieutenant général dans les armées du Roi et ambassadeur en Pologne, Suède et Allemagne. En 1646, au siège de Dunkerque, Pierre Chevalier conduisait 2400 fantassins polonais. Il est l'auteur de l'Histoire de la Guerre des Cosaques contre la Pologne.


Ci-dessus : Bogdan Kmielniski. Bohdan Kmielniski et Tohai Bey à Lviv, par Jan Matejko, 1885, Musée National de Varsovie.
Bohdan Khmelnytsky with Tuhai Bey at Lviv, oil on canvas by Jan Matejko, 1885, National Museum in Warsaw.

«  Ayants joint leurs forces à celles de ces infidèles (Tartares), les Cosaques firent en moins de quatre ans quatre grandes irruptions dans ce Royaume (de Pologne), avec des armées de deux et de trois cens mil combattants, d'autant plus formidables, que cette infanterie paysanne, endurcie au travail et aux injures du temps, même assez aguerrie, par les fréquentes courses des Tartares dans son pays, se trouvait soutenue de la cavalerie tartare, qui serait sans contredit la meilleure du monde, si elle était dressée et disciplinée comme celle de la Chrétienté.
Bogdan Kmielniski fut la première étincelle de cet embrasement, et le mobile de toute cette guerre. Il était né Gentil­homme, fils du Podstarroste (équivalent d’un comte) d'un général polonais, qui s'étant enrôlé jeune dans la milice cosaque, de simple soldat, parvint par les degrés à la charge de Ca­pitaine ; puis il fut député de cette milice aux Diètes de Pologne, ensuite Commis­saire General, et enfin en devint le Géné­ral. Ayant au reste quelque teinture de lettres, chose assez rare parmi ces gens là. Le Roy Vladislas ennuyé de languir dans l'oisiveté, pendant qu'il voyait la plupart des autres Roys et Princes de la Chrétienté dans l'action, méditant en l'année 1646 un dessein de guerre contre les Tartares de Przécop, qu'il prétendait chasser de la Cri­mée, avait trouvé ce Kmielniski digne du commandement de l'armée Cosaque, de laquelle il faisait état de se servir princi­palement dans cette expédition : mais le dessein de ce Roy n'ayant point été se­condé des princes Chrétiens, assez occu­pés d'ailleurs, ni des Vénitiens mêmes, sur l'assistance desquels il se fondait, et la République de Pologne, ayant d'un autre côté pris jalousie de son armement, il fut obligé de licencier les troupes qu'il avait mises sur pied, d'une bonne partie de la dot de la Reine sa femme. Ainsi Kmiel­niski, demeuré sans emploi, trouva bientôt de quoi s'occuper par un diffèrent qui lui survint pour les limites d'une de ses terres, avec Czapliniski, Lieutenant de Ko­nielpolski, grand Enseigne de la Couronne; lequel s'aigrit fort par le mauvais traite­ment que reçut la femme et le fils de Kmielniski, à qui l'on donna des coups de bâton dans ce démêlé. Son père trouva bientôt moyen de tirer raison de cet outrage, par la disposition qu'il découvrit dans les Russes de se mettre en liberté, ne pouvant pas bien gouter la paix, qui au lieu de leur procurer le repos, donnait plus de facilité à la noblesse de les tenir dans la servitude et l'oppression. Ayant donc mé­nagé leur mécontentement et s'étant assuré de ses Cosaques, il se retira au commence­ment de l'année 1648 vers les Poroüys ou Iles du Boristhéne, pour se mettre à cou­vert de l'insulte des Polonais et s'y fortifier.
Quelques uns ont cru avec beaucoup de vraisemblance, que le Roy Vladislas, vou­lant reprendre le dessein de son expédition contre les Tartares, entretenait un commerce secret avec lui, et fit sous main soulever les Cosaques afin d'obliger la République de lui donner une armée pour les aller ranger, mais que s'approchant d'eux, ils se seraient joints à ses troupes, qui étant la plupart étrangères et commandées par ses confidents, ne se seraient pas souciées des ordres de la République, et auraient suivi ce Prince contre les Tartares et même contre les Turcs, avec lesquels il eut eu après nécessairement à faire ayant attaqué les premiers. Quoi qu'il en soit, comme Kmielniski vit que les lettres qu'il avait écrites en Pologne pour se plaindre des injures que recevaient les Cosaques et de celles qu'on lui avait faites en particu­lier, quoi que pleines de soumissions et de protestations d'obéissance, n'avaient eu au­cun effet; qu'au contraire le grand General Potoski s'apprêtait pour marcher contre lui: dans la défiance qu'il eut de ses forces, il alla réclamer le secours des Tartares, qui passaient l'hiver dans les plaines désertes, cherchant l'occasion de faire leurs courses et brigandages ordinaires dans l'Ukraine, où ils étaient conduits par To­haibeg un de leurs chefs, brave, mais mutin et souvent réfractaire aux ordres du Khan.
La distance des lieux dérobant aux généraux Polonais la connaissance des me­nées secrètes de Kmielniski, lui fut favo­rable: aussitôt néanmoins que ces généraux en eurent l'avis certain, ils résolurent de marcher en diligence vers les Iles Za­poroviennes pour étouffer cette révolte dans son berceau. Ils dépêchèrent donc de ce côté là une partie de l'armée Polonaise, destinée pour la garde de la frontière, et surtout, le corps des Cosaques entretenus au service de la République, sous la conduite de Schomberg leur Com­missaire, d'Estienne Potoski fils du général, de Sapiha Czarneski, et de quelques autres Officiers. Une partie de cette milice co­saque, qui avait été embarquée sur le Borysthéne étant arrivée aux Porroüis (Roches ou écueils de cette rivière), se rangea incontinent du côté de Kmielniski, nonobstant le nouveau serment qu'elle ve­nait de prêter aux Polonais, qu'elle crut pouvoir violer en faveur de ses compatriotes. Kmielniski, marchant aussitôt avec ce ren­fort au devant des autres Cosaques qui venaient par terre, les engagea facilement à suivre l'exemple des premiers. Il y avait dans cette dernière troupe, quelques com­pagnies de dragons qui rendirent de grands services dans cette guerre, contre la no­blesse polonaise, laquelle pour épargner la dépense d'une garde allemande, que les grands seigneurs de ce pays-là ont accoutumé d'avoir près de leurs personnes, avait armé et habillé à la mode des dragons allemands plusieurs de ces paysans, leur relevant le courage par ce changement de condition, qui les tirait de la bassesse de l'esclavage. Kmielniski, fortifié de ces cosaques transfuges, qui faisaient quatre mil hommes, n'eut pas grande peine de venir à bout du reste des troupes polonaises qui ne montaient plus qu'à quinze cens hommes: ils ne laissèrent pas de se défendre quelques jours au milieu de leur Tabor (retranchement fait de chariots), mais ayants perdu leur canon et ne pouvant plus résister au grand nombre, qui les environnait de toutes parts, ils furent tous tués ou fait esclaves par les Tartares. Sapieha fut de ce nombre, et Schomberg et Potoski, ayant été blessés à mort, celui-ci ne pouvant être emmené expira dans la campagne.
Kmielniski, ménageant soigneusement cet avantage et l'éclat qu'a accoutumé de faire une première victoire, tourna tête contre le reste de l'Armée Polonaise, qui était encore de cinq mil hommes, et dont les chefs après avoir vainement attendu des nouvelles de la marche des premières troupes qu'ils avaient détachées vers le Borysthéne, ayant enfin reçu l'avis certain de leur défaite, de la défection des Cosaques entretenus, et de la jonction des Tartares à ces rebelles, crurent qu'il fallait se mettre sur la retraite, pour conserver le reste des forces du Royaume, ne leur étant pas possible de faire tête à celles de leurs ennemis: mais la vitesse des Bacmates (chevaux tartares), ne les ayant pas laissé aller fort loin sans les atteindre, les escarmouches commencèrent, dans lesquelles quelques Tartares ayans été faits prisonniers, ils avouèrent dans les tourments de la gehenne, qu'on fut obligé de leur donner, pour savoir au vrai ce qui se passait dans leur armée, qu'ils étaient quarante mille, ct qu'il y avait sept mille Cosaques, lesquels étaient joints d'heure à autre, par les paysans des colonies, qui y accouraient de toutes parts. Sur cette déclaration le Conseil de guerre Polonais ayant délibéré, si l'on devait hasarder le combat ou continuer la retraite, n'étant pas sûr de demeurer plus long­temps dans ce lieu là, où les ennemis eussent bientôt empêché l'abord des vivres et le fourrage, on embrassa le parti de continuer la retraite au milieu des cha­riot ; mais à peine l'année polonaise eut fait me demie lieue, qu'elle entra dans une forêt fort épaisse et dont le fonds était extrêmement marécageux, et pour comble de malheur les dix-huit cens Cosaques qui lui restaient la quittèrent en cet endroit pour suivre leurs camarades, Enfin après avoir combattu quatre heures entières dans cette forêt, autant avec les mauvais che­mins qu'avec l'ennemi, son Tabor venant à s'ouvrir et à s'enfoncer de tous côtés, tout y demeura tué, pris ou étouffé dans les boues,
Cette disgrâce, qui arriva aux enuirons de Korsun, devint encore plus sensible à la Pologne par la mort du Roy Vladislas IV survenue en même temps à Merêche en Lituanie au 52 de son âge; personne ne doutant point que ce Prince, dont la valeur jointe à beaucoup d'autres grandes qualités qu'il possédait, le rendait également vénérable à ses peuples et redoutable à ses ennemis, n'eut par son autorité et le seul respect de son nom, dissipé cette rébellion naissante des Cosaques.
Cette mort ne fut pas sue d'abord de Kmielniski, lequel, s'il en eut été informé, n'eut pas manqué de témoigner plus de fierté qu'il ne fit après la défaite de l'ar­mée polonaise: ensuite de laquelle il écrivit une lettre fort soumise à ce Prince, dans laquelle rejetant tout ce qui s'était passé sur les outrages des gouverneurs, et les rapines et exactions insupportables des Juifs, fermiers des biens de plusieurs gentilshommes et des domaines du Roy, il lui demandait pardon de ce qu'il avait été contraint de faire pour s'en garantir, pro­mettant de renvoyer les Tartares et de de­meurer dans l'obéissance de sa Majesté, pourvu qu'il lui plu le maintenir et ses Cosaques dans la liberté et les privilèges qui leur avaient été accordés par les Roys ses prédécesseurs. Il apprit quelque temps après la mort du Roy par la lettre qu'Adam Kisiel Palatin de Braclau lui envoya par un moine Grec. Ce Palatin, qui était aussi Grec schismatique, se servit de termes fort doux et obligeants, pour ramener ce chef des Cosaques à son devoir, lui représentant l'ancienne fidélité des Cosaques Zaporovski, dans laquelle, quoi que fort jaloux de leur liberté ils avaient été toujours fort con­stants ; qu'ils vivaient dans une République où toutes personnes. mais particulièrement les hommes de guerre, avaient toujours trouvé un libre accès, pour déduire leur intérêt et faire leurs plaintes des torts qu'ils pouvaient avoir reçu ; (…)
Le Moine porteur de cette lettre, après avoir eu bien de la peine à s'échapper des mains des Tartares, étant arrivé au Camp de Kmielniski, où il trouva assez de confusion, ce général convoqua tumultuairement sa soldatesque, devant laquelle lecture ayant été faite de cette lettre, il fut le premier à approuver le Conseil du Palatin de Brac­law: ayant été suivi de la pluralité des voix, il fut arrêté que tous actes d'hostilité cessants on attendrait la réponse de la Cour de Pologne: que les Tartares seraient renvoyés dans les plaines désertes dans la résolution néanmoins de les avoir prêts à toutes les occasions, et que le Palatin serait invité de se rendre auprès d'eux.  »





mercredi 11 juillet 2012

Zaporozhians cossacks at Zolte Wody, 1648

In the years 1648-54, the Polish have to face a Zaporozhian cossack rebellion, under Bohdan Chmelnitsky. Here is a french text, translated from Ukrainian manuscripts.

Dans les années 1648 à 1654, les Polonais font face à une rébellion de Cosaques zaporoques, sous Bogdan Chmeltizki. Voici deux relations concernant les victoires Cosaques de l'année 1648, traduites de manuscrits de Kiev.

Ci-dessus : Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie. Tableau de Ilya Repine (1880-91).



L’an 1647, Vladislav, roi de Pologne, répondit à Barabasch, aide-de-camp de la troupe des Cosaques, sur ses très humbles remontrances au sujet des cruautés inouïes que commettaient les Polonais sous sa propre signature et sous son sceau : Si vous êtes de braves Cosaques, vous avez encore le sabre et de la force, défendez-vous.
Bogdan Chmelnizki sorti de sa prison, surprit cette signature et la lettre du roi écrite à Barabasch, et se sauva avec ces lettres dans la setsche des Cosaques-Saporogues, le 7 décembre. Après avoir ameuté ses camarades, ils se jetèrent sur tous les Polonais qui se trouvaient alors dans la setsche et les massacrèrent.
Cette même année, Paul Pototski, hettman de la couronne et castellan, envoya son fils Etienne avec six mille Polonais en la Petite-Russie. Ce jeune prince, après avoir reçu le serment de Barabasch, lui conféra la place de hettman de la Petite-Russie ; il leva tout de suite les six mille Cosaques enregistrés, et les envoya vers les cataractes du Dniepr pour faire la guerre au parti de Chmelnizki, qui s’était soulevé contre la Pologne. Chmelnizki de son côté envoya des députés aux Cosaques du Don, et les pria de lui envoyer des Cosaques enregistrés.
Il engagea en même temps le Khan de la Crimée, mécontent de ce que les Polonais lui avaient de nouveau refusé de payer le tribut auquel ils s’étaient soumis, à venir à son secours.
L’an 1648, le 2 mai, il se donna une bataille auprès de Schelda-woda, entre le fils de Pototzki et Barabasch d’un côté, et Chmelnizki de l’autre. Les Polonais y furent défaits ; Pototzki et Barabasch, ainsi qu’un très grand nombre de Cosaques qui étaient sous le commandement de celui-ci, furent tués, les autres faits prisonniers.
Les Polonais instruits de cette défaite, envoyèrent le hettman de la Couronne Pototzki avec Calinovski et une grande armée de Polonais contre les Cosaques. Ils prirent leur chemin par les déserts vers Korsun, et s’avancèrent contre l’armée des Cosaques, forte de huit mille hommes etde six mille Tartares, sous les ordres de Chmelnizki leur chef. Aussitôt que les Tartares virent les Polonais, ils commencèrent à crier : Alla ! alla ! à Nasiki, Nasiki tur, tur ! allons combattre les infidèles, les voici arrivés. Chmelnizki avec ses Cosaques attaqua l’armée des Polonais, et les défit entièrement après un combat des plus furieux ; il fit Potozki prisonnier avec plusieurs autres nobles Polonais, dont il fit présent aux Tartares qui les emmenèrent dans leurs hordes.
Après cette victoire l’armée de Chmelnizki s’augmenta considérablement ; il la divisa en régiments, il donna à chacun un ancien pour le commander.
(…) Dans cette même année, Bogdan Chmelnizki se saisit de cinquante canons que les Polonais avaient placés dans la forteresse de Barasa ; il s’empara des villes de Lvof et de Samostie, exigea des sommes considérables des nobles pour les exempter d’être prisonniers de guerre, et se retira avec ces richesses en Ukraine.
(…) Les polonais envoyèrent à Chmelnizki, en qualité d’ambassadeurs, Kisieli, voïvode de Kiow, et le prince Tschetwertinski avec leurs aides-de-camp pour lui apporter plusieurs présents ; savoit, une pelisse de petit-gris, un bâton de commandement, une queue de cheval, la confirmation de la dignité d’hettman des Cosaques-Saporogues.
(…) L’an 1650, Chmelnizki divisa tous les Cosaques en quinze régiments, ayant chacun leur colonel. Il fit dresser un état des hommes enregistrés dans chaque régiment, et en envoya copie au roi de Pologne. Voici les quinze régiments et les noms de leurs colonels. Outre ces Cosaques enregistrés, il y eut un nombre infini de volontaires.


Source : Abrégé de l’Histoire des Hettmans des cosaques, traduite par Jean-Benoit Scherer, d’après les Manuscrits conservés à Kiow (Kiev). Paris, 1788.

L’an 1647, les Polonais entrèrent en correspondance avec Baradasch, et tramèrent avec lui l’horrible projet de massacrer tous les Cosaques-Saporogues.
Ce hettmann avait pour premier secrétaire Bogdan Chmelnizki, autrefois centurion (sotnik), & envoyé des Cosaques auprès du roi et de la république de Pologne. Celui-ci instruit de ce qui se passait pria le hettmann à dîner, et l’ayant enivré, il se saisit de toute sa correspondance. Muni de ces importantes pièces, il s’adresse aux Cosaques-Saporogues, et leur fait voir que les Polonais se disposaient à les exterminer. À cette nouvelle tous les Cosaques se soulevèrent, rassemblèrent toutes leurs forces, et se joignirent aux Tartares des déserts, qui avaient pour chef Toghai-Beg, gouverneur de Perekop.
L’an 1648, ils rencontrèrent l’armée Polonaise à laquelle étaient réunis ceux des Cosaques qui avaient mieux aimé suivre le parti de Barabasch que celui de leur patrie. l’armée Polonaise, sous les ordres de Nicolas Pototzki, castellan de Cracovie et maréchal de l’armée de la Couronne, était postée sur le bord du Scheskoi, petite rivière qui vient de la Pologne, et tombe dans la Petite-Ingulez. Ce fut là qu’on en vint aux mains. Les Cosaques-Saporogues, aidés des Tartares, battirent si bien les Polonais, que ceux-ci perdirent tout leur bagage, et que la dixième partie de leur armée put à peine échapper à la mort. Les généraux Potozli et Schemberg furent blessés, et le premier le fut si grièvement, qu’il mourut en chemin. Le troisième général Polonais Sapieha fut fait prisonnier. Les Cosaques-Saporogues amassèrent tant de richesses en or et argent sur le champ de bataille, qu’ils négligèrent les habitset les effets des morts.
Après une défaite si complète, les troupes du hettman Barabasch ayant quitté le parti Polonais, se joignirent aux Cosaques-Saporogues, et Bogdan Chmelnizki fut unanimement élu hettman.
En 1650, le hettman des Cosaques pouvait assembler en un moment une armée de plus de quatre-vingt mille hommes, chaque Cosaque enrôlé prétendant avoir un valet  à cheval, un à pied, & un autre pour le labourage.
Quelques coutumes des Cosaques-Saporogues et des Cosaques de la Petite-Russie :
Les Cosaques-Saporogues portaient pour marque distinctive une queue sur le sommet de la tête, grosse à peu près comme un tuyau de plume ; tout le reste de la tête était rasé. (…) Lorsque les Cosaques sont en marche, ils se retranchent avec leurs chariots, et sont si forts derrière ce retranchement ambulatoire, qu’ils appellent tabor, et qui est absolument nécessaire dans les plaines désertes, où les Tartares courent toujours, que mille Cosaques ainsi  couverts font tête à six mille de ces Infidèles qui ne descendent guère de cheval, et sont arrêtés par un fossé ou par la moindre barricade. il serait malaisé en tout autre pays qu’en celui-ci de faire marcher ainsi une armée au milieu de ses chariots, n’y ayant guère au monde de pays plus uni que celui-là.

Source : Annales de la Petite-Russie ou Histoire des Cosaques-Saporogues, traduite par Jean-Benoit Scherer, d’après les Manuscrits conservés à Kiow (Kiev). Paris, 1788.