lundi 16 novembre 2009

Les Gardes françaises en 1636

Here is an account of a parade showing the whole regiment (6,000 men strong) of Gardes françaises split in 18 battalions.

« Le 21 (janvier 1636). Le roi retourna de Versailles à Paris, fit voir au duc le régiment de ses Gardes disposé en 18 bataillons en la grande plaine qui est proche du château de Madrid, où l’adresse des soldats secondant les commandements du maître, fit avouer au Duc qui est à bon droit qu’on lui donne le titre de meilleur régiment de toute la chrétienté ; encore que la foule des chevaux et carrosses telle qu’on ne s’y pouvait tourner au large, dérobait le plus beau de cet exercice ; car le roi même et toutes les dames y voulurent être. »
Source : Le Mercure François de 1636.

Note : Les Gardes françaises comptaient théoriquement 30 compagnies de 200 hommes soit 6000 hommes. En 1625 le régiment comptait 30 compagnies de 300 hommes soit 9000 hommes. Scinder le régiment en 18 bataillons donne 333 hommes par bataillon en 1636.

(Illustrations de Gardes françaises par Alexandre de Marbot).



















vendredi 13 novembre 2009

Lützen, 16 novembre 1632 (end of Imperial OoB)















(La mort de Gustave-Adolphe à Lützen de Meulener).

Finally, let see the imperial regiments present at Lützen. The list of imperial or ex-league regiments supposed to have fought the battle, and their position within the order of battle, are equally problematic. Here are 3 versions : that of Gualdo followed by the interpretations of Guthrie (who also based on the Swedish Intelligencer, the Sveriges Krig and the 1632 Krieglisten) and Brzezinski (who did not specify his source, out of the Sveriges Krig, but seems to use the same). I don't own any of these 3 accounts and lists.

Pour finir, voyons les régiments impériaux présents à Lützen. Puis il sera temps de passer à autre chose !
La liste des régiments impériaux (ou ex-ligue) présents à Lützen et leur répartition au sein de l’ordre de bataille sont tout aussi problèmatiques. En voilà trois versions : celle de Gualdo, suivie des interprétations de Guthrie (qui s’est aussi inspiré du Swedish Intelligencer , du Sveriges Krig et de la Krieglisten de 1632) et Brzezinski (qui ne précise pas ses sources en dehors du Sveriges Krig mais qui sont à priori les mêmes). Je ne possède pour ma part aucune de ces sources.

Aile gauche 28 escadrons de croates et 3 escadrons de cuirassiers de Cronenberg, Goetz (Gotz), Deffurt, Tersica (Trçka) et Bredau.
Guthrie énumère les régiments Gotz, Piccolomini, Trçka (Tersica), Holk et Hagen (Arquebusiers) en plus des croates.
Alors que Brzezinski liste les régiments Gotz, Piccolomini (arquebusiers), Leutersheim (arquebusiers), Lohe et Loyers (arquebusiers).

1ère ligne : 25 compagnies d’infanterie des régiments Bertaut-Walstein, Chiesa, Colloredo et duc Savelli. Droite : un gros bataillon de 16 compagnies des nouvelles levées de Dohna, Montecucculi et Tersica (Trçka).
2e ligne : 32 compagnies d’infanterie partagées en deux bataillons des régiments de Galas, Grana, Holck (?), Gueis ou Geysa, Prainer (Breuner) et d’autres.
3e ligne : un gros bataillon de 22 compagnies d’infanterie des régiments de Maximilien Walstein neveu du général, Contrès, Fugger et Lauenbourg.
Plus loin, Gualdo dit que les régiments Fugger, Grana, Prainer (Breuner) et Holck, Galas à leur tête, se battent avec acharnement contre les troupes du duc de Saxe-Weimar. Grana et Breuner seraient donc à droite de la seconde ligne et Fugger à droite de la 3e ligne.
Guthrie liste les régiments d’infanterie Trçka (Tresica), Kehraus (ex-Chiesa), Comargo, Grana et Waldstein en 1ère ligne et Alt-Saxon (Saxe-Lauenbourg) et Colloredo en 2nd ligne puis Mansfeld, Baden, Jung-Breuner et Alt-Breuner en 3ème ligne.
Alors que Brzezinski liste les régiments regroupés en bataillons, Comargo, GFZM Breuner, Grana & Breuner, Colloredo & Chiesa, Waldstein & Alt-Saxen (Saxe-Lauenbourg) en 1ère ligne et Breda, Jung-Breuner en 2nd ligne.

Aile droite : 24 escadrons de cuirassiers Piccolomini, Gonzague, Strozzi, Coronino plus pelotons de mousquetaires. Plus deux gros escadrons de cavalerie Colloredo, Reichemberg, Sparr, Schaumbourg et Officutz au-dessus des moulins, 15 escadrons de croates et de dragons de Forgatz et 30 escadrons de cuirassiers conduits par les colonels Maracini et Haraucour, flanqués de 10 escadrons de croates et de hongrois.









jeudi 12 novembre 2009

Lützen, 16 novembre 1632 (Imperial OoB)
















(The battle of Lützen, according to Peter Snayers.)

I will deal today (in french again) with the second difficulty provide by the battle : the formations adopted by the Imperial Infantry. In conclusion, the old Tercios was no long in use, unlike what several engravings tries to show. But there were at least 7 imperial battalia, 4 fighting Gustave-Adolphe and 3 in front of Bernard of Saxe-Weimar. They were, at the beginning of the battle, in 2 lines (5 in the first and 2 in the second, according to Heinrich Holk) but were soon engage in a single line.

La deuxième difficulté pour comprendre la bataille de Lützen vient de la formation adoptée par l'infanterie Impériale.
Les "reporters" du Theatrum Europaeum ont reproduit sur leur gravure 5 grands Tercios : 1 en première ligne, 2 en seconde ligne plus un 3èeme sur la droite derrière les moulins et un 5eme en 3e ligne. On retrouve cette même disposition dans la gravure (datant de 1633) de Friedrich van Hulsen dans Inventarium Sueciae qui est à priori antérieure à celle du Theatrum Europaeum (cf. Brzezinski).
Par contre, les représentations contenues dans le Swedish Intelligencer anglais (1633) ou derrière le portrait de Gustave Adolphe par Giovanni Paolo Bianchi (cf. encore une fois Brzezinski) présentent des bataillons carrés mais plus petits, et non pas en forme de Tercios.
Enfin, la version de Pieter Snayers, plus tardive (peinte une dizaine d'année après) présente les bataillons formés en losange mais pas en Tercios (voir reproductions ci-dessus et ci-dessous).

Heureusement, nous avons une source qui contredit ces formations, qui auraient alors dû réunir plusieurs régiments, ce qui n'était pas l'usage.
Tout d'abord la relation Heinrich Holk, que je ne possède pas mais qui est rapportée par Brzezinski : "5000 hommes de pied en cinq brigades ; le milieu en deux brigades de 1000 et six compagnies de chevaux mixées deux à deux ; et enfin se tenaient cinq compagnies commandées de 500 hommes de pied, et deux escadrons de 12 compagnies de chevaux." Cette relation indique clairement 7 bataillons de 1000 hommes et 5 compagnies de mousquetaires commandées qui faisaient à priori 100 hommes chacune (ou 500 chacune ?).
Incidemment, la relation de Gualdo conforte ce point de vue puisqu'il s'écarte ensuite de cette description de gros bataillons réunissant plusieurs régiments : ainsi, sur l'aile gauche impériale, "L’affaire devint bientôt générale. L’infanterie suédoise était déjà au bord du fossé. Le roi ordonna aux régiments des gardes de le franchir, et se mit en devoir de les soutenir avec quatre escadrons de l’aile droite. Les bataillons suédois s’ouvrirent aussitôt pour donner passage au feu des pièces chargées à cartouche qu’ils avaient avec eux, et suivent le coup pour s’élancer à l’autre bord. Mais Walstein leur avait opposé quatre bataillons soutenus de cavalerie que toute l’impétuosité suédoise ne put ébranler." Alors que sur l'aile droite, du côté des moulins, face à Bernard de Saxe-Weimar : "Tandis qu’on se battait avec cette fureur du côté du roi, le combat s’était engagé à l’aile gauche ou commandait de duc Bernard de Weimar. Les régiments de Loewenstein, Steinbach et Brandstein étaient aux mains avec ceux de Fugger, Holck, Grana et Prainer (Breuner), Galas à leur tête. On s’y battait avec le même acharnement qu’à l’aile droite." Le point de vue de Gualdo est inversé en terme d'aile - il se positionne côté suédois, mais on se retrouve là avec 4 bataillons à l'aile gauche et 3 l'aile droite (le 4e, Holk étant plus probablement un régiment de Cuirassier, d'après le traducteur de Gualdo mais aussi Guthrie et Brzezinski). Bref on retrouve ici les 7 bataillons des deux premières lignes au lieu des 4-5 grosses formations évoquées par les gravures et reprises par Gualdo, qui tente désespérément de faire coincider toutes ses sources !
D'autres auteurs contemporains aux évènements confirment ce point de vue, telle que la version du comte de Kevenhuller, évoquant au moins 3 bataillons sur l'aile gauche : "L’infanterie suédoise fondit tout d’un coup sur les mousquetaires, qui étaient dans les fossés du grand chemin, et les chasse de leur poste, prit sept pièces de canon plantés près des fossés, et les fit jouer avec tant de vivacité sur l’infanterie impériale, que la première, la seconde et la troisième brigade en furent ébranlées, et commençaient à lâcher pied, lorsque le duc de Friedland arriva, les rétablit, et les ramena au combat avec tant de succès, que les Suédois plièrent à leur tour, furent poussés jusqu’au delà des fossés, et sept canons furent pris." Ou encore la version du Soldat Suédois / Mercure françois qui évoque pour sa part 3 régiments impériaux sur l'aile droite : "Le duc (Bernard) ayant ce poste, et étant maître de la campagne entre deux et trois heures, crût qu’il ne restait qu’un poste à forcer vers un moulin à vent gardé par trois régiments impériaux, et se mit en devoir de l’enfoncer, découplant cependant divers escadrons à la queue des fuyards."

En conclusion, même si il est difficile de déterminer le nombre exact de bataillons d'infanterie impériaux à Lützen, il apparait que la ligne impériale soutint le combat avec principalement 7 bataillons et non pas 5 gros Tercios qui, si ils étaient disposés en 2 lignes au début de la bataille, combattirent rapidement sur une ligne : 4 à gauche face à Gustave Adolphe et 3 à droite face à Bernard de Saxe-Weimar.